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CHAPITRE lY

IJes exercicps « généraux » chez les dyspeptiques. — De la gymnastique « abduminale ». — Indication et contre-indication de l’exercice dans les troubles de l’appareil digestif. — Formulaire du traitement « gymnastique » des troubles de l’appareil digestif.

Les troubles qui peuvent survenir dans le fonctionnement de Tappareil digestif se manifestent presque toujours par la dys/>epsie.

La dyspepsie n’est pas une maladie, mais un syndro7ne, c’est-à-dire un ensemble de symptômes se rapportant à des maladies très diverses et se produisant suivant un processus extrêmement variable, mais aboutissant, au total, à des troubles de la digestion.

Le point de départ des troubles digestifs n’est pas toujours dans l’estomac. Il peut se trouver dans le gros ou le petitintestin, ou bien dans un organe annexe, comme le foie, le pancréas. Fréquemment aussi il faut le cliercher hors de l’appareil digestif lui-même, soit dans les organes qui l’avoisinent, soit dans un grand appareil vital dont il est tributaire, l’appareil de l’innervation, de la circulation. Mais le plus souvent peut-être, la dyspepsie prend son origine dans un trouble général des fonctions vitales qui pervertit les actes intimes de la nutrition, c’est-à-dire l’assimilation, la désassimilation et les sécrétions.

La multiplicité des causes des troubles digestifs et la variété du processus suivant lequel ils s’établissent, e.\pli(|ucnt le grand nombre de moyens employés dans leur traitement.

et fait comprendre notamment, au point de vue de la médication par le mouvement, que des procédés d’exercice extrêmement différents et aussi disparates que le sont, par exemple, la marche et le massage, puissent guérir des symptômes identiques, sans pouvoir toutefois se suppléer absolument, puisque dans certains cas où le tableau symptomatique est le même, l’im de ces deux moyens pourra échouer là où l’autre réussira.

Le choix du procédé d’exercice dans le traitement de la dyspepsie est d’ordinaire déterminé par l’origine même des troubles digestifs et par le processus suivant lequel ils ont pris naissance. Toutefois, là comme dans bien d’autres cas en thérapeutique, il ne faut pas s’en tenir exclusivement à l’indication causale primitive, car la direction du traitement doit fréquemment être basée sur la notion des causes secondaires, parfois même sur les manifestations symptomatiques de la maladie.

La thérapeutique par l’exercice offre au praticien, dans le traitement de la dyspepsie, deux ordres de moyens : des moyens généraux et des moyens locaux.

Le choix de ces moyens devrait rationnellement se déduire du processus pathogénique de la maladie, et il importerait, avant d’appliquer le traitement, de déterminer si le point de départ des accidents qu’on veut combattre se trouve dans l’appareil digestif lui-même, ou bien dans l’ensemble de l’organisme. Mais il est très rare, en pratique, que l’emploi de tels ou tels procédés d’exercice soit basé sur une indication rationnelle et un choix judicienx.

L’application de l’exercice au traitement des maladies des voies digestives est généralement trop empirique. Il est curieux d’observer que dans certains pays, comme en Suède, les exercices employés contre la dyspepsie sont exclusivement locaux et se limitent à la gymnastique <( abdominale », tandis qu’ailleurs, en France par exemple, on

304 I/AIH’I.ICATION DU TDAITEMENT.

reclicrclie plulùL les clVels genéraux du Iravail musculaire, sans se préoccuperdedéterminer la forme de l’exercice.

11 est beaucoup plus facile d’appliquer les elîets généraux de l’exercice que de rechercher ses effets locaux. On n’a besoin d’aucun procédé spécial pour activer la circulation du sang, la respiration, la calorification. 11 suffit pour obtenir ces résultats de faire faire une quantité suffisante de travail musculaire, sans se préoccuper de la forme du mouvement. 11 faut dire aussi que le traitement général est celui dont l’indication se présente de beaucoup le plus fréquemment, parce que la majorité des dyspepsies se relient à des troubles généraux de la nutrition dont le défaut d’exercice a été le point de départ, et que ces troubles peuvent cesser quand vient à disparaitre le défaut d’hygiène qui leur a donné naissance. Toutefois, meme en pareil cas, le traitement général peut souvent échouer là où le traitement local réussit. Il arrive, en effet, que si les troubles digestifs se prolongent, leur processus, qui était primitivement secondaire et fonctionnel, finit par devenir local en déterminant des troubles organiques. A ce moment l’indication causale se déplace, ou tout au moins se dédouble : il ne suffit plus d’agir sur l’ensemble des fonctions vitales, il faut agir aussi sur les organes digestifs eux-mêmes.

Des exercices « généraux » chez les dyspeptiques.

Chez l’homme d’ailleurs parfaitement sain et indemne de toute alléction générale ou locale, le défaut d’exercice et la vie trop sédentaire peuvent produire des troubles digestifs. On sait qu’en pareil cas l’exercice est le meilleur de tous les remèdes ; on sait aussi que l’amélioration obtenue est indépendante du mode d’exercice employé. La guérison peut être obtenue par la marche aussi bien que par la gymnastique ou le vélocipède. La seule condition d’efficacité du

traitemenl, c’est que l’e.N:ercice soit suffisant. L’indication capitale ne porte pas sur la forme d’exercice à adopter, mais sur la dose de travail musculaire à effectuer.

L’exercice agit alors comme modificateur de la nutrition. Les accidents dyspeptiques résultaient d’une lenteur extrême de l’assimilation dont le point de départ était l’insuffisance de la désassimilation. Ces deux phases inverses de la nutrition sont solidaires l’une de l’autre. Pour que les aliments mgéré^ soient régulièrement absorbés, il faut que le besoin do « réparation » soit légitimé par des vides à combler dans notre organisme. Il faut en un mot qu’une certaine quantité de nos tissus ait été usée par les combustions vitales. Chez l’homme inactif les accidents digestifs résultaient en somme

d’une lenteur excessive de l’assimilation, ayant son point /

de départ dans l’insuffisance de la désassimilation. Et l’exercice a pour but thérapeutique essentiel de « faire de la place » aux matériaux puisés dans l’alimentation, eu brûlant et éliminant une certaine quantité de matière vivante.

C’est ainsi que l’exercice peut régulariser l’assimilation des aliments, et l’on comprend qu’un marcheur puisse dire qu’il « digère avec ses jambes ». On comprendra aussi comment un dyspeptique peut trouver parfois sa guérison aussi bien dans une saison de chasse que dans une saison d’eaux minérales àVicliy. Les eaux alcalines, en effet, ont lapropriété d’activer la désassimilation comme le fait l’exercice musculaire. La combustion des tissus vivants est d’autant plus active qu’elle se fait dans un milieu plus alcalin. C’est pourquoi l’eau de Vichy, — en dehors de ses autres

modes d’action que nous n’avons pas à étudier ici,

peut, aussi bien que l’exercice musculaire, activer l’assimilation des aliments en « faisant delà place » aux produits de la digestion, et en leur permettant d’être plus activement absorbés pour remplacer les matériaux organiques bridés.

Laghanoe. — Méd. par l’exero. 20

L’APPLICATION DU TRAITEMENT

Mais l’eUel « général » de l’exercice est salutaire à un trop grand nombre de dyspeptiques pour qu’on puisse l’expliquer par un mode d’action unique.

Dans un grand nombre de cas, la dyspepsie est liée à des troubles généraux de la nutrition qui se caractérisent par des altérations chimiques du sang et des sécrétions, comme dans la dyspepsie dite <f arthritique ». Nous savons que les affections de la nutrition rangées sous l’étiquette d’arthritisme sont caractérisées, au point de vue de la cliimie biologique, par une irrégularité du processus d’oxydation des matières organiques. Les dyspepsies qui sont la manifestation locale de ces diathèses résultent, en principe, d’une viciation des actes chimiques de la digestion corrélative des troubles chimiques généraux de la nutrition.

L’exercice, dans les dyspepsies d’origine diathésique, semble agir surtout en modifiant les actes chimiques de la nutrition, grâce à son pouvoir « oxydant ». Nous avons dit au chapitre précédent comment le travail musculaire en activant la respiration augmente la quantité d'oxygène mis en présence dans le sang avec les produits de désassimilation, et rend plus complète la combustion ou l’oxydation de ces produits. Le processus intime des modifications organiques dues à l’exercice dans le cas où les combustions sont zncomplètes, n’est plus tout à fait le même que dans les cas dont nous parlions tout à l’heure, où elh;s étaient msuffisantes. Dans la dyspepsie arthritique, il ne s’agit plus d’augmenter la quantité des produits désassiinilés, de « faire des vides » dans les tissus organiques afin d’activer 1 absorption des matériaux alimentaires qui devra les réparer; il s’agit de modifier Va qwilité dQ ces produits en retidant leur combustion plus complète. Ce qui revient à dire : il s’agit de modifier la composition chimi([ue du sang vicié par ces produits anormaux. Cette modification de la nutrition consistera surtout dans la diminution de l’acidité du

liquide sanguin par la combustion plus complète des composés acides qiril renferme en excès, et consécutivement dans la diminution de l’hyperacidité des sécrétions qui président aux actes cliimiques de la digestion.

L’indication formelle, dans l’emploi de l’exercice chez les arthritiques, c’est d’appliquer des exercices qui augmentent l’apport de l’oxygène, et par conséquent qui activent la respiration. 11 est indiqué d’autre part de pousser, chez ces malades, à la transpiration cutanée, dans le but d’éliminer l’acide lactique que leur organisme fabrique en excès. — Parfaire les oxydations et éliminer les produits d’oxydation incomplète, tel devra être le résultat de la médication par l’exercice chez les dyspeptiques arthritiques.

