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CHAPITRE VI

LA « CURE-DE TERRAINS

Effets d’ « entraînement » de la marche ascensionnelle. — « Dosage » du travail dans le système d’OErtel. — Indications de ce mode d’exercice.

On appelle en Allemagne cure-de-terraim un mode d’application de l’exercice très en faveur de l’autre côté du Rhin, mais auquel les médecins français ont fait, jusqu’à présent, un accueil fort peu sympathique, faute, sans doute, d'avoir bien compris son but et suffisamment étudié son mode d’application.

La « cure-de-terrains » a été imaginée par le professeur (Ærtel, de Munich, et n’est autre chose qu’un mode de réglementation du plus naturel et du plus simple de tous les exercices, la marche. Il faut dire que le mot « cure-deterrains » est assez mal choisi et ne donne guère idée de la méthode thérapeutique qu’il représente. Cette singulière dénomination vient de l’importance donnée à l’emplacement sur lequel se fait l’exercice, importance qui ne dérive pas de la nature môme du « terrain » et de sa composition géologique, comme la traduction en langue française semblerait en éveiller l’idée, mais du degré d’inclinaison du sol.

Le traitement d’CErtel consiste essentiellement à faire marcher chaque jour le malade, pendant un temps strictement déterminé, en augmentant graduellement la durée de la marche cl le degré de pente des routes. On choisit, ])Our l’appliquer, une région accidentée où l’on puisse Iracer des chemins d’inclinaison variable, dont chacun est désigné par un signe convenu, indiquant son degré d’escarpement; le

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malade, suivant les indications et sous le contrôle du médecin, commence son exercice sur des routes tout à lait plates pour arriver progressivement, selon son état et sa maladie, aux sentiers les plus escarpés.

11 est impossible d’imaginer rien de plus simple, en même temps que de plus rationnel. En réglementant la durée de la promenade, la vitesse de l’allure et le choix des chemins, on comprend combien il est facile d’augmenter chaque jour suivant une progression régulière le travail effectué. Et cette augmentation progressive de l’effort est la condition essentielle de l’accoutumance à la fatigue, ou, comme on dit, de \ enlrainement .

La cure-de-terrains, en réalité, n’est pas autre chose qu’un entraînement gradué, tel que le pratiquent en France les hommes chargés de diriger les chevaux de course, et, en Angleterre, les spécialistes qui préparent à des épreuves athlétiques soit des boxeurs, soit des coureurs à pied, soit des rameurs. Le principe est le même : arriver à faire supporter à l’homme un effort graduellement croissant. Seulement dans un cas l’homme est un athlète et dans l’autre un valétudinaire ou un malade; aussi les procédés diffèrent-ils par l’intensité de l’effort demandé.

Si le système d QErtel a été fort mal accueilli en France, c est sans doute à cause de cette similitude qu’on y remarque d’abord avec les procédés de l’entraînement. En effet l’idée d’entraînement, en France, éveille aussitôt l’idée d’athlétisme. Nous sommes habitués à considérer l’entraînement comme un moyen d’acquérir des facultés physiques en quelque sorte surhumaines, je veux dire dépassant la mesure normale, et nous savons qu’on n’arrive à dépasser la limite moyenne de la force musculaire et de la résistance cà la fatigue qu’à l’aide d’exercices extrêmement violents. D’où notre prévention à priori contre un système qui prétend soumettre à l’entraînement des malades dont les organes sont

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incapables d’un fonctionnement même plus modéré que la normale.

Ce qui semble avoir le plus indisposé les médecins français contre le système d’(Ertel, c’est l’application qu’on en fait en Allemagne au traitement de certaines maladies du cœur. On sait que l’entraînement a eu quelquefois pour résultat de développer des affections graves du cœur chez les coureurs et rameurs qui avaient poussé trop loin l’effort. Les médecins anglais ont décrit, sous le nom de « cœur forcé », ces dilatations aiguës du cœur observées chez les étudiants d’Oxford et de Cambridge qui s’étaient soumis à un entraînement excessif, en vue des célèbres régates annuelles où ces deux Universités se disputent le prix de l’aviron. Mais ces accidents ne sauraient fournir des arguments valables contre le système d’OErtel. Nous verrons au chapitre du traitement des maladies du cœur par l’exercice les services très réels que peut rendre à certains « cardiaques » la curede-terrains. Il nous suffira de dire ici que l’entraînement tel que le pratique QErtel n’est pas une pratique de sport, et ne comprend que des exercices extrêmement modérés, dirigés avec la plus grande prudence.

