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OBSERVATION II

Due à notre camarade Delarche, interne à l'hôpital de Dijon, service du docteur Petitjean.

Calcul des votes biliaires. —— Migration dans l'intestin. — Perjoralion de l’anse sigmoïde. — Périlonite. — Mort.

M L.…, 60 ans, ménagère.

Rien à signaler comme antécédents héréditaires ni personnels.

Cette malade entre à hôpital au commencement d'oclobre 1910, se plaignant de violentes crises douloureuses abdominales s'accompagnant de vomissements. Pas de fièvre.

Le ventre est partout douloureux, surtout à droite, On pense à une cohique hépatique ou à une colique néphrétique. Mais, ce diagnostic est bientôt rejeté en raison de l’absence de température et du défaut de localisation de la douleur, soit au niveau de la vésicule, soit au niveau du rein ou de l’uretère. La palpation révèle bientôt, au bout de quelques jours une contracture de défense des muscles de la paroi abdominale au niveau de la fosse iliaque gauche. Les douleurs sont devenues encore plus vives, et des vomissements bilieux apparaissent fréquemment. On avait donné à cette malade des pilules avec 6 centigrammes d'extrait thébaïque et 4 d'extrait de beiladone par vingt-quatre heures. Les douleurs avaient été un peu amendées les premiers jours, mais cetle médica-

lion devient insuffisante, C’est alors qu'on lui fit des injec-

lions sous-culanées de 2? cenligrammes de Pantopon, 3 par vingt-quatre heures. Les douleurs furent entièrement calmées de celle façon, et les vomissements disparurent. Mais bientôt, celle médicalion symplomatique [ut supprimée en raison de l'apparition de la fièvre qui apparaît. On fait passer la malade en chirurgie.

La palpation de la région iliaque gauche est très douloureuse : la température s'élève rapidement. En raison de Finlensité et de la brusquerie de ces symptômes, on pense à un kyste de l'ovaire avant subi une torsion de son pédicule.

La malade présentait un vagin cloisonné lransversalement, ce qui rendait le toucher vaginal très difficile.

Le toucher rectal semblait révéler, en arrière de l'utérus, une masse assez haut située, mais peu nettement perçue.

Pas de troubles intestinaux.

La malade continue à souffrir beaucoup, à vomir, et à faire des poussées de lempéralure élevée.

On lui fait à deux reprises dans la journée 1 centigramme de chlorhydrate de morphine. L'état nauséeux et les vomissements sont plutôt accentués. Céphalalgie. Douleurs peu amendées. Agilation excessive.

Le lendemain, un nouveau toucher vaginal semble révéler dans le pelit bassin, à gauche, une masse développée aux dépens de l'ovaire où de l'intestin. Callection purulente ? Néoplasme infecté ? On penche plutôt pour cette dernière hypo- Ihèse en raison de l’état général et de l'âge de la malade. On décide une intervention chirurgicale pour le lendemain, mius l'élal S'agerave rapidement pendant la nuit, et la malade meurt le malin.

On trouve, à l'aulopsie, un fover de péritonite localisée au peut bassin, autour de LS iliaque. Parois de cette portion de l'intestin épaissies, ulcérées, et communiquant avec des clapiers purulents aux parois épaisses et lardacées. Au milieu de ce loyer, un gros calcul de 10 grammes, ressemblant à un escargot de mer, présentant des aspérilés paraissant dues à des pertes de substance, Dans la partie sus-Jacente du gros

inteshn, la muqueuse est ulcérée en maints endroits, Jusqu'au niveau de l'angle du côlon ascendant : cæcum et côlon ascendant intacts, un peu congestionnés.

Du côté des voies biliaires, et du duodénum, où note la dispariion de la vésicule, remplacée par un foyer de péritonite adhésive faisant communiquer le duodénum avec les voies biläires. Ces adhérences paraissent anciennes, le processus péritonitique éteint ; le reste du duodénum est congestionné el friable, et 1l y existe peut-être une perforation, On n’a pas retrouvé d'une façon absolument certaine le passage entre l'intestin grèle et le gros intestin, mais comme l'intestin grêle et le côlon ascendants sont sains, il est probable qu'une communication pathologique à existé entre le duodénum et le colon.

Les accidents observés pendant le séjour à l'hôpital étaient dus à Ja migration d'un calcul des voies biliaires le long du oros inteslin, et à l'arrêt de ce calcul au niveau de l’anse sigmoïde, où 1l s'est constitué un lover de péritonite, localisé d'abord et perforé secondairement. Dans tous les cas, 11 y a à noter l’action sédative du Pantopon sur les douleurs et les vomissements, alors que la morphine augmentait ces derniers

el produisait en plus une vive agitation.

OBsERVATION TITI (Due à l'obligeance de M. le docteur Boichut, de Chailley (Yonne), Coliques ulérines.

Me O..., 44 ans, ménagère.

Aueun renseignement sur ses antécédents héréditaires. Elle est atteinte de métrite hémorragique avec utérus gros el

sclérosé.

et

Le 25 septembre, la malade est prise d'une hémorragie ulérine abondante qui nécessite un lamponnement vaginal el une piqûre d'adrénaline.

