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AFFECTIONS DE L’APPAREIL LOCOMOTEUR

Indications de l’exercice dans les airections des muscles, des os et des articulations. — Application du traitement.

Indications de Texercice dans les affections des muscles, des os et des articulations.

L’appareil locomoteur est constitué par rensemble des organes mômes de l’exercice : les muscles, les os, les articulations. C’est pour ces organes que rutilité de l’exercice semble le plus évidente, et, dn reste, le moins contestée.

Dans les maladies on les troubles fonctionnels des 7niiscl(7s, les indications des mouvements actifs et passifs sont fréquentes et multiples. Nous les avons exposées en grande partie au chapitre des Indicatiom de l’exercice. 11 nous suffira de rappeler que l’exercice active la circulation sanguine du muscle, accroît sa nutrition et stimule son innervation. L’exercice sera donc indiqué toutes les fois qu il s’agira de rendre k un groupe musculaire son volume et son énergie. Cette indication se présente : après la guérison des alléctions articnlaii*es on osseuses (ini ont nécessité rem|)loi prolongé d’apiiareils contentifs, et, d’nne manière générale, à la suite de toutes les circonstances ([ui ont pu mettre le sujet dans l’immobilité forcée. Mais presque touionrs. eu pareil cas, l’indication d’exercer les muscles se confond avec code de mettre en jeu les articulations.

Quand l’atropbie et l’atonie d’uu groupe musculaire dépeiidentd’un défaut d’iunei’vatiou, comme dans les pai’alvsies et les i)arésies, l’exercice est indicpié quelle que soit la

AKKliCTIONS DE E AI>1»AUEIL LOCOMOTEEU.

cause des troubles de la molilité, mais ou comi)rend que les l■csuUals seront très dillereiits, suivant que rallection à combattre sera purement lonctioimclle ou bien qu’elle dépendra d'une lésion organique des nerfs ou des ceidres nerveux.

Si les centres nerveux ont été détruits, par exemple par une hémorrhagie cérébrale, on n’a guère chance de rappeler la motilité dans le muscle qui ne reçoit plus d’influx nerveux. Mais il faut savoir que la lésion centrale peuts’étro réparée, sans qu’il y ait apparence de motilité dans les muscles, le malade n’ayant pas toujours conscience du retour de la force, et ne faisant aucun effort pour l’utiliser. En pareil cas, l’exercice passif et le massage réveillent, pour ainsi dire, le sentiment de la puissance musculaire comme le ferait l’électrisation, et on peut voir reparaître quelques faibles manifestations de mouvements volontaires qui permettent de faire intervenir des exercices actifs. En provoquant alors des mouvements actifs, aussi peu étendus soient-ils, on obtient un double elfet thérapeutique : l’efïort volontaire souvent répété augmente d’une part la force du muscle en activant sa nutrition, et excite d’autre part le centre nerveux qui commande \m muscle. En exerçant le muscle, on se trouve exercer aussi les cellules cérébrales qui président au mouvement, et on favorise leur réparation dans la mesure que permet la lésion. — Ainsi s’explique le retour ou raccroissement rapide de la force musculaire qu’on observe parfois-, sous l’inllucnce du massage et de la gymnastique suédoise, chez des sujets qui paraissaient définitivement voués à la paralysie par une lésion dûment constatée de la moelle c'pinii're ou du cerveau

Dans les alfections traumatiques des muscles, contusions, ruptuics et distensions, coups de louet, etc., le massage constitue un moyen vraiment héroïque do traitement dont personne aujourd’hui ne conteste l’eflicacité.

L AI'I'UC.VTION DU l'I'.AITKMUAT.

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Les exercices passifs sont encore soiivorains dans le li’ailemenl de lonles les all'ecLions inllaimnaloires dn ninscle, [)Oiirvn que rinllainnialion n’aiL pas nn caracLcre infeclieiix cl n'aille [»as jiisipi’à la myosite siq)pnrée. C'est surtout dans les myusitos i)ar refroidissement, dans les donleurs mnscülaircs rlmmatoides de toute sorte, lumbagos, torticolis, etc., que rcxercice musculaire rend les plus grands services. Ces alVections s'accomi)agncnt toujours d'un certain degré de raideur et de contracture permanente des éléments musculaires qui est très probablement la cause des douleurs, par compression et tiraillement des filets ner-

veux sensitifs, comme on l’observe dans les crampes. Le massage et surtout les mouvements passifs sont les agents thérapeutiques les plus eflicaces pour assouplir les muscles et produire leur « élongation « méthodique. Les mouvements actifs peuvent aussi intervenir, dans le traitement des douleurs musculaires; toutefois leur but u’est pas de provoquer des contractions dans les muscles malades, mais au contraire de produire leur élongation en taisant agir les groupes antagonistes.

