‹ La Médication Opiacée RationnelleChapitre 22 sur 35 · L.., garcon de café, 39 ans · texte numérisé non relu

L.., garcon de café, 39 ans

Antécédents hérédilaires. — Son père est mort accidentellement. Sa mère est morte de tuberculose pulmonaire. I a trois frères ou sœurs, tous trois bien portants.

Antécédents personnels. — Il a eu la diphtérie, étant tout enfant. À 21 ans, pendant son service militaire, il eut une

fièvre iyphoïde. I} a, plus lard, été atteint à deux reprises, à trois ans d'intervalle, de rhumatismes articulaires aigus.

IL a beaucoup voyagé : il a été garçon de restaurant à bord d'un transatlantique. Vie très irrégulière. A toujours eu des habitudes d'intempérance (vin, apériifs, liqueurs).

En janvier 1909, le malade est vu pour la première fois. Il fait une poussée de tuberculose aiguë autour d'un vieux lover, Fièvre, expectoralion muco-purulente. Gros frottements piouraux. Il reste trois semaines au lit, et en sort très amaion,

Après sa convalescence, 1} part en Algérie pour exercer sa profession, et en revient très fatigué en février 1910. À ce moment, le malade est très amaigri. Ses signes de tuberculose pulmonaire se sont étendus et accentués. Il présente des signes cavilaires au tiers supérieur de son poumon droit. On entend également, à l’auscultation pulmonaire, quelques craquements dans la partie supérieure de son poumon gauche. L'expectoralion est très abondante et purulente, erachats nummuliures. Malgré cela, le malade n'a pas cessé ses habitudes d'éthylisme, et boit en moyenne trois où quatre htres de vin par jour.

Un mois après, son affection avant fait des progrès très rapides, le malade ne quitte plus la chambre. Sa température oscille entre 37,8 el 38.

L'oppression est pémble, el la toux de plus en plus fréquente et faligante.

On cssaie, pour soulager le malade, divers médicaments, tels que dionine, codéine, morphine, acomt, eau de laurier cerise et bromure de potassium, car il est très agité. On n’ob- Hent ainsi qu'un soulagement relauil et passager.

C'est alors qu'on Je met, en mars 1910, aux comprimés de Pantopon.

On commence par qualre comprimés par Jour. La sédalion de la toux et de la dyspnée n'est guère plus nette qu'avec les inédications précédentes.

En trois jours, on porte cette dose à huit comprimés de Pan-

lopon par vingt-quatre heures. La toux est bien calmée. La dyspnée disparail presque entièrement, et le malade, qui souffrait d'msomnies persistantes, recouvre le sommeil, qui est caline, €t sans seitfations pénibles, Le malade constate, de lui-même, que cette médication ne lui procure aucun des malaises éprouvés lorsqu'il employait les autres médicaments. li, élat nerveux est bien amélioré; pas d'excitations, pas d’insomnies, aucun élal de stupeur dans la journée.

Le malade entretient celte amélioration, loute subjective, pendant environ quatre semaines, par l'usage quotidien du Pantopon à la dose de 8 comprimés de 1 centigramme de Pantopon, bien que les progrès de la maladie soient rapides, el qu'une énorme caverne occupe lout le Uers moyen du poumon droit.

Une quinzaine de jours environ avant sa mort, le malade, très cachectique, souffrant beaucoup de la toux et d’une dyspnée très violente, absorbe, en une journée, tout un flacon de comprimés, soit 20 de 1 centigramme de Pantopon. Il obtient ainsi un calme parfait de la toux et de la dyspnée, sans aucun cilet secondaire désagréable, n1 nausées, m4 vomissements, ni élat de stupeur ou de somnolence, ni troubles intellectuels. Il se déclarait prêt à recommencer chaque jour cette médicaon.

C'est alors que les comprunés furent remplacés par les in- Jechons sous-culanées. Matin et soir, on Jui fit une piqûre de ? cenügrammes de Pantopon, dont il reüra un effet calmant irès appréciable, et qui lamena à sa fin dans les conditions les plus favorables.

