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LES AFFECTIONS DES VOIES RESPIIIATOIUES

avec plus de violence, le poumon n’échappera pas à ce surcroît de circulation, à cette « congestion active » que produit l’exercice sur tous les points de l’organisme. Et l’on comprend le danger d’une pareille poussée sanguine, si elle s’exerçait sur un organe gravement malade.

En outre, si les exercices généraux associent le poumon au travail des muscles, ils y associent de même tous les autres organes et surtout le cœur. Et l’on comprend le danger d’augmenter le travail du cœur dans les cas où le myocarde est fatigué ou malade, quand un surcroît d’elforts provoquerait si aisément sa défaillance.

Il est donc nombre de cas où la contre-indication des exercices généraux est formelle. Mais le médecin ne sera pas désarmé pour cela : il lui restera l’emploi des exerciees locaux.

La gymnastique pulmonaire locale cherche les bénéfices de l’exercice en écartant ses effets violents, et sait activer la fonction sans fatiguer l’organe. Son principe n’est pas de faire naître un besoin de respirer plus intense chez des malades qui déjà ne peuvent pas satisfaire leur besoin normal de respiration. Il est faeile, à l’aide de certains mouvements loeaux, d’augmenter l’eflicacité de la respiration sans augmenter le besoin de respirer. Par exemple, on prescrit au malade de profondes inspirations, en même temps qu’ou lui ordonne d’élever les bras, et de les porter en arrière puis en bas, en leur faisant décrire un grand mouvement de circumduction qui produit le soulèvement de la poitrine, par l’action presque passive des muscles qui s’attachent aux côtes et à l’humérus. Ce mouvement « respiratoire » est très usité dans la gymnastique suédoise toutes les fois qu on veut produire un surcroît de respiration. Non seulement il n’augmente pas le besoin de respirer comme les exercices réputés capables d’activer la respiration, mais encore il est très efficace pour apaiser la « soif

L'APPLICATION DU TUAmîMKNT.

(l'ail* » excessive (iiii suit quelijuefois les exercices violents et pour Taire cesser ressoufllemenl. On voit souvent intervenir les exercices respiratoires dans la gymnastique ordinaire des Suédois, dans celle qu’ils appliquent à l’homme sain, car ils ont la préoccupation constante de faire cesser promptement les perturbations générales causées par l’exereice dans l’organisme. Ils veulent que ta respiration soit aussi tranquille quand l’homme quitte l’exercice que lors- (pi’il le commence.

Dans la gymnastique suédoise, ce mouvement fondamental d élevation et circumduction des bras subit une foule de variantes. 11 se combine presque toujours avec des attitudes admirablement conçues pour en seconder les eflets. Par exemple le malade, pendant toute la durée de l’inspiration se redresse, se grandit, et s’élève môme sur la pointe des pieds. Cette attitude aboutit à l’extension de la colonne vertébrale, dont les courbures tendent à se redresser. Or plus la tige vertébrale tend à prendre une attitude rectiligne, plus les cotes peuvent parcourir d’espace, dans leur course de bas on haut. L’attitude respiratoire va, dans certains cas, jusqu’au renversement du corps en arrière, et comme les Suédois savent toujours harmoniser les mouvements des mèmbres avec ceux du tronc, pour produire un effet déterminé, ils ont trouvé d’heureuses combinaisons qui donnent de l’exercice aux muscles de la face postérieure du tronc, et aux membres inférieurs et supérieurs, en môme temps qu ils provoquent des inspirations aussi profondes qu’il est possible.