La cure-de- terrains est basée sur ce principe fondamental, que le fonctionnement régulier et progressif d’un organe quel qu’il soit fortifie cet organe, à la condition expresse de ne pas dépasser les limites de sa résistance et de ne pas allei jusqu’au surmenage. El tout est si bien réglé dans cette méthode que le surmenage ne peut pas se produire : il suffit pour l’éviter que le médecin soit attentif, elle malade docile.

Effets de la « cure-de-terrains ».

La marche pratiquée chaque jour pendant un temps do plus en plus long sur un terrain de plus en plus montueux, augmente progressivement l’activité de la circulation du

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sang et de la respiration. Cette suractivité du cœur et du poumon constitue dans les premiers jours une fatigue qui, peu à peu, cesse de se faire sentir par l’accommodation progressive des organes au travail. Peu à peu s’établit V accoutumance^ c’est-à-dire l’adaptation des organes au fonctionnement plus intense qu’on leur demande. Tout le succès de la méthode tient au soin avec lequel on proportionne l’augmentation journalière de l’exercice à l’accroissement progressif de la résistance du sujet.

Nous avons dit, au chapitre de X Entrainement^ comment l’accoutumance progressive à l’exercice peut augmenter graduellement la capacité fonctionnelle de tous les appareils organiques. C’est en vertu de ce principe qu’on applique à des malades dont la capacité respiratoire est diminuée par diverses afiéctions du cœur ou du poumon, l’exercice qui sollicite au plus haut degré le fonctionnement énergique de ces deux organes, la marche en montant. C’est à ces sujets si disposés à l’essoufflement qu’on conseille un exercice qui essouffle. Les adversaires de ce système oublient qu’il y a deux procédés pour mettre les malades à l’abri des dangers de l’essoufflement. Le premier, celui qu’ils préconisent, consiste à éviter au sujet toutes les occasions d’activer le fonctionnement du poumon et du cœur; mais ce procédé conduit à diminuer de plus en plus l’aptitude respiratoire. L’autre, qu’ils redoutent, consiste à augmenter la résistance du malade en l’accoutumant peu à peu aux exercices qui essoufflent. Par ce procédé on obtient l’augmentation progressive de la capacité fonctionnelle du cœur et du poumon, et une immunité relative contre l’essouflement.

Toute la raison d’être de la cure d’entraînement, dont le système d'CErtel n’est qu’une forme particulière, peut se résumer ainsi : au lieu de se résigner à ne faire aucun exercice par crainte des dangers de la fatigue, lutter au contraire contre la fatigue, mais lutter suivant une méthode

Lagrange. — Méd. par l’exurc.

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rationnelle qui en fait disparaître les dangers. — C’est la formule de tous les systèmes hygiéniques malheureusement trop peu en honneur dans notre pays, et qui deviennent de plus en plus populaires en Allemagne sous le nom de cures à' endurcissement et qui ont pour hase l’accoutumance progressive à la fatigue, au grand air, au froid, etc.

On emploie la cure-de-terrains dans tous les cas où il est utile d’obtenir les effets généraux de l’exercice. Nous savons que ces effets consistent essentiellement dans une impulsion plus active donnée à toutes les fonctions organiques, à la respiration, à la circulation, à la calorification et aux sécrétions. La cure-de-terrains peut être utilisée dans bien des cas. Nous avons dit un mot de son utilité dans les affections du cœur et du poumon, mais c’est surtout dans l’obésité que l’on obtient par la méthode d’CErtel de remarquables résultats. Beaucoup de troubles des fonctions vitales dérivent de l’obésité, soit par la dégénérescence graisseuse qui altère la structure des organes les plus essentiels, soit par l’accumulation dans le voisinage de ces organes de masses graisseuses qui en gênent le fonctionnement. On sait que l’obésité amène souvent des affections graves du cœur, et il n’est guère d’obèse qui ne soit plus ou moins « cardiaque ».

