JAI
Chaque mois, elle a des accès migraineux qui durent quaante-huit heures, el que son tempérament névropathique rend bien plus douloureux.
Elle a de la morphine entre les mains, et, depuis deux ans, se pique pour calmer ses douleurs.
Ayant eu l’occasion de voir cette malade, je substitue le Pantopon à la morphine.
Elle le trouve moins agréable et moins actif, mais se décide à le garder parce qu'il ne lui donne pas de nausées après la piqûre.
Elle s'en sert depuis dix mois, en employant toujours la même dose de 0 gr. 02, et en relirant loujours le même elfe.
Elle n’a jamais éprouvé le désir de se faire, comme avec la morphine, des injections de Pantopon dans l'intervalle des crises, Jamais aucun symptôme d’intolérance. Pas d’accoutumance.
OBsEervaTION XXXV
(Due à l'obligeance de M. le docteur Chapon, de Rouen.) Coliques hépatiques. :
MAT 56 %anS ,
Rien à signaler comme antécédents héréditaires.
Quant aux antécédents personnels, c'est un malade qui, depuis quinze ans, est sujet à des coliques hépatiques reve- Bant à intervalles plus où moins rapprochés.
Ce malade à été pris, il y a quelque temps, une heure en- \iron après avoir déjeuné, d'une douleur brusque dans le flanc gauche, douleur augmentant peu à peu d'intensité, et s'exacerbant par intermittences.
Le maximum du point douloureux se trouve dans la région sous-hépatique, à un où deux centimètres au-dessous du rebord des fausses côtes droites, avec irradiations au creux épigaslrique, à l'épaule et à l'extrémité inférieure de l’omoplate droite,
Pat
La région hépatique est très douloureuse à Ja pression. Le foie est gros et très sensible, Les selles sont décolorées : les urines en quantité normale el foncées : quelques vomissements, d'abord alimentaires, puis bilieux, se produisent,
En présence de ces symptômes et des antécédents du malade, on porte le diagnostic de colique hépatique. Le malade, sujet à des crises semblables, avait déjà subi de nombreuses piqûres de chlorhydrate de morphine, qui lui calmaient assez rapidement ses douleurs.
On lui fit cette fois-ci une piqüre de 1 centigramme de Pantopon. L'action calmante, d’après le malade, se fit sentir plus rapidement qu'avec la morphine, huit à dix minutes environ après l'injection. La crise fut sensiblement diminuée de durée, et le malade fit en outre remarquer que sa piqûre ne l'avait pas mis dans l’état de somnolence que lui amenait la morphine.
À deux reprises depuis survinrent de nouvelles crises semblables, crises calmées très rapidement par le Pantopon, sans que le malade présentât aucun symptôme d'intolérance ou d'intoxication.
Ogservarion XXXVI
(Due à l'obligeance de notre vieil ami le docteur Laroche, de Château-Landon.)
Névralgie faciale.
G..., 58 ans, directeur d'asile.
Ancien colonial. À eu la dysenterie et a été atteint de paludisme, Blennorrhagie et cystite. Probablement syphilis.
Occupe en ce moment la fonction de directeur d'asile, ce qui lui donne beaucoup de tracas. Avec cela, névropathe à l'excès.
[ fait tous les quinze jours une poussée de congestion du côlé du foie, avec embarras gastro-intestinal el vomissements bilieux abondants.
Soulfre de névralgies depuis vingt-cinq ans.
ll se drogue beaucoup, court lous les cabinets médicaux de la région, el croil aux annonces des panacées de la qualrième page des Journaux.
Il a usé pendant Jonglemps de morphine contre ses accès névralgiques. Ce médicament le calme bien, mais lui amène, après, des vomissements tellement abondants et pénibles, que le malade hésite loujours à v recourir.
Appelé la nuit auprès de ce malade qui souffrait d’une névralgie faciale atroce, je lui fais une injeclion sous-cutanée de 2? centigrammes de Pantopon. Pas de vomissements,
et sédalion complète de la douleur au bout d’une heure.
OBsERvATION XXX VIT
(Due à l'obligeance de notre vieil ami le docteur Sancev, de Lyon.)
Fibrome opéré. — Collection suppurée enkyslée intrapéritonéale.
Me B.:, 39 ans, modiste.
On n'a aucun renseignement sur ses antécédents hérédilaires ni personnels.
Celle malade fut opérée d’un fibrome volumineux (6 livres) à la fin de l'année 1909. Quelque temps après cette opéra- Uon, la malade reprend de la fièvre et se met à souffrir du ventre. On sent une tumeur rénittente bombant dans le culde-sac de Douglas. On lui fait une colpotomie, suivie d'un drainage pendant lois semaines. Au bout de ce temps, on lui enlève son drain, La malade est bien pendant huit jours, buis se remet à souffrir et à faire de nouveau de la fièvre. On sent une nouvelle tumeur qu'on ouvre par le vagin, et on draine. La malade sort de la clinique en bonne santé apparente. \u bout de quinze Jours, elle se plaint de nouveau du ventre : quelques frissons quotidiens apparaissent, ainsi que la fièvre ; les douleurs augmentent progressivement. L'examen permet de constater un empâtement dans la fosse ihaque gauche, Les douleurs deviennent intolérables et quelques vomis-
tra
sements se produisent. On conseille à li malade une nouvelle intervention chirurgicale, et, pendant Ies jours qui précédèrent son admission à la clinique, on lui fit chaque jour, ma- Un el soir, une injection sous-culanée de 2 centigrammes de Pantopon. Calme parfait. Sommeil tranquille. Pas d'intolérance ni de stupeur.