Une attitude très propre à favoriser l’ampleur de l’inspiration est la fente, en arrière^ mouvement dans lequel le tronc se renverse dans l'extension forcée, les bras étant forte-

ment portés dans l’abduction horizontale, en môme temps qu’une des jambes se porte en arrière de manière a ollrir, en s’écartant de celle (]ui demeure li.xe, une large base de

LES AFFECTIONS DES VOIES llESPIRAÏOmES.

suslenlalion à LoiiL le corps. Peiidanl l’expiration le corps est reporte dans une attitude qui fait cesser l’action des forces inspiratrices, et qui favorise mécanûiuement la sortie de l’air de la poitrine. Par exempte, les bras s’abaissent, le tronc se courbe, les jambes se remettent sur la même ligne; quelquefois même les membres- inférieurs se fléchissent et le sujet passe de l’attitude grandie qui a favorisé l'inspiration, à l’attitude qui favorise l’expiration.

Les mouvements « de respiration » peuvent s’exécuter dans la position horizontale, le sujet étant couché sur une

Fig. 56. — .Mouvement de respiration dans la position horizontale (d’après une photographie prise au gymnase Soleirol).

banquette, ainsi que le représente la figure n° 50. Dans cet exercice qui est aussi employé par la gymnastique orthopédique, l’attitude couchée favorise l’ampliation de la poitrine, parce que le plan résistant sur lequel repose le dos tend à redresser les courbures de la colonne vertébrale, ce qui donne aux côtes une direction plus favorable pour atteindre leur maximum d’élévation.

Chez les sujets .très faibles ou très malades, on rend l’exercice respiratoire tout à fait passif, et c’est un aide qui fait subir aux membres supérieurs des déplacements méthodiques, tandis que le patient, reposant le tronc à demi fléchi sur la poitrine de l’aide, se borne à accommoder le rythme

Lagiunüe. — Méd. par l’exerc. on

L’APPLICATION DU TRAITEMENT

de sa respiration avec la mesure des mouvements (voir fig. 57).

La respiration volontaire avec mouvements actifs et passifs rend de grands services. La mobilisation par action directe en rend quelquefois plus encore ; à ce point de vue, des manœuvres manuelles- telles que les pressions et les tapotements des parois thoraciques et de la région dorsale

Fig. üT. — Mouvement de respiration passive.

sont des pratûiues qu’on ne saurait trop recommander. Les médecins suédois prescrivent toujours le massage des muscles respirateurs en môme temps que les mouvements de la gymnastitiue active et passive.

* Enfin, ([uoique les mouvements û!m>ipiration soient les plus importants au point de vue hygiénique et thérapeutique, et bien qu’ils soient aussi les plus faciles à provoquer activement, il faut se rappeler que, dans bien des cas, la

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gymnastique A' expiration doit jouer un rôle. 11 faut donc ajouter aux moyens que nous avons décrits des exercices capables de mettre en jeu les puissances expiratrices. Ces exercices sont, en général, passifs, comme l’expiration ellemême. Ils consistent dans des pressions exercées méthodiquement sur les arc costaux pour les abaisser le plus loin possible. Ils comprennent aussi certains mouvements destinés à solliciter la mise en jeu, et par conséquent l’exercice et l’augmentation de force des muscles expirateurs. Le mouvement le plus caractéristique que nous ayons vu mettre eu pratique a pour but de faire agir les expirateurs thoraciques, cà l’exclusion des expirateurs abdominaux pour lesquels les occasions d’entrer en jeu sont plus fréquentes. Pour cela, le malade est placé dans une position telle que les muscles droits de l’abdomen soient allongés et mis dans l'impossibilité d’agir. Par exemple, le sujet couché à plat ventre sur une banquette horizontale relève la tête et les épaules en contractant les muscles extenseurs de la colonne vertébrale. Dans celte attitude les muscles droits de l’abdomen sont allongés et mis dans l’impossibilité de se contracter pour abaisser les côtes. C’est alors que le sujet s’efforce (S^expirer l’air contenu dans la poitrine, et, pour arrivera ce résultat, il doit faire appel à toutes les forces musculaires expiratrices, surtout aux intercostaux, dont il importe le plus de réveiller l’atonie.