On peut dire que les effets de la cure-de-terrains se font sentir à tous les organes et à toutes les fonctions. Ces ellets n’ont rien de spécial, en ce sens qu'ils sont communs à tous les exercices dans lesquels on recherche plutôt la quantité de travail que la forme du mouvement. Par exemple, l’effet de la cure-de-terrains pourrait être obtenu par l’exercice du rameur et même par celui du scieur de bois, par tous les exercices, en un mot, qui demandent à l’ensemble du corps une forte dose de travail musculaire, sans localiser plus spécialement ce travail dans un groupe

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de muscles très restreint. Toutefois il serait difficile d’imaginer un genre d’exercice qui se prêtât mieux que la marche ep m-ontagne à, un dosage rigoureux, qui fût plus à la portée d,e tous par sa simplicité, et qui s’exécutât dans un milieu hygiénique plus favorable. On sait combien l’air des montagnes e§t plus pur, c’est-à-dire plus exempt d’organismes que l’air des plaines; il est aussi beaucoup plus riche, c’est-à-dire plus oxygéné et renferme une quantité plus grande de cet oxygène condensé qu’on appelle V ozone. Et il est d’autant plus important que l’exercice s’exécute dans un air de qualité sqpérieure, que, par le fait même de l’exercice, la consommation en est considérablement augmentée : on sait qu’il en passe six à sept fois plus par le poumon chez l’homme qui marche en montant que chez celui qui reste immobile.

Les effets de la cure-de-terrains, comme ceux de tous les exercices « généraux » , se traduisent d’abord par un échauflfement du corps proportionné à l’escarpement du terrain sur lequel s’effectue la montée. Cette augmentation de chaleur a pour corollaire la combustion plus active des tissus gras. D’où cette conséquence que la graisse accumulée dans les organes tend à diminuer à mesure que la cure-de-terrain se prolonge. Mais l’exercice en montant a encore pour effet d’augmenter notablement la transpiration cutanée et aussi l’exhalation pulmonaire: ce sont là deux causes de déperdition d’eau pour le corps humain. Ces pertes peuvent être considérables. A la suite d’une journée de trailement les pertes de poids dépassent fréquemment 1 kilog. et vont quelquefois jusqu’à 2 kilog. Il faut dire que ces chiffres sopt considérablement dépassés dans la pratique de l’entraînement proprement dit, quand il est appliqué à des sujets vigoureux dont on veut rapidement augmenter l’aptitude à ^a vitesse en allégeant leur poids. C’est ainsi que les entraîneurs delaTamîse fontperdre à leurs rameurs jusqu’à 6 et 7 kilog. qn une seule journée, par leurs courses dites « de déperdition ».

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Mais la cure-de-terrains s’appliquant à des malades se garde naturellement de tels excès. 11 n’en est pas moins vrai que ses effets sont extrêmement importants au point de vue de la déplétion des canaux sanguins. L’eau éliminée par la sueur et par le poumon est prise sur la partie aqueuse du sang, et, comme il est de règle, dans le système d’QErtel, de joindre au traitement par l’exercice la diète des liquides, l’eau soustraite au sang ne se reforme que lentement, par déshydratation des tissus, et, au total, la masse du liquide contenu dans les artères et les veines se trouve diminuée comme elle le serait à la suite d’une évacuation sanguine. On obtient, en réalité, de cette déperdition résultant de la marche en montagne, le même bénéfice qu’on obtiendrait dans certaines maladies de la saignée, et sans la débilitation inévitable qui la suit. Le premier effet de cette évacuation de liquide, c’est la déplétion du système veineux et l’allègement du travail du cœur. Les vaisseaux sanguins se trouvent moins tendus grâce à la diminution journalière subie par la masse liquide qu’ils contiennent.

Dans les maladies du cœur la tension du sang est augmentée dans les veines; celles-ci sont gonflées, turges- • centes, laissent par excès de pression transsuder à travers leurs parois la partie la plus fluide du liquide sanguin, d où les épanchements séreux et les œdèmes si fréquents dans les maladies. La déperdition copieuse de sueur a pour premier résultat de diminuer la réplétion des veines et permet ainsi aux liquides épanchés hors des vaisseaux d’y retrouver place et d’être repris par la circulation.

D’autres secrétions sont encore notablement activées par le traitement gymnastique d’Œîrtel,et en particulier la sécrétion urinaire. L’importance de ce résultat est connue, puis- <lu’on sait que toute une classe de médicaments appelés diurétiques n’a d’autre but que d’augmenter cette sécrétion.

La marche en montagne est un puissant moyen diuréti(iue.

LA « CURE-DE-TERRAINS »

Au premier abord, celle opinion semble paradoxale, car la quanlilé de liquide émis par les voies urinaires diminue dans les premiers jours du Irailemenl, l’eau qui a coutume de passer dans les urines élanl, en quelque sorle, drainée vers la peau pour former la sueur donl le volume augmente comme nous l’avons dil. Mais ce n’esl là que le résullal du débul. Au boul d’un cerlain temps, quand le cœur a élé forlifié par l’exercice et que le système vasculaire sanguin , soulagé par d’abondantes évacuations de sueur, n’est plus soumis à cette distension exagérée qui en paralysait les fibres motrices ; quand, d’autre part, on a pris soin de diminuer la quantité de liquide bue, on voit l’urine augmenter sous l’influence de l’exercice, même chez les sujets qui transpirent beaucoup ; à tel point que son volume dépasse celui des boissons ingérées.