On voit, au total, que c’est dans ce cas directement contre la cause originelle du mal et non contre les symptômes dyspeptiques que la médication doit être dirigée. Aussi faudra-t-il s’attendre à ce que son efïet. sera d’autant plus lent que la diathèse est plus ancienne et plus enracinée. L’exercice ne pourra modifier la composition chimique des sécrétions qu après avoir modifié celle du sang.

Les expériences faites par nous permettent d’évaluer à' quatre ou cinq semaines le temps nécessaire, chez les arthritiques, pour diminuer notablement l’acidité des humeurs, et cela à la condition que l’exercice sera chaque jour assez énergique pour amener la transpiration. Ce délai est, du reste, reconnu indispensable pour obtenir cette modification générale de la nutrition qui constitue la « condition » d’entraînement.

11 faut dire que les efiêts « généraux» de l’exercice peuvent être utilisés même dans le cas de troubles digestifs d origine locale. . Et c’est ce qui explique l’efficacité de l’exercice apiiliqué empiriquement, sans méthode, et, pour ainsi dire, « à tort et à travers ».

L’APPLICATION DU ÏUAITEMENT.

Dans presque toutes les dyspepsies, quelle qu’en soit l’origine, il y a, à la fois, perversion des sécrétions glandulaires et perversion des actes mécaniques qui président à la digestion. Et l’exercice, par ses effets généraux, peut améliorer les fonctions de l’estomac comme il améliore celles de tous les autres organes, en stimulant l’activité de tous les éléments organiques, aussi bien des éléments glandulaires que des éléments moteurs.

Pour comprendre ce salutaire « coup de fouet » donné indirectement à l’estomac par l’exercice des muscles, il faut toujours en revenir au résultat fondamental d’exercice qui est l’augmentation de l’oxygène du sang. Nous avons déjà rappelé les expériences de Brown-Séquard démontrant qu’un surcroît d’oxygène augmente l’énergie de tous les éléments vitaux : on sait, par exemple, qu’un muscle fatigué expérimentalement et rendu incapable de travail, recouvre immédiatement le pouvoir de se contracter si on y fait arriver un courant de sang chargé d’oxygène. Les conditions de cette expérience se trouvent réalisées par le fait de l’exercice. Chez l’homme qui exécute des mouvements répétés et suffisamment énergiques, la respiration devient plus active et introduit dans le sang un supplément considérable d’oxygène, en môme temps que le cœur précipite ses battements et envoie une plus grande quantité de sang à tous les organes. Tous les organes de l’économie, — les organes digestifs aussi bien que les autres, — sont ainsi baignés par un sang plus riche en oxygène et plus fréquemment renouvelé; d’où cette excitation bienfaisante qui les fait sortir de leur atonie. Sous l’influence d’un sang plus oxygéné, les glandes du tube digestif peuvent sécréter des sucs mieux élaborés, et les fibres des tuniques musculaires rei>rendre leur contractilité perdue. C’est ainsi que s’améliorent à la fois les actes mécaniques et les actes chimiques de la digestion, sans que l’agent modificateur ait porté directement son action sur

l’appareil digeslil'. — C’est, au rosie, par un processus absolument identique que lc« grand air », en activant la fonction respiratoire, active, du même coup, les fonctions digestives et aiguise l’appétit.

Le travail musculaire même appliqué sous forme de modificateur général peut donc produire des effets locaux sur les organes digestifs, et c’est ainsi que s’explique l’action des exercices généraux comme la marche en montagne, dans des dyspepsies dépendant d’une affection locale, telle, par exemple, que la dilatation de l’estomac. Toutefois, quand les troubles digestifs sont liés à une perversion locale des actes qui concourent à la fonction, il est indiqué d’ajouter aux exercices généraux des exercices locaux d’une forme plus méthodique, dont il nous reste à exposer le principe et l’application.

La gymnastique abdominale.

C’est une loi signalée par tous les physiologistes, que la nature utilise, dans l’aecomplissement des fonctions vitales, non seulement les organes spécialement affectés à l’acte fonctionnel lui-même, mais, en plus, des organes accessoires attachés à d’autres fonctions.

De cette solidarité des appareils vitaux résulte, on le comprend aisément, une économie de travail pour l’organe principal qui peut s’acquitter de sa tâche avec une moindre dépense de foree.

Mais il peut en résulter parfois une insuffisance de la fonction, (piand vient à faire défaut la collaboration accoutumée de Torgane auxiliaire, dont le concours a été prévu et, pour ainsi dire, « escompté » par la nature.

Cette loi n est nulle part aussi facile a vérifier que dans l’appareil digestif. Pour que sa réalité s’impose à l’esi)rit il suffit de jeter un coup d’œil sur la disposition anatomicpic de

L’APPLICATION DU TUAITE:\IENT

la cavité abdominale où sont contenus l’appareil digestif et ses annexes.

En voici la disposition schématique.

Cette cavité est limitée en avant par les muscles droits ; sur les côtés, par les grand et petit obliciues, le transverse; plus en arrière se trouvent le carré des lombes et les attaches inférieures des muscles dorsaux. En haut la voûte du diaphragme forme encore un plan musculaire, et le bassin se ferme en bas par une sorte de « plancher » contractile lepiesente par les muscles du périnée. En arrière seulement la paroi est renforcée par une muraille osseuse, ou plutôt par un fort pilier de soutien, la colonne lombaire. Mais partout, même au niveau des parties osseuses qui la limitent, la cavité abdominale est doublée d’un revêtement musculaire, les parois solides constituées par les vertèbres lombaires et les os iliaques étant recouvertes et comme capitonnées par les épais faisceaux musculaires du psoasiliaque.

Il n’est, ainsi, .aucune portion des viscères abdominaux qui ne se trouve en contact immédiat avec des muscles. Et l’on peut concevoir la cavité abdominale comme une vaste poche musculaire dans laquelle serait enfermé tout l'appareil digestif.

Cette disposition ne pouvait être un agencement fortuit; elle impose forcément à l’esprit l’idée d’un rôle important .joué par les muscles dans le fonctionnement de l’appareil digestif. Et, en eiret, les muscles abdominaux superficiels et ' profonds peuvent être considérés comme des organes annexes de cet appareil. Leur rôle mérite d’être analysé avec attention. 11 est à la fois dynamique et statique. J’entends par là que ces muscles sont utiles aux fonctions digestives non seulement quand ils provoquent des mouvemenls, mais encore dans l’état d’immobilité.

Etudions d’abord leur rôle comme organes moteurs.

Dans l’esloniac, le gros et le petit intestin, doivent se passer des actes mécaniques très importants, qui ont pour objet de malaxer et de pétrir les aliments ingérés pour les mélanger intimement avec les sucs gastriques et intestinaux, de faire cheminer le bol alimentaire dans toute la longueur du canal digestif et, finalement, d’expulser au dehors les résidus qui n’ont pas été utilisés par l’absorption. Le déplacement régulier des matières alimentaires, indispensable à l’accomplissement normal de la digestion, est assuré par le travail des tuniques musculaires dont les mouvements, appelés contractions « péristaliques », sont, comme on sait, indépendants de la volonté. Mais les muscles abdominaux viennent prêter un puissant concours aux fibres musculaires de l’intestin et de l’estomac en soumettant toute la masse des viscères à une série de pressions, de déplacements et de secousses, chaque fois qu’ils entrent en travail. Les mouvements volontaires du bassin et du tronc auxquels ces muscles président, secondent puissamment l’effet des mouvements automatiques et involontaires des parois musculaires du tube digestif, et sont nécessaires à la régularité de toute une série d’actes physiologiques dont la perversion ou l’insuffisance s’accompagnent toujours des troubles digestifs. Ces muscles sont donc de puissants auxiliaires des tuniiiues musculaires du tube digestif, qui deviendraient insuffisantes à parfaire leur tâche si elles n’étaient secondées par eux.

En résumé, une digestion normale suppose pour s’elfectuer, non seulement les mouvements péristaltiques provoqués par les tuniques moléculaires du tube digestif, mais encore une série de mouvements communiqués aux viscères abdominaux par les déplacements et les changements d’attitude du tronc. Les digestions seront imparfaites si ces mouvements n’interviennent pas un certain nombre de fois dans la journée.

T.’ APPLICATION DU rilAlTKMLNT.

Aussi la nature a-L-cIle pourvu à la régularité des mouvements abdominaux en créant à l’iiomme des conditions de vie cpii l’obligent constamment à les exécuter.

I E homme placé dans les conditions de la vie naturelle, c est-à-dire obligé de subvenir pah lui-même aux besoins de son alimentation, doit, à tout instant, exécuter des mouvements de 1 abdomen, dont le plus élémentaire consiste à se baisser et à Hécliir le tronc pour se mettre à portée de toucher la terre, cette « aima parens » où il trouve sa nourriture. Et la même nécessité de faire agir les muscles abdominaux s’observe encore si l’on suppose l’homme primitif cherchant sa vie dans la capture des animau.x sauvages, au lieu de la demander à la culture du sol. Les multiples péripéties de la chasse l’obligent à des mouvements variés et eneigiques de flexion et de rotation du tronc, soit pour se dissimuler en guettant sa proie, soit pour la saisir, la ramasser, la dépouiller, etc.

Si on étudie l’homme civilisé, on voit encore les mouvements abdominaux intervenir, dans tous les actes les plus énergiques du travail professionnel. Le terrassier qui manie la pioche, le bûcheron qui manœuvre la cognée, le forgeron qui frappe sur l’enclume, exécutent tous des mouvements de flexion du tronc, et l’effort, qui, à chaque coup, leur fait ployer les reins, a son origine dans les muscles de l’abdomen qui sont fléchisseurs de la colonne vertébrale. Tous ces ouvriers travaillent surtout « du ventre j>, et non « des reins » comme on le dit parfois.