L imagination des médecins gymnastes, en Suède, s’est donné carrière pour trouver des mouvements capables de 1 établir dans leur ampleur normale les mouvements respiratoires entravés par divers résultats des maladies de l’apj>ared pulmonaire et de ses annexes. Un des plus singuliers parmi ces mouvements, est celui qui est appliqué au traitement de l’emphysème pulmonaire.

Une des causes d'aggravation de l'asthme dû à l'emphysème pulmonaire est l'anliylose des articulations des côtes. On

L'APPLICATION DU 'iUAlTLMENT.

sait que chez les emphyscinaleux la dilTiciillé de la respiration vient surtout de l’entrave apportée à l’expiration par le gonflement des vésicules pulmonaires qui ne peuvent plus se désemplir complètement pendant l’expiration. La paroi du thorax qui suit toutes les variations de volume de son contenu ne peut s’abaisser jusqu’cà l’état d’expiration parfaite, et les cotes qui forment cette paroi n’exécutent plus une course aussi étendue qu’à l’état normal. Quand cet état de choses s’est prolongé, il en résulte une demi-ankylose de la côte par diminution de son mouvement. La surface articulaire diminue d’étendue, et les ligaments perdent leur souplesse, si bien que la paroi du thorax tend à s’immobiliser. Les côtes ont pris définitivement une attitude relevée, d’où résulte un obstacle inévitable à la guérison de la lésion pulmonaire. L’ankylose des côtes est à la fois un résultat de l’emphysème et une des causes principales de la persistance de cette affection. C’est encore un cercle vicieux, comme on en observe tant dans la physiologie pathologique.

La gymnastique suédoise obtient de beaux succès dans le traitement de l’emphysème chronique, et un de ses moyens d’action les plus efficaces consiste dans des mouvements passifs ayant pour but de mobiliser les côtes. On emploie, à cet effet, des pressions directes sur les côtes, des manipulations diverses sur les muscles qui les meuvent, mais surtout un mouvement qui paraît fort étrange à l’observateur qui le voit pour la première fois. Ce mouvement s appelle en suédois « scrufvridning » ce qui veut dire à peu près mouvement « de la vis ». Le patient est assis à califourchon sur une banquette où on immobilise ses jambes, puis deux aides le saisissant parles deux épaules impriment à tout le tronc des mouvements de rotation sur son axe, alternativement et assez vivement, de droite à gauche puis de gauche à droite. Ces mouvements sont répétés un certain nombie de fois de suite, et l’ébranlement qu’ils occasionnent dans

LKS AFFECTIONS DES VOIES liESPIIiATOinES.

‘iW

les diverses pièces osseuses qui composciU le Liiorax a pour

but. do les faire jouer les unes sur les autres et do mobilisoi-,

dans ces secousses d’ensemble, les articulations vertébro-

costalcs, sur chacune desquelles il serait difficile d’amr isolément.

Oulre les mouvcmenls mélliodif|ues exéculés par le siiicl, et ceux que laide gymnaste peut lui faire subir, la gymnasi tique respiraloire a encore la ressource des macliines. C'est surtout en Suède et en Allemagne qu'on emploie des engins mécaniques divers pour provoquer des mouvemenis de respiration actifs et passifs. Nous avons donné ailleurs une idee generale des macliines de Zander et de Nycander II est certains modèles de ces machines qui ont pour destination de faire travailler les muscles respirateurs pour en augmenter l'énergie. 11 en est d'autres qui font li,. au sujet des mouvements passifs de soulèvement des côtes et provoquent ainsi de profondes inspirations. D’autres enliii

pour but de rendre l'expiration plus complète, en comriman es côtes au moyen d'un jeu de courroies’, au moluent ou le poumon sc vide en rejetant l’air au dehors. Ces ernieres maciiincs, qu’on peut appeler appareils à expiration

d ein diyseme pulmonaire, dont l’expiration est toujours laborieuse et incomplète.

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