Ce résultat est dû à la tonification progressive du cœur et à son travail plus énergique sous l’influence des exercices de marche en montant. 11 importe d’y insister, car c’est un des plus précieux effets de l'exercice pour les malades atteints d affections du cœur, et c’est un de ceux auxquels on a le moins porté d’attention en France.

Le cœur dont l’exercice sollicite l’activité gagne une plus grande force par l’effet même de son fonctionnement plus actif. C’est une loi reconnue vraie depuis longtemps, que toute fibre musculaire se fortifie en raison directe du travail qu’elle effectue, elle cœur est un muscle soumis aux mêmes lois que les autres. Le premier effet du fonctionnement plus actif que lui demande la marche en montagne, c’est de le dégraisser, de faire disparaître de ses fibres les éléments adipeux qui tendaient à se substituer aux éléments musculaires, puis de le raffermir, d’augmenter son volume, non dans son ensemble, puisque les masses graisseuses qui l’infiltrent tendent à se combustionner par l’effet du travail, mais dans son tissu propre qui acquiert ainsi plus de vigueur et

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devient capable de triompher des obstacles qui entravaient auparavant le cours de l’ondée sanguine.

Dans les alïections du cœur quelles qu’elles soient, les accidents et les troubles de la santé peuvent se ramener à un processus unique : le défaut d’équilibre entre l’impulsion que le sang reçoit du cœur et les obstacles qui s’opposent à sa circulation. 11 y a toujours une grande résistance à vaincre, même pour un cœur normal, dans le fait de lancer l’ondée sanguine jusqu’aux dernières extrémités des ramifications artérielles ; mais cette résistance peut être augmentée par des lésions diverses, rétrécissement des orifices, insuffisance des valvules qui forment soupape pour empêcher le reflux de l’ondée sanguine au cœur, etc. Dans certains cas ce n’est pas la résistance de la masse sanguine qui est augmentée, c’est la force d’impulsion du cœur qui est diminuée par suite de l’alfaiblissement de ses fibres. Mais, dans les deux hypothèses, le résultat est le même au point de vue de l’appareil sanguin considéré comme appareil hydraulique. Dans les deux cas la poussée du cœur est trop faible comparativement à la résistance opoosée au cours du sang. Aussi certains médicaments, qui ont pour effet de tonifier le cœur et de lui donner momentanément plus d’énergie, comme la digitale, ont aussitôt pour effet, grâce à Taugmentation de l’activité circulatoire qui en résulte pour le rein, de faire sécréter plus d’urine. La digitale est diurétique , en dernière analyse , parce qu’elle augmente la force d’impulsion du cœur. Et c’est aussi en augmentant la force d’impulsion du cœur, en tonifiant cet organe et en rétablissant l’écpiilibre entre la tension artérielle qui devient plus grande et la tension veineuse qui diminue, que les marches ascensionnelles méthodiquement pratiquées produisent un clfet diurétique et rétablissent la sécrétion urinaire dont la suppression est cause d’une série d’accidenls graves.. . . i

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Les effets qu’on est en droit d’attendre de la médication si simple dont nous venons de faire l’exposé sommaire peuvent se résumer ainsi :

1“ Activité plus grande des combustions vitales, d’où diminution de la surcharge graisseuse de tout le corps et notamment des organes internes;

2° Augmentation des sécrétions de la peau et des reins et de l’exhalation aqueuse du poumon, d’où résorption des œdèmes et des hydropisies locales ;

3“ Augmentation de l’aptitude respiratoire par exercice graduel du poumon;

4® Augmentation de la force des ventricules du cœur, d où rétablissement de l’équilibre des pressions entre le système artériel et veineux, et régularisation du cours du sang.

Ces bénéfices de la cure-de-terrains sont niés en France par la plupart des médecins qui, du reste, il faut bien le dire, ne la connaissent que très imparfaitement : mais la presque totalité des savants allemands et autrichiens en attestent la réalité. Nous avons vu, au cours de notre mission spéciale en Allemagne, un certain nombre de cas guéris et un très grand nombre améliorés. Nous avons eu l’occasion de nous entretenir longuement avec l’auteur de la méthode, le docteur CErtel, professeur à l’Université de Munich, qui est lui-même un des plus beaux succès obtenus par la cure-deterrains.