Dans les travaux agricoles qui ne demandent |)as un grand effort, le moissonnage, le sarclage, de même aussi que dans les actes les plus simples de la vie domestique, il faut toujours se baisser, s’accroiq)ir, se ramasser sur soimême, et ce sont autant de mouvements qui font sentir leur action aux viscères abdominaux.

'tous ces déplacements volontaires du tronc peuvent être

considérés comme nn complément indispensable des mouvements involontaires et automatiques exéeutés par les parois du tube digestif, et qui ont pour ettét de « brasser » les aliments, de les pétrir, de les mélanger intimement aux sucs digestifs et de les faire cheminer d’une allure suffisamment rapide à travers les diverses portions de l’estomac, du petit et du gros intestin.

L’homme de la olasse dite « aisée » qui s’est affranchi du travail corporel, se trouve avoir, par cela môme, abdiqué en quelque sorte une fonction naturelle, et supprimé de sa vie une série d’actes extérieurs qui sont complémentaires d’autres actes internes essentiels. Faute de cet appoint qui leur est nécessaire pour parfaire leur travail, les tuniques musculaires ne suffisent pas à leur tâche et accomplissent imparfaitement les actes mécaniques sans lesquels la digestion serait impossible.

Ces actes devenant plus lents , les fonctions sont « paresseuses », les aliments séjournent trop longtemps dans l’estomac, et les résidus alimentaires circulent péniblement à travers les replis intestinaux.

Il est à peine besoin de rappeler, comme preuve à l’appui de l’importance des mouvements abdominaux, la fréquence extrême des troubles digestifs chez les hommes de bureau, et la paresse des fonctions intestinales dont se plaignent si communément les hommes même de vie très active, mais dont l’activité se manifeste uniquement par la marche, c’est-à-dire par un exercice qui ne leur donne pas l’occasion do se courber, de se baisser, de se retourner sur eux-mêmes, en nn mot de mettre enjeu les muscles de l’abdomen, de faire des mouvements abdominaux. De là la fréquence et la désespérante ténacité des troubles digestifs dans la classe aisée. De là aussi l’insuccès, dans la thérapeutique de 1 homme du monde, d une sérié de moyens hygiéniques et pharmaceutiques qui réussissent chez l’ou-

L’APPLICATION DU TRAITEMENT

^Tie^ ou chez le paysan , leur action étant secondée par l’aétivité continuelle des muscles abdominaux.

Le défaut d’exercices spéciaux est, plus encore que le défaut général d’exercice, la cause de troubles digestifs si fréquents chez les hommes sédentaires. Il faudra donc, dans bien des cas, recourir à des mouvements artificiels méthodiques, pour suppléer, chez les dyspeptiques, à l’insuffisance des mouvements naturels, et leur appliquer une forme de gymnastique qui mette en action les muscles des parois antérieures, latérales et profondes de l’abdomen. Ces exercices locaux constituent la Gymnastique abdominale .

Les exercices « abdominaux» produisent deux sortes de résultats utiles au traitement des troubles digestifs, ce sont des effets immédiats et des effets consécutifs ou effets « d’entrainement ».

Les effets immédiats des exercices abdominaux sont dus en premier lieu au mouvement lui-même. Nous avons déjà indiqué une partie de ces effets ; nous savons que les pressions et les secousses que subit la masse intestinale agissent dans le même sens que les contractions péristaltiques des tuniques musculaires de l’estomac et de l’intestin, et en augmentent l’efficacité pour faire cheminer les aliments. Le mouvement en lui-même, c’est-à-dire utilisé indépendamment de la contraction musculaire, pourra être employé avec succès dans les cas d’atonie de l’estomac et de paresse de l’intestin. Aussi des moyens d’action très différents peuvent-ils se suppléer dans le traitement des dyspepsies par atonie musculaire. On pourra obtenir des effets mécaniques aussi bien avec des mouvements actifs qu’avec des mouvements passifs et même avec le massage. Ces trois formes de traitement sont employées concurremment dans le traitement « abdominal » tel que l’ont institué les Suédois, nos maîtres dans l’application locale de la gymnastique médicale.

Mais les elîels immédiats du mouvement ne se bornent pas à aider au brassage du bol alimentaire et au déplacement des matières. Cette action considérée trop généralement comme leur attribut exclusif est doublée d’un autre résultat aussi important, l’accélération du cours du sang dans tout le système de la veine porte. Nous connaissons déjà l’effet des mouvements passifs sur le cours du sang en général. Ici l’action des déplacements du tronc ou du bassin est augmentée encore par l’effet des pressions qu’exercent les mouvements sur la masse des vaisseaux veineux. Les mouvements passifs et surtout le massage ont encore plus d’action sur les liquides sanguins que sur les matières plus ou moins consistantes de l’intestin.

Les effets « de circulation » qui peuvent être demaudés à des mouvements soit actifs, soit communiqués, trouvent leur indication dans tous les états de stase sanguine des organes digestifs. Et rien n’est plus fréquent que la congestion passive des viscères abdominaux tributaires de la veine porte. On l’observe toutes les fois que la circulation du sang est gênée par le développement excessif des masses graisseuses abdominales, ou par le ballonnement habituel de l’estomac, de l’intestin grêle et du côlon. On l’observe surtout dans tous les cas d’hypertrophie du foie, et aussi à la suite de l’atrophie de ce viscère, parce que dans ces deux eas l’organe est moins perméable et se laisse plus difficilement traverser par le sang. Souvent la stase sanguine des viscères abdominaux se traduit par le gonflement des veines hémorrhoïdales ; souvent aussi aucun symptôme caractéristique ne trahit à l’extérieurcetétat général de dilatation des canaux veineux qu’on a appelé la « veinosité abdominale ». Tous les gros ventres ne sont pas le résultat de l’obésité, et, même chez les obèses, le volume exagéré de l’abdomen est dû, en grande partie, à des troubles de circulation, <à l’accumulation du sang veineux dans les veines intestinales. Les mouvements et le massage ont

L’APPLICATION DU TRAITEMENT

alors très promptement raison du développement exagéré du ventre, non en produisant l’amaigrissement, mais en facilitant le déplacement du lic|uide sanguin en même temps gue la circulation des gaz. Aussi peut-on voir parfois, après quelques jours de traitement gymnastique, une notable diminution du tour de la taille sans que le poids total du corps ait diminué.

Nous observons du reste très fréquemment un résultat tout à fait semblable à la suite d’une saison d’eaux alcalines telles que les eaux de Vicby. Mais dans les deux cas le résultat quoique identique est dû à deux processus dilTérents. Les eaux alcalines, en désobstruant le foie, le rendent plus perméable, soulagent les parois des veines en diminuant leur tension, et rétablissent en un mot la circulation en détruisant le « barrage» qui l’entravait. Dans l’autre cas les pre.ssions exercées sur les veines par le mouvement communiqué, et surtout par un massage méthodique, suppléent à l’insuffisance des vaisseaux, donnent au sang une impulsion plus énergique, et forcent l’obstacle qui lui est opposé. De là, déplétion des veines qui peuvent revenir sur elles-mêmes ef recouvrer l’énergie contractile momentanément perdue par excès de distension. 11 est intéressant de noter que, chez bien des « hépatiques », l’effet des mouvements abdominaux, aussi bien que celui des eaux de Vichy, se traduit comme symptôme extérieur très significatif, par la diminution et même la disparition des bémorrhoïdes.

L’action dynamique des muscles abdominaux ne se borne pas aux résultats mécaniques que nous venons d’exposer, on peut en aU.endre encore certains ellcts physiologiques très importants.

Le mouvement, suivant son intensité et sa forme, peut être tantôt excitant des éléments moteurs, tantôt calmant des éléments sensitifs. Les mouvements actifs ou passifs du tronc, aussi bien que le massage de l’abdomen, ne se

bornent pas à faire circuler mécaniquement le contenu du tube intestinal, mais peuvent en outre stimuler les éléments musculaires de ses parois, et solliciter des contractions péristaltiques, ainsi que le ferait, du reste, tout autre genre d’excitation, l’électrisation, par exemple. Le mouvement passif devient ainsi l’origine d’un k exercice » actif des muscles intestinaux, et c’est ce qui explique comment ce moyen de traitement n’est pas Seulement palliatif. Il arrive le plus souvent qu’au bout d’un certain nombre de séances, son emploi devient superflu, la fonction à laquelle il devait suppléer se trouvant rétablie grâce au retour de l’énergie propre des tuniques musculaires de l’intestin.

Le mouvement actif ou communiqué produit, dans d’autres cas, des effets sédatifs remarquables. On sait que les frictions, les effleurages de l’abdomen peuvent calmer dans des cas bénins des douleurs gastriques et intestinales. L’effet sédatif est beaucoup plus accentué quand on emploie certaines manœuvres spéciales. Nous avons vu pratiquer à Stockholm, dans l’Institut de gymnastique médicale du D' Wide, une forme de massage très efficace dans le traitement de la gastralgie et dont voici le manuel opératoire. On déprime fortement la paroi abdominale à l’aide des deux mains réunies par leur face palmaire et qu’on applique par leur extrémité sur la région épigastrique, au voisinage du duodénum, la dernière phalange de la main droite se refermant sur le bout des doigts de la main gauche pour garantir les parties massées du contact désagréable des ongles. Les mains atteignent ainsi à travers les tissus mous les plexus nerveux qui avoisinent l’estomac et leur font subir une pression énergique. L’opérateur communique alors à ses poignets un mouvement très rapide d’oscillation ou de tremblement qui se propage aux parties douloureuses, et cette « vibration » semble éteindre l’hyperesthésie des filets nerveux, et amène une remarquable sédation des douleurs.

