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L’INDICATION DE L’EXERCICE EN THERAPEUTIQUE

leurs organes — non pas avec exagération, mais seulement suivant le degré moyen qui est la mesure normale pour les hommes actil's, — on voit survenir chez eux les mille perturbations qui sont le cortège habituel de la fatigue et du surmenage. Le moindre travail supplémentaire demandé au poumon et au cœur va produire des troubles violents de la

respiration et de la circulation sanguine, le moindre effort musculaire va épuiser les centres nerveux, exagérer à l'excès les combustions vitales, et devenir peut-être l'occasion d'un trouble grave de la santé, en créant momentanément dans l’organisme un état de réceptivité pour les maladies.

Tout cela parce que l’insuffisance habituelle du fonctionnement des organes a créé pour eux un état de moindre capacité fonctionnelle et de moindre résistance, un véritable état de « méiopragie ».

L’exercice actif qui conduit à l’entraînement est formellement indiqué pour tous ces « méiopragiques », puisque l’état d’entrainement se caractérise par l’augmentation générale de la capacité fonctionnelle de tous les organes, c’est-à-dire par des conditions physiologiques absolument inverses de la méiopragie.

Chez les débilités par surmenage, et chez tous ceux dont l’état de faiblesse est dû à un épuisement réel de l’énergie nerveuse, il ne faut pas songer à demander un surcroit de dépense de force et souvent on doit interdire tout exercice actif. Mais il reste la ressource de l’exercice passif et du massage dont on peut attendre, dans une certaine mesure, des bénélices analogues à ceux de l’entraînement, sans les payer d’une dépense d’énergie nerveuse à laquelle l’orga- ^ nisme appauvri ne pourrait peut-être i)as subvenir.

Maladies par troubles chimiques.

L indication se pi-ésente très fréquemment dans les mala-

140 LES EFFETS TnÉPw\PEETIQUES DE L’EXERCICE.

dies inlernc.s de demander à l’exercice ses ellcts chimirpæs. -Nous avons appelé ainsi les modilications que laiL subir la conlraclion musculaire à la composition cliimique du sang, des humeurs et, en général, de tout l’ensemble du corps vivant.

Au moment môme où la contraction se produit, il y a élévation de la température, par suite de l’activité plus grande des combustions ou oxydations. Il y a aussi consommation plus grande d’oxygène et, conséquemment, augmentation du stimulus respiratoire pour renouveler la provision d’oxygène du sang. Là est le point de départ des phénomènes chimiques qui font de l’exercice un si puissant modificateur de la nutrition, tonction assimilée, suivant les conceptions de la science moderne, à un grand acte de chimie.

Quand la respiralion est activée, il entre dans l’organisme une quantité d’oxygène supérieure à celle qui vient d’être consommée par le travail; en sorte qu’après avoir été momentanément désoxygéné, le sang se trouve ensuite plus riche en oxygène. Telles sont les deux modifications chimiques successives qu'on observe dans le sang. — Il s’en fait d’autres encore que nous examinerons tout à l’heure. Mais insistons sur ce premier résultat.

Aucune indication peut-être ne se présente plus fréquemment au médecin que de rechercher ce premier résultat de l’exercice, l’oxygénation ou «l’hématose» plus complète du sang. Dans certains cas elle est tellement urgente qu’on cherche à y suppléer en faisant absorber artificiellement de l’oxygène au malade. Mais l’oxygène préparé dans les laboratoires, l’oxygène phanvacentique , ne semble pas avoir donné les résultats qu’on en espérait théori(iuement. Au reste, les travaux de d’Arsonval ont établi que l’oxygène ne [)cut hérnaloser complètement le sang sans le concoui’s d’un autre élément de l’air, l’a/ote. La présence de ce gaz est indispensable pour une phase essentieile de l’hématose,

L'hN'DlCATlON DK L’EXEUCICE EN TFIÉRAPEDTIQUE. U<

celle qui consiste clans l’élimination de l’acide carbonique auquel l’oxygène doit se substituer. D’Arsonval a prouvé que le sang veineux mis en contact avec de l’oxygène ne se débarrasse pas de son acide carbonique, si le milieu ne renferme pas une quantité d’azote égale cà celle de l’air atmosphéricpie. 11 n’est donc d’autre moyen de rendre plus parfait l’acte chimique de l’hématose que de faire arriver en plus grande quantité dans le poumon le mélange en proportions définies d’oxygène et d’azote qui constitue l’air atmosphérique; c’est-à-dire, au total, d’activer la respiration.

11 semble, au premier abord, impossible de songer à faire intervenir l’exercice comme moyen d’introduire plus d’air dans le poumon chez les malades auxquels on donne de l’oxygène « en ballon», parce que ce sont toujours des malades alités, ou des valétudinaires incapables de supporter la dose d’exercice qui est nécessaire pour activer la respiration. Et pourtant la thérapeutique par le mouvement n’est pas désarmée, même en face des cas les plus graves, et trouve un moyen de satisfaire, sans danger, à l’indication d’augmenter 1 hématose; ce moyen, c’est le mouvement respiratoire passif, sur lequel nous reviendrons plus loin avec détails, et qui permet de faire entrer plus d’air dans le poumon sans produire aucune perturbation dans les autres organes.

Des lignes qui précèdent se déduit aisément la première indication des elfets chimiques de l’exercice dans les maladies. Elle peut se formuler ainsi : il est indiqué de recourir à l’exercice pour modifier la composition chimique du sang toutes les fois que ce liquide ne contient pas une quantité suffisante d’oxygène ou, suivant l’expression physiologique, toutes les fois que l’hématose est insuffisante.

L’insuffisance de l’hématose se rencontre dans un grand nombre de maladies. Et d’abord dans celles où la respiration est mécaniquement incomplète, c’est-à-dire où les mou-

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vements respiratoires ne mettent pas en présence dans le poumon une assez grande quantité d’air et une assez grande quantité de sang; — c’est ce qu’on observe dans toutes les conditions qui peuvent, soit entraver la circulation du sang dans les capillaires du poumon, soit mettre obstacle à l’arrivée de l'air dans les vésicules bronchiques, comme les maladies du cœur et du poumon ou les causes diverses de compression des organes circulatoires et respiratoires, telles qu’obstacles de voisinage, épanchements, tumeurs, déformations thoraciques, etc.

Mais les elïets chimiques de l’exercice ne se bornent pas à l’oxygénation du sang.

Il est des cas où le sang, arrivant en quantité normale aux vésicules pulmonaires et y trouvant une quantité normale d’air respiré, n’est plus aussi apte qu’à l’état normal à céder son oxygène aux tissus ; c’est le cas des maladies où les globules sanguins ont perdu une partie de leur aptitude à fixer l’oxygène et à s’en imprégner, comme il arrive toutes les fois que l’hémoglobine a diminué, dans l’anémie, la chlorose, etc. L’exercice augmente l’activité de la réduclion de l’hémoglobine par les tissus vivants, et rend les globules sanguins plus aptes à absorber l’oxygène pour remplacer celui dont il a été dépouillé.

L’oxygène, introduit en plus grande abondance dans Téconomie pendant l’exercice, est utilisé par le travail des muscles pour activer les combustions organiques. L’activité plus grande des combustions qui résulte de l’exercice fait de cet agent thérapeutique le meilleur moyen de traitement des maladies où, suivant Bouchard, les combustions vitales sont « ralenties », aussi bien celles dans lesquelles les combustions sont insuffisantes, comme l’obésité, le diabète, (pie celles où les oxydations sont incomplèics^ comme la goutte, la gravclle, et toutes les manitestations de la diathèse arihriliqiie.

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