Ogservarion XIV

(Due à notre camarade Mareschal, interne à l'asile des

Chartreux, Dijon.) Diarrhée des lubereuleux.

MPa "H20Earrs

Soigné à l'asile d'aliénés de Dijon depuis plusieurs années,

conne dément précoce hébéphrénique.

Symptômes de tuberculose pulmonaire depuis deux ans. Pendant l'hiver 1909-1910, les signes physiques des sommets s'accentuent, en même temps que l'état général devient de plus en plus mauvais.

La diarrhée fait son apparition à plusieurs reprises. La première fois, on fait cesser tous les médicaments, et le régime est rigoureusement surveillé.

La diarrhée continuant, le malade prend, pendant quelques jours, des cachets d'Ewald (salicylate de bismuth, benzonaphtol, résorcine), qui n’ont aucune action nette.

On donne alors chaque jour, d'abord 3, puis 5 comprimés de 1 centigramme de Pantopon, en interrompaut tous les cmq jours pour favoriser, par deux verres d’eau purgative, l’évaeuation des matières en fermentation. Au bout d’une douzaine de jours, la diarrhée cesse et les selles deviennent quolHidiennes et moulées.

Le Pantopon n'a jamais provoqué de vomissements et n'a pas paru agir sur l’état de subagitation que présentait périodiquement le malade.

Deux fois, dans la suite, le Pantopon, employé dès l'appariuon de la diarrhée, eut sur celle-ci une action curative ma feste, la première lois en moins d’une semaine, la deuxième fois en dix Jours.

Une dernière débacle intestinale coïncida avec l’aggravation des autres symptômes de tuberculose, et le malade mourut au bout de peu de Jours.

OgsErvarIoN XV Due à l'obligeance de notre vieil ami le docteur Sancey, de Lyon.) Tuberculose pulmonaire. — IHémoptysies.

Ne D... 25 ans, dévideuse.

Anlécédents héréditaires. — Son père est mort alcoolique

ct tuberculeux. Sa mère est'bien portante. Elle a eu un

re

Irère mort cn bas âge, de tuberculose pulmonwre. Elle a une sœur atteinte de mal de Pott.

Antécédents personnels. — Tousse depuis quelque temps. De plus, amaigrissement prononcé.

La malade est vue pour la première fois en octobre 1909, pour une hémoptysie. Cette hémorragie est traitée par la morphine et des pilules de chlorhydrate d'hydrastinine.

Les signes stéthoscopiaues sont des craquements au sommet gauche.

Deuxième hémoptysie en février 1910, On Jui fait trois injections de 2 centigrammes de Pantopon dans les vingl-quatre heures, Sédation de la toux, et cessation rapide de Fhéimorragic, sans aucun phénomène d'intolérance.

À l’auscultation, on constate que linfiltration tuberculeuse a fait des progrès rapides. Les deux poumons sont atteints, le sommet gauche et le tiers moyen du poumon droit.

Troisième hémoptysie en avril 1910. Se prolonge pendant Lrois jours, où elle a eu des crachats sanglants. Le Pantopon, qu'on lui fit prendre sous forme de comprimés et en imjecions sous-cutanées Calma très bien sa touxTet sa dyspnée, et arrêta l'hémorragie qui était très abondante au début.

La malade ne se relève pas de son Hit. La fièvre s'allume. Les crachats deviennent plus abondants ct purulents, et elle meurt quelques semaines après, avec des signes de tuberculose suraiguë, |

On n'a jamais noté aucun signe d'intolérance provoqué par le Pantopon.

OBservarioN XVI

(Due à notre camarade Mareschal, interne à l'asile des Chartreux, médecin auxiliaire, manœuvres 1910.)

Diarrhées estivales.

Le « Pantopon » fut administré à la dose de 4 et G com-

primés par vingt-quatre heures, à deux soldats atteints, pen-

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