LES MALADIES DE LA NUTRITION
le sang par les cellules vivantes ne sortent pas de l’organisme sous la forme qu’ils présentaient à l’état de vie. Ces matériaux subissent pour se détacher de la cellule vivante une série de modifications; ils en subissent ensuite une série d’autres qui leur donnent la forme et la composition chimique voulue pour qu’ils puissent passer à travers les portes de sortie qu’on appelle les organes excréteurs^ et s’éliminer ainsi au dehors.
Tel est le résumé schématique des actes essentiels en vertu desquels le corps se nourrit. Et l’on voit de là le vaste cadre que remplissent les maladies de la nutrition. Ces maladies comprennent les déviations, les anomalies et les troubles de toute nature qui peuvent modifier chacune des fonctions de la nutrition, c’est-à-dire, d’une part la digestion, l’absorption et l’assimilation des matériaux alimentaires ; et, d’autre part, la désassimilation et l’excrétion des matériaux inutiles à la vie.
Pour avoir idée de la complexité des troubles morbides que le médecin peut avoir à combattre dans ces maladies, il faut en outre se rappeler de eombien d’actes essentiels ou secondaires se compose chacune des fonctions principales que nous venons d’énumérer. L’on verra que le groupe des maladies de la nutrition occuperait la pathologie tout entière s’il n’existait, en dehors des affections dont l’origine est interne et qui procèdent du sujet lui-même, des maladies dont l’origine est extérieure et qui sont dues à l’action d’une cause étrangère à l’être vivant, comme les maladies traumatiques, ou d’un agent parasite comme les maladies infectieuses et virulentes.
11 serait impossible, on le comprend, de suivre pas à pas les diverses maladies de la nutrition pour étudier la manière d adapter à chacune d’elles le traitement par l’exercice. Mais il suffira, pour l’emploi pratique du traitement, de faire de ces maladies un certain nombre de groupes, et de formu-
1er à propos de chacun de ces groupes des préceptes généraux aboutissant à des indications thérapeutiques précises et à la description de procédés peu nombreux, mais caractéristiques, chacun de ces procédés de traitement pouvant s’appliquer à une série de cas pathologiques semblables.
Nous diviserons les maladies de la nutrition en deux groupes, suivant qu’elles pervertissent les fonctions qu’on peut appeler « préliminaires » de la nutrition, c’est-à-dire l'élaboration des aliments par les organes digestifs, ou bien qu’elles atteignent les actes les plus intimes qui sont l’aboutissant et comme la conclusion définitive des actes de la réparation des tissus.
Cette division est logique au point de vue anatomique et physiologique ; il faut reconnaître toutefois qu’elle n’est pas irréprochable au point de vue pathogénique. Les troubles des voies digestives, par exemple, sont souvent intimement liés à des troubles de la nutrition moléculaire. Bien des dyspepsies n’ont d’autre point de départ qu’une altération des sécrétions digestives, due elle-même au trouble des fonctions intimes de la nutrition moléculaire d’où résulte la viciation du sang et des humeurs. Et inversement bien des maladies caractérisées par le défaut d’assimilation et l’appauvrissement du sang qui en résulte, ont leur point de départ dans un trouble primitif de l’estomac et dans la perversion des fonctions digestives.
Mais la classification pathogénique des maladies ne peut pas toujours cadrer avec la thérapeutique, car les moyens d’action de toutes les médications ne visent pas seulement les troubles primitifs et les causes premières, et s attaquent souvent aux troubles secondaires, parfois même, étant donnée l’insuffisance de nos moyens de guérison, aux manifestations symptomatiques des maladies.
Nous étudierons donc ici, sous le titre de Maladies de la nutrition, les alTections qui résultent d’une anomalie quel-