OFrtel était atteint de déviation de la colonne vertébrale avec surcharge graisseuse du cœur. C’était une double raison pour subir de graves accidents du côté des organes circulatoires et respiratoires. Et le distingué professeur était en effet tombé dans un degré avancé d’asystolie, c’est-à-dire dans cet état où le cœur, devenu insuffisant tà sa tâche de pompe foulante, laisse le sang engorger les poumons et les œdèmes gonfier les jambes. Grâce a la marche méthodique en montagne, aidée,

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il est vrai, de la réduction considérable des liquides ingérés, le malade se remit au point de pouvoir faire des ascensions de huit et neuf heures de durée, et ne présente aujourd’hui aucun symptôme de troubles de la circulation sanguine. — Une autre personnalité célèbre, le prince de Bismarck, a été guéri d’une affection graisseuse du cœur par la cure-de-terrains.

OErtel a fait école et une foule de ses élèves se sont établis sur divers points de l’Allemagne, de l’Autriche, de la Suisse pour installer la cure-de-terrains. Dans la plupart des villes d’eaux, pour peu qu’elles soient situées dans un pays accidenté, on peut voir une multitude de malades marcher méthodiquement sur des chemins préparés et gradués à cet effet. L’installation est des plus simples. Dans la plupart des cas on a utilisé les chemins déjà tracés. On s’est contenté de les classer suivant leur inclinaison et d’y mettre de distance en distance des bancs de repos. Malgré la simplicité des moyens mis en œuvre pour cette gymnastique naturelle, la cure-de-terrains est soumise à une réglementation très minutieuse, dont la carte ci-jointe peut donner une idée. Cette carte reproduit un fragment de celle dont on fait usage à Reichenhall, localité où (Ertel applique lui-même son système. On y trouve l’indication des distances, du temps que doit mettre le malade à parcourir chacune des étapes qui lui sont fixées, du degré d’escarpement du sentier, etc. Il est ainsi facile au médecin de varier sa prescription suivant l’état du malade et son degré d’entraînement.

Dans toutes les localités où se pratique méthodiquement le traitement d’Œrtel, les malades trouvent chez les libraires des plans du pays où des couleurs conventionnelles donnent l’indication du degré de pente des chemins.

Souvent aussi on se contente de tracer sur les arbres qui bordent les chemins des bandes de diverses couleurs, chaque couleur ayant une signification conventionnelle, pour indiquer au promeneur le plus ou moins d’effort qu’il aura à

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fournir s’il continue à suivre la route où il s’engage. Dans toutes les contrées boisées où la cure-de-terrains est établie, l’œil du promeneur est attiré par de grands cercles jaunes, verts, rouges, tracés sur le tronc des sapins ou des hêtres, et qui sont des repères permettant aux malades de se rendre compte, avant d’entreprendre une promenade, si le sentier dans lequel ils vont s’engager offre bien un degré d’inclinaison en rapport avec leur degré d’entraînement.

Les villes les plus connues pour leurs cures-de-terrains sont Bade, Reichenhall et Ichl, en Allemagne; Méran et Lemnering en Autriche. Mais à côté de ces stations spéciales, beaucoup d’autres sont fréquentées et il est facile d’en créer partout où le sol est suffisamment accidenté et l’air suffisamment pur.

Toutes ces conditions se rencontrent aisément en France et il serait facile d’installer presque partout le traitement d’Œrtel. Une seule tentative a été faite jusqu’à présent dans notre pays. La cure-de-terrains se fait à Brides, mais elle vise presque exclusivement l’obésité. On n’ose pas encore, dans notre pays, s’attaquer franchement aux maladies du cœur à l’aide d’un moyen qui passe pour aggraver ces maladies, et qui les aggraverait incontestablement s’il était employé sans méthode et sans direction.

Mais, on ne saurait trop le répéter, il en est de l’exercice musculaire comme de tous les autres moyens de thérapeutique : un dosage rigoureux est nécessaire dans son emploi. 11 n’est pas plus absurde d’appliquer l’exercice à petites doses aux maladies qui seraient aggravées par le surmenage, que d’utiliser, pour relever les forces d'un malade, de petites quantités de boissons alcooliques, alors qu’on sait bien l’elfet débilitant des fortes doses d’alcool. Tout cela est une question de dosage, — et la méthode d’CErtel est justement un moyen rigoureux de « doser» ce puissant moyen thérapeutique qui s’appelle l’exercice musculaire.

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