LA I>PL1( DATION DU THAITEMENT.

Les elïets lliérapeiiliques que nous venons d’exposer peuvent être obtenus à l’aide de mouvements actifs ou de mouvements passifs. On sait, du reste, que tout mouvement actif s’accompagne de mouvements passifs, que les parties directement déplacées communiquent aux régions voisines. Ainsi certains mouvements de flexion, de rotation et de circumduction du tronc, exécutés volontairement par le sujet, peuvent, dans certains cas, remplacer les mouvements communiqués par un aide et môme le massage. Toutefois il n’est pas toujours indiirérent d'avoir recours à tel ou tel mode de mouvement. L’exercice actif est, dans certains cas, plus efficace que l’exercice passif, et, quelquefois, présente des dangers qui doivent faire donner la préférence aux mouvements communiqués. Nous aurons à préciser l’indication de chacun de ces moyens d’action suivant les cas à traiter.

Les effets conséciififs des mouvements abdominaux consistent dans les modifications de nutrition et d’innervation que fait subir le travail musculaire aux muscles mêmes qui l’exécutent; modifications qui se traduisent par l’augmentation de leur force, de leur fermeté et de leur tonicité, en un mot par leur état « d’entrainement ». Il faut insister sur ce premier résultat des exercices actifs, pour en bien faire saisir l’importance thérapeutique.

Les muscles de la paroi antéro-latérale de l’abdomen n’interviennent pas, dans la fonction de l’appareil digestif, uniquement par les mouvements qu’ils provoquent. Ils ont un rôle statique, (lui est de renforcer, de doubler, en quehiue sorte, les plans musculaires du tube digestif. Ils doivent, déplus, fournir un soutien aux viscères abdominaux, et leur faire subir un certain degré de compression.

On sait que les intestins, rcstomac, le foie et tous les autres organes qui constituent l’appareil digestif et ses annexes

soiil suspendus et comme accrochés à la voûte et à la

paroi postérieure de la cavité abdominale, à l’aide de replis libreux qui leur laissent une assez grande mobilité. Ces attaches ligamenteuses constitueraient un mode de fixation

tout à lait insuffisant sans le concours des parois antélieures et latérales de 1 abdomen. Ces parois, grâce aux muscles dont elles sont doublées, forment un plan circulaire solide et élastique capable de soutenir les viscères en leur fournissant un point d’appui résistant. Si ce soutien vient à

laiblir, les organes abdominaux réduits, comme moyen de fixation, à leurs seuls ligaments d’attache, tiraillent par leur poids ces replis fibreux, les distendent, les allongent, et tendent, en résumé, à se déplacer de haut en bas, dans le sens de la pesanteur. C’est cette sorte de descente, de « chute » des viscères abdominaux que le Glénard a décrite le premier sous le nom à’entéropiôse.

Les conséquences de l’entéroptôse sont de processus d abord mécanique. La chute des viscères, en produisant le tiraillement des ligaments, produit aussi le tiraillement des

poi tiens du tube digestif auxquelles ces ligaments suspenseurs s’attachent. De là une sorte d’étranglement, d’effacement du calibre du tube intestinal sur les points qui supportent la plus forte traction. Ces troubles mécaniques deviennent à leur tour le point de départ de troubles physiologiques divers. Outre que les fonctions digestives sont perverties, les malaises locaux produits par le ballottement continuel des viscères provoquent, par retentissement sur les centres nerveux, tout le cortège de phénomènes de la neurasthénie secondaire. L’origine mécanique et locale des malaises parfois généralisés et « protéiformes « qui sont la conséquence de l’entéroptôse, est clairement démontrée par 1 elhcacilc du traitement proposé par Glénard et qui consiste essentiellement dans l'application d’une « sangle » lar-e résistante et fortement serrée, jouant artificiellement le rôle

de soutien auquel les muscles débilités ne sont plus suffisamment aptes. On voit parfois tous les troubles digestifs et aussi toutes les souffrances éloignées qui en dérivent par voie réde-ve, s’apaiser subitement dès que les viscères retrouvent, grâce au soutien do la ceinture, les conditions mécaniques de leur fonctionnement normal. 11 suffit môme, pour soulager momentanément le malade, de soulever avec les mains la paroi abdominale de bas en haut et d’avant en arrière, c’est à-dire d’imiter ce que font les muscles abdominaux, quand ils n’ont pas perdu leur tonicité. On comprend qu’il est .tout indiqué de chercher en pareil cas à rendre aux muscles leur force contractile et leur tonicité en les soumettant à un entraînement méthodique, — d’où l’indication des exercices locaux actifs.

Mais les viscères n’ont pas seulement besoin d’être soutenus par les muscles abdominaux, ils doivent encore être comprimés par eux avec une certaine énergie, car leurs tuniques musculaires, réduites à leurs propres forces contractiles, ne seraient pas suffisantes pour résister à l’expansion des gaz qu’elles contiennent.

Les parois musculaires de l’abdomen exercent constamment sur leur contenu une pression de dehors en dedans qui lutte sans cesse contre une pression en sens inverse, due à la force d’expansion des gaz. Il en résulte une.^tvisw» nécessaire autant à la conservation du calibre normal do l’intestin qu’au soutien et à la fixation de la masse des viscères. La réalité de cette tension est démontrée par la facilité avec laquelle les anses intestinales sont poussées et comme projetées au dehors, dans le cas de plaies pénétrantes de l’abdomen. Quand les deux forces antagonislcs d’où résulte la tension abdominale ne sont pas pondérées entre elles dans un juste rapport, l’équilibre est rompu, et l’on voit le ventre se rétracter et se creuser « en bateau « quand les muscles abdominaux sont en état de contracture,

comme il arrive dans certaines alTections des centres nerveux, ou se « ballonner » et se distendre quand ces muscles sont devenus atones ou que la force d’expansion des gaz a augmenté dans des proportions anormales. — L’exagération de la tension par contracture des muscles est citée ici plutôt pour mémoire ; on l’observe rarement, toujours transitoirement, et, d’ordinaire, dans des affections qui n’ont qu’un retentissement très indirect sur la région abdominale.

Le défaut d’équilibre des forces abdominales est le plus habituellement rompu par l’insuffisance relative ou absolue de la compression musculaire.

11 est des dyspeptiques qu’on a désignés par le terme aussi heureux qu’original de « déséquilibrés du ventre ». Ce sont des sujets à parois abdominales insuffisantes. On trouve chez eux comme résultat de l’atonie des muscles abdominaux, tantôt une distension permanente du ventre, quand il y a formation abondante de gaz intestinaux, tantôt l’affaissement et la flaccidité de l’abdomen, et, par suite le « ballottement » des viscères pendant la marche, dans le cas où les intestins ne renferment pas de gaz. Dans ce dernier cas, quelle que soit la maigreur du sujet, le ventre, dans la station debout, tend à se renfler, dans la partie inférieure, tandis qu’il se . creuse dans la partie supérieure, la masse viscérale cédant à la pesanteur et se portant à la région la plus déclive. De ce renflement du bas-ventre et de l’évidement des flancs résulte un aspect très caractéristique qui suffit, avec le tremblottement que détermine dans les parois le moindre déplacement du tronc, pour conclure à la diminution de la tension abdominale, et, partant, à l’indication d’exercer les muscles atones, afin de rendre à leurs fibres 1 énergie contractile perdue.

On voit quels utiles résultats thérapeutiques on peut attendre de 1 exercice méthodique et prolonge des muscles

Lagrange. — Med. par l’e.\erc. o.

L’APPLICATION DU TDAITEMENT.

antcro-latéraiix de l’abdomen. Il ne s’agit plus dans ee cas , d’un elTet mécanique et passager comme celui des mouvements passifs et du massage, mais d’un elïét physiologique à résultat durable, la récupération et la conservation de l’énergie musculaire perdue. Cet ellet d’entraînement devra être demandé surtout aux mouvements actifs qui sollicitent l’action des muscles droits, grand et petit obliques et transverses de l’abdomen.

C’est un résultat différent quoique aussi d’ordre physiologique qu’il faut demander à l’exercice des muscles profonds de l’abdomen, comme les muscles psoas-iliaques. On sait que ces muscles sont à peine séparés de la masse intestinale par une mince couche de tissu cellulo-fibreux. Grâce à ce contact intime, leur entrée en contraction fait sentir à l’appareil digestif des effets de voisinage qui rendent leur fonctionnement pour ainsi dire solidaire de celui de l’intestin. L’exercice des muscles psoas-iliaques produit surtout des phénomènes de circulation qui méritent qu’on s’y arrête un instant.

Nous avons insisté à diverses reprises sur l’influence accélératrice qu’exerce la contraction musculaire sur la circulation sanguine. Quand les muscles abdominaux entrent en travail, il s’y produit un afflux de sang dont l’importance est en rapport avec la masse des muscles mis en jeu. Ce sang est soustrait aux régions voisines comme il le serait par l’effet d’une large ventouse, et il se produit ainsi une déplétion des vaisseaux de l’abdomen dont la circulation est tributaire, par voie directe ou par anastomoses collatérales, de celle des muscles en jeu. Parmi ceux-ci, les muscles de la région abdominale postérieure et notamment le psoasiliaque ont une action plus efficace, parce qu’ils sont en contact plus intime avec les organes digestifs, et reçoivent leur sang des branches artérielles plus voisines. On sait combien le psoas-iliaque rei)résente une masse musculaire

impoiTanle et combien sa circulation sanguine est particulièrement riche. Si on se rappelle qu’il y passera, suivant les lois de la circulation dans les muscles, neuf fois plus de sang k l’état de travail qu’à l’clat de repos, il est impossible de n’ètre pas frappé des ressources offertes par les exercices qui font contracter ce muscle, quand on veut activer la circulation des organes abdominaux et faire cesser les stases sanguines.