La malade entre alors à la clinique, et n'a pas été revue depuis ce moment.
OpsErvariox XXXVIIT Personnelle, — Prise dans le service de M. le docteur Lyonnet, médecin de l'Hôtel-Dieu, de Lyon).
Tuberculose pulmonaire.
Me V..., 37 ans, tisseuse en soieries.
Entre à l'hôpital, se plaignant d'amaigrissement depuis quelques mois, et d'une toux pémble qui lerupéche de dormir. Pas d'appétit. À signaler dans ses antécédents une pleurésie droite à l'age de IS ans el pour laquelle on lui fit trois ponclions ayant donné issue à du liquide clair.
A l'examen de cette malade, on noté de la matité en arrière au sommet gauche, et un peu de submatité légère sur toute l'étendue de son poumon droit. À lauscultation, craquements disséminés dans tout le Uers supérieur du poumon gauche, avec gros souffle sur une étendue d'une pièce de 5 francs dans sa fosse sous-épineuse du même côté. À droite, frottements pleuraux, et quelques craquements dans Ja fosse sus-claviculaire.
On lui prescrit trois comprimés de Pantopon de 1 centieramime par vingt-quatre heures, un le matin, un dans la journée el un le soir. Dès le premier Jour, la malade se trouva bien de cette médication, qui fui calma très bien sa toux el Jui permit de dormir la nuit. De même les jours suivants, où on continua le mème traitement pendant quinze Jours, pendant lesquels on obtint, avec la même dose, le même effet calmant de Ja toux.
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Jamais aucun symptôme d'intolérance, ni céphalées, li sécheresse de la bouche, ni nausées où vomissements, n1 exCitaon, a état d'abattement. Le sommeil fut toujours calme et sans cauchemars : la malade se plaignit seulement d’un peu
de constipation.
Orservarion XXXIX
(Due à l'obliseance de notre vieil ami Île docteur E. Gasser de Santenay-lès-Bains (Côte-d'Or).
Pleurodynte.
M®e 11..., 50 ans, dame de compagnie.
Je fus appelé le 3 août 1910 auprès de M H..., dame de compagnie, qui souffrait depuis quelques jours d'une douleur dans la région gauche de la poitrine. Rien à l'inspection, à la pereussion, m1 à l'auscultalion. Je porte le diagnostic de pleurodynie, et, pour calmer les violentes douleurs que ressentait M°° H.., je lui proposai une injection sous-cutanée de chlorhydrate de morphine.
NM fl... me déclara qu'étant sujette à des accès douloureux de ce genre, on lui avait déjà fait, à plusieurs reprises, des piqures de morphine, mais que quoique cette médicaion seule ait Jusqu'ici réussi à lui calmer ses douleurs, elle ne voyait pas sans appréhension la perspective d'une nouvelle injection de morphine, car elle éprouvait à chaque piqûre une excitation nerveuse intense avec nausées el vomissemeonts qui lui duraient plusicurs heures,
Jeus alors recours au € Pantopon », dont Je lui fis une injection sous-cutanée de L ce. (2 centigrammes), injection non douloureuse,
Le soulagement fut pour ainsi dire immédiat, et la malade ne ressentit, par la suite, aucun des troubles que lui causait li morphine, ni aucun autre symptôme d'intoxication ou d’in-
lolérance opiacée.
Ogservarion XL
(Due à notre camarade Hugo, externe à l'hôpital de Dijon.) Rhumalisme chronique.
MEN Jeans.
Cêtle dame souffre depuis plusieurs années de rhumatismes chroniques, dans lesquels le salicvlate de soude reste sans clfet appréciable.
Le 25 août, elle est prise d'une nouvelle poussée aiguë à prédominance dans la hanche gauche, qui est douloureuse, chaude et rouge.
L'examen des différents appareits ne nous donne rien à signaler. Les articulations sont déformées et ont Faspect classique des articulations des rhumatisants chroniques.
La malade se tient debout avec beaucoup de peine, et ne peut se mouvoir qu'avec l’aide de bâtons pour aider sa marche.
Une injechon sous-cutanée de 2 cenligrammes de Pantopon lui est faite pour calmer ses douleurs. Injection non doulou reuse, Une demi-heure après environ, un soulagement considérable, au dire de la malade, s'est produit, sans aucun trouble du côté de l'appareil digestif (ni nausées, ni vomissements). La malade n'accuse pas de sécheresse de la gorge.
Les symptômes douloureux du côté de Farliculalion atteinte ne nécessitèrent pas de nouveau l'emploi de ealmants, et la
poussée aiguë disparut en peu de jours.