Les fractures étaient regardées, il n’y a pas longtemps

encore, comme impossibles a guérir sans immobilisation. Des faits nombreu.x et bien observés ont prouvé que la^ contre-indication dn mouvement n’était pas absolue. Lue réaction rcmar([uable se fait aujourd hui parmi les chiiairgiens. On ne considère plus le mouvement comme nuisible 1 la réi)aration de l’os fractdré, mais seulement comme nuisible dans certain cas à la direction régulière de l’os api'ès guérison : en un mot, la mobilité des Iragments n est redoutée <|ue comme agent possible de dc[)lacement.

Chez les animaux sauvages, on trouve très Ircfjucmmuit

des fractures solidement réi)arées sans qu on [)nisse in\o-

(jucr rinnnobilisation comme cause, de la lormation dn cal. Un article de .M. Dollet, dans la licvuc scicuiilhjuc du

AFFECTKJ.NS DE L’AIMWF.EIL LUCOMOTEUU.

15 août I8‘J1, lait mention d’iine série de rractnres parlai- Icment consolidées dont on a constaté les traces sur des singes tués dans les contrées désertes de l'Afrique. Les vétérinaires ont cité des observations analogues. Un chien atteint de fracture guérit moins vite et avec beaucoup moins de chances de recouvrer le libre fonctionnement du membre fracturé si on lui applique des appareils contentifs que si ou le laisse en liberté, à la condition toutefois qu’on le mette hors d’état de faire des mouvements e.vtrcmcment violents comme de courir ou de sauter un obstacle élevé.

La contre-indication du mouvement dans les fractures se réduit a une question de contention des fragments. Loin de retarder la formation du cal le mouvement modéré en hâte l’ossification. Les appareils qui permettent aux fragments osseux une certaine mobilité tendent de plus en plus ci prendre faveur auprès des chirurgiens, et cà remplacer les systèmes de contention trop sévère avec lesquels on a eu si souvent à regretter d’avoir dépassé le but en produisant, en même temps que la soudure des os, l’ankylose des articulations trop exactement immobilisées. Depuis plusieurs années déjà, on peut voir à l’hôpital Saint-Louis, dans le service du D-- Champiounère, toutes les fractures des extrémités soignées par le massage quotidien et maintenues par des appareils des plus sommaires.

C’est surtout dans les fractures de l’extrémité inférieure de I avant-bras, de l’extrémité inférieure de la jambe, de la rotule, du col de riinmérus, que se présente l’indication lormelle du massage et de la mobilisation, si on veut éviter les ankylosés et les raideurs persistantes de la jointure qui entraînent souvent la jierte des fonctions du membre. Dans les fractures du col du fémur, si on appliipie le massage, en laissant le malade libre de lairc les monvements que lui permet la hision, on obtient des résultats suiiérienrs au point de vue de la conservation des fonctions du membre.

i;ai>i‘lication du tuaitement.

à ceux que donne l'immobilisation par les a[)pai*eils conleiiUrs tels que la gouttière de bonnet, sans exposer les sujets, ([Lii sont presque toujours des vieillards, aux graves dangers de Timmobilité Ibrcée.

En général, dans les affections ariimlciire^, le mouvement exaspère les douleurs et l’immobilité est une cause de soulagement considérable. L’on sait quelle sédation rapide résulte de l’application d’un appareil inamovible, dans les tumeurs blanches des grosses articulations. Dans les cas d'artbrite aiguë, l’obligation de supprimer tout mouvement est absolument stricte, si on veut rendre au malade un calme qu’aucune autre médication ne peut lui donner. Quand la maladie siège dans le poignet, le genou, etc., il suffit, pour répondre à l'indication, d’appliquer un appareil local, et le malade peut alors soit exécuter au lit des mouvements des articulations saines, soit même se lever. Mais si l’articulation malade est la hanche, il arrive presque toujours qu’on immobilise le tronc tout entier pour supprimer tout mouvement dans le bassin. On connaît les services que rendent dans ce cas les gouttières où tout le corps est comme emprisonné. 11 ne faut pas oublier, toutefois, que ces services sont souvent payés bien chers.

Beaucoup de praticiens se sont demandé si l’immobilisation absolue du eorps, meme dans la coxalgie, n’outrepassait pas l’indication rationnelle de la privation du mouvement. En ell'et, si l’immobilisation de tout le tronc tavorise la production de l’ankylose, et peut ainsi améliorer l’état local, l’immobilité absolue prolongée est pour l’état général du malade la i)lus redoutable des conditions. Si la co.xalgie est, comme il arrive le plus fréquemment, une alleclion luberculeuse de la hanche, et qu’on maintienne le malade un an et i)lus dans l’appareil, l’amoindidssement de la rcspiraliou cl l'insuffisaucede ludrition (pu en résultent lavorisenl la gc'iieralisation de la maladie et la pénétration du bacille dans le

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