Résumé des indications.

On voit par l’exposé qui précède combien, les effets de la contraction musculaire et du mouvement sont variés et peuvent devenir féconds en résultats thérapeutiques.

11 nous faut à présent résumer, sous forme de conclusions pratiques, les déductions que nous avons tirées des effets thérapeutiques de l’exercice dans le traitement des troubles digestifs.

L’exercice peut satisfaire aux indications causales de la dyspepsie et à ses indications symptomatiques.

L’indication causale réclame tantôt les effets généraux de l’exercice, et tantôt ses effets locaux.

11 est indiqué de recourir aux effets généraux de l’exercice, c’est-à-dire de stimuler l’ensemble des grandes fonctions vitales dont la digestion est solidaire, et surtout d’activer les combustions vitales, toutes les fois que la dyspepsie dépend de troubles généraux de la nutrition, que ces troubles soient accidentels et dus à un ralentissement passager des échanges moléculaires, comme dans la dyspepsie des hommes sédentaires, ou bien qu’ils soient constitutionnels et liés à un processus diathésique, comme dans la dyspepsie arthritique, ou à une perversion générale des fonctions d’innervation comme dans la neurasthénie.

On doit recourir aux effets locaux de l’exercice toutes les fois que l’origine des accidents réside dans un trouble

32 1 L’APPLICATION DU TRAITEMENT

local, ciuG la nature de celle cause soit mécanique^ comme dans les obstructions de l’intestin par séjour prolongé des résidus alimentaires, et dans les stases sanguines par obstacle quelconque au cours du sang dans le système de la veine porte ; ou bien qu'elle soit pfujsiologique^ comme dans les troubles de la sensibilité (gastralgie, entéralgie, etc.), dans les troubles de la motilité (atonie, paresse et dilatation des diverses portions du tube gastrointestinal, faiblesse et insuffisance des muscles abdominaux), et dans les troubles de sécrétion (insuffisance des sécrétions intestinales et gastriques).

Si nous résumons les conditions dans lesquelles se présente, chez les dyspeptiques, l’indication des exercices « abdominaux «, nous verrons que cette indication est formelle :

1° En cas de séjour trop prolongé des matières alimentaires dans un point quelconque du tube digestif, quand il s’agit d’aider mécaniquement à l’effet des mouvements péristaltiques ;

2° En cas d’atonie des tuniques musculaires gastrointestinales, quand on veut stimuler l’énergie de leurs éléments contractiles ;

3“ En cas de diminution de la tension abdominale, soit que le défaut de soutien des viscères favorise l’entéroptôse, soit que la rupture de l’équilibre entre la pression extérieure et la force d’expansion des gaz fasse prédominer celle-ci et aboutisse à la distension permanente d’une portion du canal digestif;

4“’ Enfin en cas de ralentissement du cours du sang dans les vaisseaux des viscères de l’abdomen, quels que soient le siège et la cause de la stase sanguine qu’on veut combattre.

L’indication de rétablir la circulation de la veine porte a l’aide des mouvements abdominaux se présente, notamment, chez les « hépatiques », chez les obèses, et chez les

LES MALADIES DE L’APPAIIEIL DIGESTIF. 32îî

« cardiaques ». Chez ces trois catégories de malades on observe presque toujours des troubles des fonctions digestives par stase sanguine des vaisseaux abdominaux.

Dans les affections hépatiques, aussitôt que l’état aigu a cessé, il est urgent d’aider par des mouvements appropriés au rétablissement du cours du sang dans la veine porte. C’est le meilleur moyen de faire cesser les stases sanguines et les engorgements du foie. Les mouvements abdominaux constituent aussi un excellent moyen préventif des aifections des voies biliaires, surtout quand ils sont provoqués par un exercice suffisamment violent pour modifier l’état général du sang. L’aviron, le jeu de paume, les exercices de gymnastique aux appareils sont, avec le régime alimentaire, les meilleurs préservatifs des coliques hépatiques.

Chez les obèses, l’indication des exercices abdominaux se présente toujours non seulement pour faire résorber la graisse qui augmente le volume du ventre, mais surtout pour rétablir la circulation sanguine entravée par les masses adipeuses qui encombrent les feuillets des épiploons et compriment les vaisseaux. On sait, du reste, que presque tous les obèses sont aussi des « hépatiques », et ont le foie gras et congestionné.

Chez les « cardiaques » on observe aussi fréquemment les stases sanguines du foie et le ralentissement du cours du sang dans le système porte. La gymnastique abdominale leur serait très utile, mais il y a, chez ces sujets, contreindications formelles de l’effort et de tous les mouvements actifs capables de produire la compression des gros vaisseaux. L’indication se réduit dès lors à l’emploi du massage abdominal et des mouvements passifs.

Si nous recherchons à présent les contre-indications des exercices abdominaux, nous trouvons trois conditions dans lesquelles un doute peut s’élever au sujet de l’emploi de ces exercices. Ce sont : 1 état aigu inflammatoire, la faiblesse

L'APPLICATlOiN DU TRAITEMENT.

extrême, les hémorrliagies gastro-intestinales, et enfin la douleur locale.

L’état inflammatoire aigu est, pour les alîections de l’appareil digestif comme pour toutes les autres, une contreindication formelle de l’exercice et du mouvement.

La faiblesse môme excessive ne peut guère constituer une contre-indication des exercices abdominaux actifs, car ces mouvements sont trop localisés pour qu’on puisse en redouter soit une réaction générale violente, soit un épuisement nerveux qui mérite d’entrer en compte. Au surplus, on aurait toujours la ressource des mouvements passifs et du massage.

Dans les hémorrhagies dues à une affection organique comme le cancer et l’ulcère de l’estomac, les mouvements abdominaux n’auraient pas grande efficacité, effort, difficile à éviter dans la contraction des muscles droits et obliques, aggraverait les]accidents. Il faudrait même n’employer le massage qu’avec la plus grande circonspection, car les effets mécaniques de l’exercice ne pourraient guère être utiles. Les effets physiologiques de la contraction musculaire pourraient être utilisés au point de vue de la dérivation sanguine dans les cas seulement d’hémorrhagies bémorrhoïdales et en mettant en action des muscles qui ne peuvent pas comprimer les viscères abdominaux, comme les muscles psoas-iliaques.

Le symptôme douleur, quand il est très accentué, constitue une contre-indication des mouvements abdominaux actifs, ou comporte tout au moins l’indication de les employer avec de grandes précautions. Il va de soi que tout exercice actif doit être interdit et serait, du reste, impossible dans les crises douloureuses telles que les coliques hépatiques. De même dans certaines alfections douloureuses de l’cstornac ou de l’intestin. On sait en ellcl combien tout effortintense réveille les douleurs gastriques, quels que soient

du reste leur siège précis et leur origine patliogéuique. Certains gastralgiques ne peuvent faire aucun effort musculaire même localisé, ne peuvent, par exemple, serrer énergiquement un dynamomètre manuel sans ressentir une vive douleur à l’épigastre. C’est que tout acte musculaire, môme local, dans lequel le sujet veut mettre toute sa force provoque inévitablement la synergie à’eff'ort^ et nous savons que l’effort consiste essentiellement dans la contraction énergique des muscles abdominaux, d’où pression violente sur toute la masse des viscères. Les exercices actifs des muscles abdominaux aboutiraient toujours au même résultat local que V effort, c’est-à-dire à la compression des viscères. Et la douleur se réveillerait alors chez le gastralgique avec la même intensité que sous la pression directe de la main appliquée au siège du mal.

Mais la douleur n’est pas une contre-indication de l’exercice passif. Nous avons dit, au contraire, que les mouvements communiqués et le massage étaient de puissants moyens de sédation. Ces moyens thérapeutiques, et surtout le massage avec trépidation, peuvent être employés dans les dyspepsies les plus douloureuses, et servir de préparation aux mouvements actifs.

Dans le plus grand nombre des cas, l’indication de l’exercice est double et ses effets locaux sont à recberclier en même temps que ses effets généraux. D’une part, en effet, les maladies générales de la nutrition ou du système nerveux peuvent retentir sur l’appareil digestif et y provoquer des troubles mécaniques et physiologiques ; d'autre part, les troubles digestifs d’origine locale ne peuvent guère manquer de provoquei des desordres dans les processus généraux de la nutrition.

Ainsi l’on ne saurait établir une hiérarchie dans l’importance respective des exercices généraux et de la gymnastique locale ; chacune de ces deux formes du traitement'

328 L’AI>PLICATION DU TRAITEMENT

pouvant avoir, suivant les cas, un rôle accessoire et palliatif basé sur les symptômes, ou bien un rôle essentiel et direct, déduit du processus pathogénique des accidents.

Les indications du traitement ne se bornent pas à déterminer l’opportunité de l’emploi de l’exercice et le choix des mouvements employés, le praticien devra encore préciser la quantité de travail représenté par les exercices généraux auxquels il soumet le malade, et régler l’intensité des efforts musculaires dans les mouvements locaux.