OgservarioN XLI
(Due à notre ami M. Cabanne, interne à l'hôpital de Dijon, service du docteur Peltitjean.)
Coliques ulérines.
NUE XX... 19 ans, infirmière,
ïen à signaler comme antécédents héréditaires nt personels. À loujours été réglée Lrès régulièrement.
Le 8 octobre, elle accuse un retard de règles de neuf jours. Depuis une semaine, céphalée accentuée. Depuis quarantehuit heures, coliques violentes dans le bas-ventre, et s'irradiant dans la région lombaire.
On lui ordonne le repos au lit, et deux comprimés de | centigramme de € Pantopon », qu'elle prend à dix minutes d'intervalle.
Au bout d'une demi-heure environ, soulagement très sencible : les douleurs abdominales et lombaires ont cessé d'une facon absolue. Quant à la céphalée, elle n'a pas été sensihlement influencée.
Aucun phénomène d'imtolérance, Pas de consipalion consécutive, Pas de somnolence. Pas de sécheresse de la bouche
un de la gorge.
OgservarioN XLII
(Personnelle.)
Colique hépalique.
D ans, renlière.
ARENA Anlécédents héréditaires. — Rien à signaler.
—Lnécédents personnels. —- Rougeole à 10 ans. Fièvre typhoïde à 25 ans. Depuis Fâge de 30 ans, elle à loujours souffert par intermillences dans la région hépatique. À 32 ans, jaunisse qui lui a duré un mois. Depuis, tous les quinze à Œx-huit mois, cette malade à une crise de colique hépatique qui lui dure en moyenne deux ou trois jours.
En septembre dernier, après un repas de baplème, cette lemme est prise, à 10 heures et demie du soir, d'une nouvelle crise, caractérisée par une douleur vive, allant en augmentant, dans la région du foie. Urines foncées. Les douleurs S'irradient dans lout le côté droit, et dans le bras du
même côté, Appelé d'urgence à 2? heures du matin, je fais à
celle malade une piqüre de 2 centigrammes de Pantopon. Calme complet eu huit minutes. Pas de nausées ni de somno lence. La malade s'endort rapidement, Ea douleur commence à revenir vers ? heures de l'après-midi, Vomissements bilieux. Selles décolorées. Léger ictère des conjonctives. A 4 heures de l'après-midi, la douleur est aussi forte que dans ia nuit précédente : une nouvelle injection de Pantopon là calme en dix minutes. Les vomissements cessent également. Pas de phénomènes d'intolérance.
A 11 heures et demie du soir, Ia malade me fait rappeler d'urgence. Elle souffre de plus eu plus depuis une heure environ, Les vomissements mont pas reparu, Je Tni fais une piqüre de 1 centigramme de chlorhydrate de morphine, n'ayant plus de Pantopon. Période d'excitation violente d'une durée de dix à quinze minutes environ, avec nausées, et sensation de constriclion très pémble au creux épigastrique. La malade se plaint de la tête qui, dit-elle, est très lourde. Enfin, le calme arrive, Les douleurs cessent el Ja malade tombe dans un éiat de somnolence bientôt suivi d'un sommeil lourd, avec respiration bruvante, el accompagné de cauenemars.
Le lendemain, Ia malade se réveille courbaturée avec un violent mal de tête. Le foie est toujours très douloureux à la palpation. Le soir, la malade souffrant toujours de sa résion hépalique, je lui fais une nouvelle piqûre de ? eentigrammes de Pantopon. Même effet bienfaisant que lavant-veille. Sommeil calme. Le lendemain, Ja malade ne souffre plus. Les urines sont redevenues normales et les selles se colorent.
L'accès est passé.
OrservarioN XLII (Due à l'obligeance de notre vieil ami le docteur Laroche, de Château-Landon.) Colique hépatique.
M C.., 52 ans, ménagère, 4 enfants.
Cette femme souffre fréquemment de coliques hépatiques
depuis l'age de 41 ans. Les accès reviennent périodiquement et durent deux ou trois Jours. Ils se rapprochent de plus en plus et ont une durée de plus en plus longue.
Pendant ses crises précédentes, on a toujours eu recours, pour calmer ses douleurs, aux injections sous-cutanées de chlorhydrate de morphine, et aux suppositoires à la belladone.
Le 12 août dernier, nouvelle crise de colique hépatique.
La malade souffre beaucoup et réclame à grands eris ses calmants habituels, morphine ct belladone.
Je lui donne le supposiloire demandé et je substitue à la morphine une seringue d'un centimètre cube de Pantopon (2 centigrammes), à l'insu de la malade.
La sédation de la douleur est Ia même qu'avec la morphine, quoique un peu moins rapide, au dire de la malade. Je renouvelle Femploi du Pantopon le lendemain et le surlendemain, c'est-à-dire pendant toute la durée de la crise. Même elfet calmant, sans phénomènes d'intoxication, ni nausées. La malade se trouve moins abaltue qu'après les aulres crises traitées par la morphine.
OBservarioN XLIV
(Due à l'obligeance de notre vieil ami le docteur Huchon, de Dijon.) Colique hépatique.