QE ; ] Se n ta N arrôtéa Le 26, l'hémorragie est à peu près complètement arrêtée,

Dans la nuit du 26 au 27, vers 2 heures du matin, je suis-rappelé auprès de celle femme qui souffrait de coliques très forles dans le bas-ventre.

Je Lui fais alors à la cuisse une injection sous-culanée de chlorhydrate de morphine, à la dose de 1 centigramme. Les douleurs ont Fair de diminuer, et Je pars. Deux heures après, je suis rappelé de nouveau d'urgence auprès de celte malade. Elle à bien été soulagée de ses coliques, mais elle a eu des nausées violentes et des vomissements très pémbles, et à chaque effort, des pertes se reproduisent, si bien que là malade tombe dans une syncope dont son entourage la lire au moyen d'éther et de frictions.

Dans les intervalles de ses vomissements, elle a des rêves, des cauchemars, d’où elle sort très effrayée et qui se terminent par des évanouissements. Je suis témoin d'un de ces accès à mon arrivée à son chevet.

« Le médecin la empoisonnée », disent les personnes de son entourage, el, pour ma part, J'attribue ces accidents inquiétants à une véritable intoxication par Ja morphine.

Je m'empresse de Tui faire une piqûre d’éther et une de caléine.

Enfin, les vomissements deviennent moins fréquents et fimssent pas ne plus se reproduire ; quant à ses rêves, ils s’espacent peu à peu, et ne disparaissent guère entièrement que douze heure après la piqûre.

Le 28 septembre, au soir, de nouveau la malade se remet à souffrir de coliques violentes dans le bas-ventre et me fait rappeler. Je Jui administre alors, non sans appréhension d'ailleurs, une piqûre de 2 centigrammes de Pantopon.

Une demi-heure après environ, cessation complète des douleurs, La malade ne se plaint de rien, et elle s'endort bien- LU d'un sommeil calme et parfait, sans nausées ni vomissements, el sans céphalalgie ; pas d’excitalion ni de stupeur,

pas de courbalure ou de fatigue au réveil.

OBsERvATIONX IV

(Due à notre ami M. Carlot, interne à l'hôpital de Dijon.) Brûlure étendue. —— Greffe italienne. = Douleurs rives.

MR S0 Ans:

Rien à signaler comme antécédents héréditaires.

Comme antécédents personnels, la malade accuse une rouacole à 3 ans. Scarlatine, Rhumalismes articulaires. Typhoiïde. Le 29 avril 1909, cette malade fut victime d’un grave accident : par suile du renversement d'une lampe à essence, elle fut grièvement brûlée sur le côté gauche du corps, et sur lout le bras gauche. Ces brûlures, très douloureuses, étaient du deuxième degré pour la plupart, et du troisième dans cerlains points, surtout au bras. Suppuration prolongée ; pansements multiples.

En novembre, lé DT... lui fit sur le bras des greffes qui réussirent parfaitement. Elle sort de Fhôpital en mars 1910, avec une cicatrisation presque complète, sauf sur une largeur de deux doigts environ, à Ja face antérieure du bras, les greffes de cette région n'ayant pas pris el ayant suppuré.

Elle rentre une deuxième fois en août 1910, à cause de celle non-cicatrisation de son bras et d’une impotence fonctionnelle de ce bras, par suite de la rétraction cicatricielle des muscles extenseurs et de la peau dans Ja région du coude.

Le D' T... lui fit, le G août, une première opération, et lui fit une greffe italienne, en prenant sur les côtés un Tambeau de peau retenu par un pédicule.

Douze jours après, section du pédicule. La greffe a bien repris. À la fin de septembre, nouvelle opération : greffe italienne sur Je poignet.

La position faligante dans laquelle se trouve la malade Ta fait beaucoup souffrir. Elle ne veut pas de morphine, car les piqûres qu'on Jui avait déjà faites lors de sa brûlure et après

ses diverses opérations, la faliguaient beaucoup, et lui pro-

duisaient des vomissements pénibles, un état nauséeux assez long, des maux de tête, une grande soil, ce qui coïncidait avec un élat de torpeur et d'abattement très prononcé.

On lui fit alors, le jeudi 6 octobre, une première piqûre de > centigrammes de Pantopon. Dix minules après, soulagement très net. La malade ne souffre plus, et peut s'endormir. Sommeil calme, Pas de céphalée. Bouche un peu sèche au réveil.

Le lendemain soir, on Jui fil une nouvelle piqûre, qui lui produit fe même effet. On lui avait donné deux comprimés de { centigramme dans la Journée, ce qui ne lui avait procuré qu'un soulagement à peine appréciable.

Pas de constipation.

La malade demande de temps à autre une nouvelle piqûre quand elle souffre. Toujours mêmes effets sans accidents secondaires.

Elle remarque cependant, ditelle, que ses veux lui paraissent plus brillants après sa piqüre qu'en temps ordinaire,

phénomène qui disparait très rapidement.

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