Le formulaire du traitement gymnastique des dyspepsies est très riche en exercice d’intensité variée, et permet de doseï' suivant une gradation parfaitement méthodique l’énergie des moyens employés, depuis le massage et les exercices passifs, jusqu’aux exercices violents du sport et de la gymnastique. Là, du reste, comme dans l’application de tous les moyens thérapeutiques, les indications tirées de l’état du malade doivent primer le plus souvent celles qui se déduisent de la nature des maladies.

Une foule de circonstances individuelles ou de détails symptomatiques peuvent ainsi faire varier, dans la pratique, les applications du traitement. Et il faut se rappeler que là, surtout, il n’y a pas de détails négligeables. La plupart des insuccès du traitement par l’exercice sont dus à ce qu’on a méconnu certaines nuances dans l’indication du choix des exercices et dans le dosage de leur mode d’emploi.

On sera parfois forcé de proscrire certains exercices qui sembleraient ressortir rationnellement de la notion de cause et du processus de la maladie. Par exemple, les maladies de l’estomac ayant pour origine un état général du système nerveux comme la neurasthénie, ne permettent pas, chez certains sujets, l’emploi des exercices généraux actifs. L’impressionnabilité des éléments sensitifs et 1 exagération des réflexes pourraient causer, dans le début du trailemenl, des réactions excessives, essoufllement, palpitations, sueurs

pi’ofuses, exagération de la fatigue consécutive, et finalement épuisement nerveux, c’est-à-dire aggravation des accidents mêmes qu’on veut combattre.

11 sera parfois utile, en pareil cas, de faire porter le traitement sur les troubles secondaires provoqués par l’état nerveux et de modifier d’abord l’état de l’estomac ou de l’intestin à l’aide d’exercices locaux assez modérés pour ne pas retentir sensiblement sur l’état général. On commencera, par exemple, par les mouvements passifs et le massage. Si on parvient ainsi à amender les phénomènes locaux, c’est-à-dire à régulariser les digestions, on fera cesser sinon la cause originelle du mal, au moins une cause secondaire qui aggravait les accidents. On profitera alors de la modification générale de l’organisme due à l’amélioration de la nutrition, pour passer graduellement aux exercices généraux, d’abord très modérés, puis d’intensité chaque jour croissante, dont l’effet névro-tonique fera sentir à son tour son influence salutaire aux troubles locaux de la digestion. La médication suivra de cette façon une marche en sens inverse du processus de la maladie; elle agira d’abord sur les symptômes pour modifier la cause même qui les a produits, puis sur la cause originelle du mal pour agir plus efficacement sur les manifestations symptomatiques.

Formulaire du traitement « gymnastique » des affections des voies digestives.

A. — Exercices qui produisent des effets généraux :

Exercices passifs. — Ce sont par ordre d’intensité croissante :

1” Ld,veciation sous toutes ses formes, promenades en voiture, voyages en chemin de fer, équitation aux allures modérées. — On peut obtenir plus méthodiquement, et avec un dosage plus régulier, les effets des exercices de « vectation » ,

L'APPLICATION DU TllAlTEMENT.

à l’aide de divers appareils de la gymnastique mécanique qui impriment au corps une série de trépidations dont on peut régler à volonté l’amplitude, la vitesse et l’intensité (voir les appareils de la gymnastique mécanique de Zander, par exemple figure 19, page 218).

20 Le massage général tel qu’il est vulgairement pratiqué dans les divers établissements de bains, et qui agit à la fois sur nos éléments sensitifs de la peau, par les frictions, les effleurages, et sur l’ensemble du système musculaire par le pétrissage de tous les muscles. La plupart du temps les masseurs joignent des mouvements passifs des bras et des jambes aux manœuvres du massage proprement dit.

Exercices actifs :

1" La 'promenade en plaine; le jardinage et les travaux agricoles ; la marche ascensionnelle ; la bicyclette, le tricycle la course, le saut et tous les jeux de « plein air » qui en dérivent; l’équitation aux grandes allures, l’escrime, et, d’une manière générale, tous les exercices de sport.

B. — Exercices qui produisent des effets locaux.

Exercices passifs.

Les exercices suédois sont les mieux adaptés de tous au traitement des troubles locaux de l’appareil digestif, car ils ont été spécialement imaginés en vue d’une action méthodique à produire sur telle ou telle partie de cet appareil, sur telle ou telle de ses fonctions. Le degré d’intensité de ces exercices dépend, en général, beaucoup moins de leur forme que de leur mode d’application; leur dosage méthodique est donc absolument subordonné à l’habileté et aux précautions du praticien qui les met en œuvre.

Ce sont : le massage abdominal ; les mouvements du tronc ; les mouvements des membres inférieurs.

massage abdominal sous ses cinq formes essentielles, effleurages, frictions, pétrissage, tapotements et trépidations, €St appliqué, suivant l’indication, soit à tout l’abdomen,

soit à une portion déterminée de l’appareil digestif. Le siège des manipulations varie naturellement suivant qu’on veut agir sur l’estomac, le foie, le gros ou le petit intestin, et leur forme varie aussi suivant qu’on veut agir superficiellement ou profondément, dégager l’intestin des matières qui l’obstruent, activer la circulation du sang dans les régions où se produisent des stases veineuses ; enfin, suivant qu’on veut réveiller l’atonie des fibres motrices ou diminuer leur irritabilité, et apaiser l’hyperesthésie des éléments sensitifs.

2"Lesmoz<ue7?zewis/îû:5S2/5dutroncs’obtiennent, comme tous les mouvements suédois, suivant deux procédés : par l’aide d’un « gymnaste » ou par l’action d’une machine. Dans l’un et l’autre cas il y a des procédés de fixation pour immobiliser les parties qui ne doivent pas agir et des procédés de mobilisation pour communiquer le mouvement aux articulations visées. Si on doit mobiliser le tronc sur le bassin, ce sont les cuisses qu’on fixe soit avec des courroies soit avec le concours d’un aide ; si on veut mobiliser le bassin sur le tronc, on fixe au contraire les épaules, ou bien le patient se retient avec les mains à des poignées, à une barre horizontale ou verticale, etc.

On peut « communiquer w ainsi à volonté des mouvements de flexion en avant, extension, de flexion latérale droite et gauche, de rotation suivant l’axe et de circumduction, et ces mouvements peuvent se produire par déplacement du tronc, le bassin étant immobilisé, ou par mobilisation du bassin, le tronc restant immobile. — Le mouvement de « circumduction » consiste dans le passage du corps par les positions successives de fiexion en avant, flexion latérale droite, extension, flexion latérale gauche. Ce mouvement résumé tous les autres et peut les suppléer tous, ù 1 exception toutefois du mouvement de rotation sur l’axe.

332 L’APPLICATION DU TRAITEMENT

Les mouvements passifs de circumduction et de rotation du tronc sur le bassin et du bassin sur le tronc sont extrêmement utiles pour faciliter mécaniquement la progression des matières dans le tube intestinal, et pour accélérer le cours du sang dans tout le réseau des veines gastro-intestinales. Ils ont une double action en apparence paradoxale qui permet de les utiliser dans deux cas absolument opposés ; pour combattre la constipation et pour arrêter la diarrhée. Le premier résultat s’explique par un effet tout mécanique, la pression et le déplacement communiqués aux matières fécales. L’autre résultatest d’ordre physiologique etliéàl’action modératrice qu’exerce le mouvement passif sur les sécrétions intestinales. Ce dernier effet a été constaté empiriquement par tout le monde dans des cas où le corps est soumis à des mouvements communiqués tels que les secousses de la voiture. Trousseau, déjà, avait signalé l’efficacité des longs voyages en chemin de fer pour faire cesser des diarrhées rebelles.

Pour compléter la liste des mouvements abdominaux passifs, il faut y ajouter les exercices qui mobilisent l’articulation coxo-fémorale et qui agissent par voisinage. Tel est le mouvement de circumduction de la cuisse. 11 s’exécute le malade étant couché, ou à demi étendu, comme dans la figure 27. Un aide saisit d’une main le pied, de l’autre le genou, la jambe étant fléchie, et imprime au fémur une impulsion circulaire suivant laquelle le membre est porté successivement dans l’adduction, la flexion forcée, l’abduction, puis l’extension, circonscrivant ainsi un plan de révolution en forme de cône dont le sommet serait représenté par la tête du fémur et la base par la ligne circulaire que décrit le genou. Ce mouvement est très usité en Suède non seulement dans les maladies des organes abdominaux, mais encore dans les troubles généraux de la circulation sanguine ; c’est à la fois un procédé indirect de massage abdo-

minai et un moyen d’activer le cours du sang dans les vaisseaux de toute la région.

Exercices actifs qui 'produisent des effets locaux.

Ces exercices sont les plus intéressants et les plus caractéristiques de la gymnastique abdominale, car ils en résument tous les résultats. Un mouvement actif, ainsi que nous l’avons expliqué précédemment, produit à la fois les effets qui sont liés à la contraction musculaire et ceux qui déri-

tig. 27. Circumductioa de la cuisse (mouvement passif).

vent du mouvement proprement dit, c’est-à-dire du déplacement des parties mobilisées, aussi les effets du mouvement passif se retrouvent-ils forcément parmi les résultats du mouvement actif.

Le type des exercices actifs locaux de la gymnastique abdominale est 1 effort., dans lequel tous les muscles antérieurs, latéraux et postérieurs de la paroi abdominale, entrent en contraction énergique. La répétition fréquente de l'eflort produil d'une part des cll'els pliysiologiques qui se résument dans l’augmentation de force des muscles mômes

334 L’APPLICATION DU TRAITEMENT

qu’il met en jeu, et des eirets mécaniques analogues à ceux du massage résultant de la pression exercée par ces muscles, quand ils se contractent, sur les viscères abdominaux. Presque tous les exercices locaux actifs de la gymnastique abdominale produisent le phénomène de l’ellort.

Nous avons déjà dit que l’effort, acte synergique, intervient dans tous les mouvements quels qu’ils soient où le sujet veut mettre toute la force dont il est capable. L’effort agit simultanément sur tous les muscles des parois abdominales. Mais il y a des exercices qui sollicitent plus directement le travail des muscles de la paroi antérieure ou latérale, d’autres qui mettent plus spécialement en jeu les muscles profonds dont la paroi postérieure de la cavité est revêtue.

Tous les mouvements qui aboutissent à la flexion du tronc mettent en exercice simultanément les muscles droits antérieurs, grand oblique et petit oblique de l’abdomen. Toutefois dans ces mouvements l’effort est plus spécialement supporté par les muscles droits qui sont fléchisseurs directs du tronc. Les obliques sont fléchisseurs quand le droit et le gauche agissent simultanément, mais l’action isolée de chacun d’eux aboutit, suivant les portions du muscle qui agissent, soit à la rotation du tronc autour de l’axe représenté par la colonne vertébrale, soit à sa flexion latérale.

Parmi les muscles profonds, celui dont l’action a le plus d’importance, le psoas-iliaque est fléchisseur du tronc sur le bassin par sa portion vertébrale, et fléchisseur du fémur sur le bassin par sa portion iliaque dont le tendon d’insertion s’attache, comme on sait, au petit trochanter. On mettra ce muscle en exercice : 1“ en provoquant des mouvements de flexion de la colonne vertébrale sur le bassin, ou des mouvements inverses de flexion du bassin sur la colonne vertébrale ; 2® en [>rovoquant des mouvements de flexion de la cuisse sur le bassin.

LES MALADIES DE L’APPAlîEIL DIGESTIF.

On voit, déjà la grande imporLancc IhérapcuLique de Ions les mouvements qui aboutissent à la flexion active du tronc. Pour compléter la donnée générale de la gymnastique abdominale active, il faut y ajouter les mouvements de rotation

de droîte à gauche ou de gauche à droite qui mettent en travail les muscles obliques et transverses ; les mouvements de flexion latérale du rachis, qui tendent à rapprocher la ligne inférieure des côtes de la crête de l’os iliaque en abaissant 1 épaule vers la hanche correspondante ; et

enfin le mouvement de circumduction qui résume tous les autres, en ce qu’il fait passer successivement le tronc par les attitudes de flexion en avant, extension et flexion latérale droite et gauche (voir fig. 28).

Toute la paroi musculaire antéro-latérale (muscles droit, grand et petit obliques) concourt à l’exécution du mouvement de flexion.

On peut, à .volonté, rendre ce mouvement extrêmement doux ou extrêmement énergique.

Si le mouvement de flexion en

Fig. 2S. — Mouvement de circumduction du tronc.

avmit s’exécute dans la position debout, l’effort musculaire qu il nécessite sera très faible, car aussitôt que le tronc, en prenant la position fléchie, est sorti de la direction verticale, il est entraîné en avant et en bas par la pesanteur. Mais le mouvement n’est pas tout à fait passif, à cause de la résistance que lui oppose la masse intestinale. Un travail très appréciable est nécessaire quand le mouvement doit avoir une très grande étendue, par exemple, quand il se continue jusqu’à ce que la pointe des doigts puisse toucher terre, les jarrets restant tendus. Il faut remarquer que dans ce cas

336 L’APPLICATION DU TRAITEMENT

l’effort musculaire doit vaincre non seulement la résistance élastique des viscères abdominaux comprimés en masse par la flexion du buste, mais aussi celle que lui opposent les ligaments vertébraux et même les muscles postérieurs du dos dont les fibres se trouvent soumises à une élongation forcée.

Le travail des muscles abdominaux est beaucoup plus considérable quand le mouvement de flexion partde la position horizontale, parce qu’alors la pesanteur, loin de le favoriser, lui oppose une résistance considérable mesurée par le poids du tronc. Ce mouvement qui consiste, étant couché, à s’asseoir sans l’aide des bras, est le moyen le plus commode

et l’un des plus efficaces pour exercer tous les muscles de la paroi abdominale, et aussi les fibres musculaires qui doublent la paroi postérieure à sa face profonde. En effet le muscle psoas-iliaque dont nous avons dit le rôle important dans le fonctionnement de fappareil digestif, est activement mis en jeu dans l’exercice que nous décrivons, puisque ce muscle, qui est fléchisseur de la cuisse sur le bassin, devient fléchisseur du bassin sur la cuisse quand celle-ci représente le point fixe du mouvement. On augmente la difficulté de l’exercice et l’intensité de l’effort en relevant les bras et en les maintenant soit fléchis, en portant les deux mains à la nuque (voir fig. 29) , soit étendus de toute leur longueur audessus de la tête, dans une direction qui continue celle du

M-:S MAI.ADIKS \)K L’Al'PAULIL DIGKSTIF.

Il’onc. Un l’cporLc ainsi leur poids tout à rcxU'émilé du bras de levier représeidé i)ar la colonne vcriébrale.

Nous insistons à dessein sur la description de cet exercice si simple, parce qu’il est peut-être le plus pratique, le plus commode à appliquer et en môme temps le plus efficace de tous ceux qu’on peut conseiller aux dyspeptiques dont on veut « refaire » la paroi abdominale. Le malade peut l’exécuter au lit, le poids des couvertures maintenant les

Fig. 3U.

pieds, condition essentielle pour empêcher les membres inférieurs de céder à l’etfort qui tend à les relever.

Dans la gymnasti(fue suédoise ce mouvement s’exécute avec le concours d un aide qui fixe les genoux (fig. |-}()) On peut remplacer l’aide i>ar une courroie d’attache. 11 est facile de comprendre, en se rei)ortant à la figure, que celte ])Osition permet un autre mouvement inverse du premier mais aboutissant à l’cirort des mêmes muscles, c’est le renversement lent du tronc en arrière. Le sujet se trouvant assis, le tronc lléchi , laisse aller le corps en arrière en luttant contre la ncsantcur qui reulraîne, de façon

— .Méd. pui' l'e.xerc. o, “

L’APPLICATION DU TÜAITLMLNT.

que le retour à la position horizontale se fasse avec une très grande lenteur. Les muscles droits ne se comportent plus alors comme agents de la llexion mais comme antagonistes

de l’extension. Ce mouvement demande un cll’ort plus considérable que le précédent, et doit être exécuté avec précaution pour éviter les « à-coups ».

Un peut mettre en jeu les memes muscles par d’autres mou-

vemenls, en peovoqnanl, par exemple, la llexion de la cuisse sur le bassin le corps élanl debout. Quand ce mouvement s'exécute la jambe llécbic, il est extrêmement facile et môme insnlTisant comme cllbrt; pour en augmenter rénergie, les Suédois lui opposent la résistance d'un aide qui lutte contre l'elVort de flexion en exerçant une pression dans le sens de l’extension, la cuisse étant ilécliie et le malade opposant à

Fig. 32. — Travail des muscles abdominaux.

rclfort du gymnaste un effort en sens inverse, c’est-àdire un ellbrt de llexion qui met surtout en jeu le psoasiliaque (voir lig. -Uj . L’n autre exercice plus énergique et demandant une assez grande dépense de force, consiste à se siuspcndrc par les poignets à la barre d’un espalier et à llécliir les cuisses. Le mouvement est assez facile si les jambes restent fléchies; il nécessite un effort très intense si les membres restent allongés de toute leur longueur, comme dans la figure 32.

L'APPLICATION DU TUAI'll^ME NT.

Pour mettre en jeu les muscles de la paroi laléraln de l’abdomen, la gymnastique métliodi(|uc dispose d'une foule d’exercices ayant tous pour objectif la rotation du tronc sur l’axe et la llexion latérale du rachis. Ces mouvements mettent en travail les grand et petit obliques ; ils peuvent s’exécuter le corps étant libre, c’est-<à-dire sans qu’aucune résistance vienne provoquer un effort supplémentaire. 11 suflit

Fig. 33. — Travail des muscles latéraux de l’abdouicu.

alors que le malade étant debout ou assis se retourne lentement de droite à gauche, puis de gauche à droite; se penche sur le côté droit, [mis sur le côté gauche, les jambes et le bassin restant immobiles, et les pieds demeurant fixés au sol à la même place. Mais (fuand on veut obtenir des clîets ])uissants, il faut recourir a certains procédés qui augmentent l'elfort en opposant une rcsislance au mouvement. La figure i><) rei»réscule uu exercice de la gymnastique suédoise, dans Iciiuel le patieu' ôtant a

LIiS MALADIES DE L’APPAIiElL DIGESTIF. 341

tleini-rcnversc sur le cèle droit et Faisant face à droit cherche à se relever et à reporter le tronc face en avant, pendant qu'un aide, le saisissant comme dans une prise de lutte, lait résistance à son elïort. Dans cet exercice très iypi(.[ue, l’elfort est supporté surtout par les muscles obliques droits et gauches et par le transverse. L’effet mécanique SC fait sentir surtout aux organes sous-jacents, c’est-àdire au loie, au cæcum et à la petite tubérosité de l’estomac,

Hg. 3i. Travail des muscles latéraux de l’abdomen.

a droite , a la rate, au côlon descendant, et à l’S iliaque à gauche.

Les ap[)aieils de Zander sont souvent utilisés par la gymnaslifpie suédoise pour provoquer des mouvements analogues à celui (pic nous décrivons. La résistance opposée par la prise de l’aide est remplacée par des tenons en forme de bérpiille ipii viennent butter contre les moignons des é()aules, etipii mettent en action une tige métallique faisant bras de levier, laiiuelle supporte un contrepoids plus ou

L’APPUCA'I'ION DU TDAITEMUNT.

ni-2

moins rapproché de son exIrémiLc suivant rintensité de relTort à produire (voir lig.lii ).

Les muscles abdominaux peuvent être mis en action par des mouvements inverses de ceux décrits plus haut, c’est-àdire par la rolation et la flexion latérale du bassin, le tronc restant immobile. La figure 35 représente un appareil très commode en raison de sa simplicité et de son pou de volume, c'est la chaise de Nycander. Cet appareil consiste dans une

sorte de fauteuil à dossier fixe, dont le siège monté sur une tige verticale qui fait pivot- est immobile horizontalement de droite à gauche et de gauche à droite (voir page 185, lig. 17). Le patient étant assis et ses épaules assujetties par des montants verticaux, engage ses pieds dans deux étriers rigides qui servent de point d’appui pour mouvoir le siège auquel ils sont fixés. Le mouvement peut être à volonté très lent ou très rapide et, dans ce dernier cas, exerce une action puissante sur le contenu du tube digestif et aussi sur celui des vaisseaux sanguins (fig. 35).

Outre l’exercice des muscles abdominaux et les effets

l'ig. 3al. — Chaise abdoniiualc de Nycander.

physiologi(iues qui en résultent au point de vue du renforcement de la paroi abdominale, ou pi’oduit, a l’aide de cet ap[)areil, des etVets mécanifiues très importants qui permettent d’en retirer à la fois le bénéfice des mouvements actifs et celui des mouvements passifs et du massage.

La (jymnastifiuc fi'ançaise renferme une foule d exercices qui [)euvent être appliqués au Iraitemcnt abdominal, et cela, [)arce (pie celte gymnasfitpie, en vertu de sa tendance

LKS MAI.ADlliS DE L'APl'AKEIL DlGliSTIF.

aLhléliqiie, i)i‘ovo(iiic (VcqLiemmeiit Yeffori. Les exercices de bras provoquent plus aisément l’elTort abdominal que ccnx des jambes, à. cause de la nécessité de lixer les côtes, dans Ions les exercices ([iii mobilisent riuimérns avec une certaine énergie.

Nous avons déjà dit qu’un moyen très simple d'cxercei' les muscles abdominaux consiste à provoquer rellbrt en soulevant au-dessus de la tète avec le bras étendu un haltère

très lourd. L’ellbrt intervient aussi dans tous les mouvements dits « rétablissements d dans lesquels le corps, suspendu cà une barre transversale par les poignets, s’élève au-dessus du point de suspension et passe graduellement de

la position de suspension par les mains à la position d’appui sur les poignets.

Mais ces exercices demandent une dépense de force musculaire que n'ont pas toujours les malades. 11 y en a de

plus doux; ceux, pai‘ exemple, eu vertu desquels le corps étant suspendu par les mains cà un trapèze, les membres intérieurs se relèvent pour atteindre la barre et passer au-dessus. Il en est de plus faciles encore, ce sont les mouvements de balancement, soit au trapèze volant, soit encore à la « barre llxe ». On sait qu’étant, suspendu par les poignets et s abandonnant à la pesanteur, le gymnaste peut communi(|uer au corps des mouvements d’oscillation analogues a ccnx du pendule. Ces mouvements s’obtiennent à

l’aide d’une série de llexions et d’extensions successives du bcassin sur le tronc, mouvements dont on augmente du reste ramj>litude en projetant en avant de toute leur longueur les membres abdominaux; leur répétition fréquente cimène un développement très reinar((nable des muscles de l’abdomen, ainsi (|u’on peut l’observer chez tous les gymnastes (pu s(’ sont s()éciaiis('s pour les e.xercices de la barre lixe où les mouvements de balancement doivent constamment intervenir. L’escarpolette peut devenir un exercice abdominal

L’APPLICATION DU TTIAITLMLNT.

Irès oriicaoe si la personne (pii se halanee (.lonnc le mouveinenl elle-niènie sans le secours d’aucun aide.

11 est lin grand nombre d’exercices qui peuvent (!dre utilisés chez les dyspeptiques au double point de vue de leurs elléls généraux et de leurs effets locaux. Un grand nombre de travaux professionnels sont de ce nombre. Le forgeron, le faucheur, le terrassier, le casseur de pierres, outre qu'ils font une dose de travail musculaire suflisanle pour activer les combustions vitales, produisent plus spécialement ce travail avec leurs muscles abdominaux. Parmi les travaux domestiques, l’acte de « scier du bois » est le plus efficace et le plus cà la portée de tous les sujets dont on veut exercer les muscles abdominaux. Cet exercice, en effet, qui produit une assez grande dépense de travail musculaire, exige de plus des mouvements combinés de fle.xion et de, rotation du tronc.

Beaucoup de jeux et d’exercices de sport exigent, en même temps qu’un exercice des bras et des jambes, un très notable effort des muscles droits et obliques de l’abdomen. C’est le ventre qui travaille chez le rameur, quand il se penche en avant pour ramener en arrière la pelle de ses avirons, et plus encore chez le 'pafjmjeur, car pour ramer avec la « pagaie », il faut attaquer l’eau d avant en aiiièie, c'est-à-dire faire l’elVort principal par un mouvement de llcxion qui met en jeu les muscles droits et demande aussi l'effort énergique des muscles obliques, étant donné ((ue l’effort se fait alternativement à droite et a gauche de 1 embarcation et nécessite des mouvements de rotation et d intlexion latérale du tronc. Le travail des muscles abdominaux est encore très considérable dans 1 acte de ramci en avanl^ c'est-à-dire en faisant lace al avant du bateau, coinnu. le font les bateliers des lacs de la Suisse allemande, et surtout les gondoliers de Venise.

LliS MALADIES DE L APPAIIEIL DIGESTIF

Les jeux de paume, le jeu de lawu-teuis el tous ceux en général dans lescpicls on lance des projectiles, mettent en travail les muscles abdominaux. Le coup de raquette, quand il est direct et donné de face, tire son énergie d’un effort de flexion du tronc qui accompagne le mouvement du bras ;

Fig. 3(5- Travail des muscles de l’abdomen chez le joueur de paume.

quand il est donné de côté, c’est un mouvement de rotation du buste qui l’appuie (fig. ;î6).

La synergie des muscles abdominaux intervient encore très activement dans les mouvements de boxe. Pour donner un coup de poing du bras droit, le bo.xeur exécute un mouvement préparatoire de rotation du tronc vers la droite pour poitei le coude aussi en arrii're que possible, et au moment de la détente, en même temps que le bras s’allonge pour frajipci , le tionc pivote violemment de droite à gauebe pour

L’AIM'LICATIUN DU TDAI l'EMUNT.

porter 1 épaule dans la direclion du but visé, lilu mémo temjjs que ce mouvement de pivot, il s’en produit un aidre de lle-xiou du Ironc, le corps passant brusquement de rcxten.sion forcée en arrière, qui est la position de défense, a la i)rojection ou llexion en avant qui est le mouvement d’attaque. Les muscles droits et obliques prennent ainsi une grande part au mouvement de totalité du tronc qui<( appuie» le mouvement du bras, et le coup de poing, au total, se donne surtout avec le ventre.

Nous terminerons en indiquant un appareil spécial qui permet d’obtenir méttiodiquement les ell'ets généraux de l'exercice, en exerçant plus spécialement les muscles de l’abdomen, c’est l’appareil appelé erejostat., représenté ligure ^(i. L'exercice qu’il permet de prendre est imité d'une foule de travaux professionnels, de ceux, par exemple, qui consistent à manceuvrer le treuil. Ici l’ellort musculaire est supporté par les reins quand on travaille à relever la manivelle, et par le ventre quand on travaille à l’abaisser. L’appareil est assez pratique en ce qu'il permet de graduer l’effort à volonté. La rotalion do la manivelle est enrayée par un frein circidaire dont on augmente ou diminue la pression à l’aide d’un poids qui en est le régulalenr et qu’on peut à volonté rapprocher ou éloigner de l’extrémité du levier sur lequel il agit (voir p. ;25Üj.

I.a liste des exercices abdominaux serait interminable si on voulait énumérer tous les actes naturels qui provo([uent l’entrée enjeu des muscles de la région. Nous en avons cité un assez grand nombre pour que le praticien n’ait (pie l'embarras du choix.

Nous insislerons, eu terminant, sur la nécessilé de conseiller aux dyspeiitiques de ne pas perdre riiabitudc des actes de la vie coui’antc (pii provoquent les mouvcmenls de llexion du tronc. 11 est fraïqumt d'observer comtnen ces

LKS MAl.ADIKS DK L’API'AKKIL DIGESTIF.

actes, si faciles à l’Iiommo du peuple accoutumé à uue vie laborieuse, et (|ue les eul'auts accomplissent si volontiers, semblent pénibles aux hommes de la classe aisée dès rpéils ont dépasse la trentaine. S’accroupir, llécbir le tronc pour ramasser un objet à terre, du simplement se courber pour rattacher ses chaussures , semblent des corvées pénibles à bon nombre de gens qui n’ont cependant encore ni infirmité, ni maladie. Le défaut d’accoulumance leur a rendu ces mouvements difliciles et, par conséquent, désagréables ; si bien qu’ils les évitent le plus possible, laissant de plus en plus les muscles abdominaux perdre leur énergie, et privant les organes digestifs de leurs indispensables auxiliaires

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