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LES « GRAPHIQUES » DE LA FATIGUE ET DE L’ENTRAINEMENT

Courbes des variations de l’énergie musculaire. — Courbes des variations

du chimisme urinaire.

Courbes des variations de l’énergie musculaire.

La représentation graphique dTm fait est beaucoup plus frappante et plus suggestive que l’exposé détaillé du fait luimême, car c’est un mode de démonstration qui permet de résumer à l’œil, à l’aide d’un simple trait, de forme courbe ou brisée, toutes les variations d’un phénomène que la parole ou l’écriture ne pourraient exprimer, le plus souvent, sans occuper longtemps l’esprit et fatiguer l’attention.

En principe, un « graphique » est, à proprement parler, la reproduction automatique, et en quelque sorte autograpJnee du fait observé. Tels sont les graphiques obtenus à 1 aide des appareils enregistreurs comme le sphrjgmographe,

le pneumographe, et de tous les ingénieux appareils inventés par Marey.

On a imité conventionnellement les graphiques automatiques tracés par les appareils enregisteurs, cà l’aide d’une manière de procéder suggérée par ces appareils mêmes. Dans l’appareil enregistreur, les variations d’un phénomène s’inscrivent et deviennent frappantes à l’œil, par lesinllcxions ' que subit une ligne primitivement droite et qui se transforme ^ en ligne courbe ou brisée, suivant les déplacements combinés d un levier inscripteur et de la feuille sur laquelle le tracé s inscrit. Pour les phénomènes qui ne sont pas d’ordre mécanique, te tracé ne peut, naturellement, être qu’une ligne

fîclive et conventionnelle, mais le principe du graphique mécanique a été utilisé, en ce sens qu’on convient de représenter les variations du fait observé quel qu’il soit, par un trait qui s’élève ou s’abaisse, selon qu’augmente ou diminue l’importance du fait, au moment où l’on observe une variation d’intensité, de fréquence, de nombre, etc. C’est sur ce principe qu’on a construit des courbes de température, de météorologie, de statistique, etc.

Enfin, on ne s’est pas borné k utiliser ces données pour comparer les variations d’un même phénomène dans la succession du temps : on s’en est servi pour représenter les variations de plusieurs phénomènes simultanés, comparés entre eux.

Ces diverses formes de notation graphique ont été utilisées, notamment, pour la représentation des phénomènes de la fatigue et de l’entrainement.

M. le professeur Waler, de Londres, a fait construire un dynamomètre inscripteur dans lequel chaque pression de la main se communique par l’intermédiaire d’un tambour de Marey à un levier terminé en pointe mousse. Ce levier s’élève verticalement, à chaque effort des muscles fléchisseurs des doigts, d’une hauteur proportionnée à l’intensité de l’effort, et inscrit sa course sur une feuille de papier noirci qui se déplace d’un mouvement uniforme dans le sens horizontal. Si on exerce une série de pressions successives sur le dynamomètre on obtient une courbe à indexions multiples, le levier s’élevant à chaque pression et s’abaissant dans l’intervalle de deux pressions successives. A l’aide de cet appareil qui permet d’évaluer exactement la force dépensée pour faire monter la pointe du levier à une hauteur donnée, il est facile de calculer la quantité de travail représentée par les successions des efforts en un temps donné. Si l’expérimentateur développe dans chaque pression de la main tout l'effort musculaire dont il est capable, il sera facile de

GHAPIIIQUES DE LA FATIGUE ET DE L’ENTIlAINEMEiVT. 97

voit*, par les variations de hauteur des brisures successives de la ligne, à quel moment sa force diminue, c’està-dire après quelle somme de travailla fatigue commence à se manifester.

Le professeur Mosso, dans son livre la Fatigue, décrit un procédé plus sûr que celui de Waler, pour obtenir une représentation gaphique de l’état de fatigue des muscles apres le travail. J1 a fait construire un appareil qu’il appelle ergographe et dont le but est de localiser strictement dans un groupe musculaire déterminé le tra- A'^ail exécuté par le sujet, sans qu’il puisse y avoir suppléance d’un muscle par un autre, au moment où la fatigue 1 atteint, comme cela peut se produire quand la main tout entière exerce des pressions répétées sur un dynamomètre.

L ergographe de Mosso se compose de trois parties :

1 une gouttière destinée à fixer l’avant-bras et la main;

2 d une plate-forme portant une poulie sur laquelle s’enroule une corde dont l’un des bouts porte un poids et dont l’autre s’attache à une sorte de bague où le doigt medium est introduit; 3^ enfin d’un curseur muni d’une feuille de papier fumé où un style associé aux mouvements de la corde vient enregistrer les déplacements plus ou moins étendus de celle-ci chaque fois que le poids est soulevé.

L’avant-bras étant fixé dans la gouttière et le médius introduit dans la bague, chaque flexion du doigt exerce une traction sur la corde et soulève le poids plus ou moins haut, suivant le plus ou moins d’énergie de la contraction des muscles. Le style, qui est associé au mouvement de la corde, se déplace en même temps qu’elle et inscrit, à chaque flexion, sur la feuille du curseur, une ligne d’autant plus grande que le poids a ete soulevé plus haut. Chaque trait tracé par le stvlc

LiAGHAiNtib* — iMcj, pm* 1 cxcrc»

donne ainsi la valeur du travail effectué à chaque flexion du médius.

Les choses étant ainsi disposées, le sujet mis en expérience doit exécuter une série de mouvements de flexion régulièrement espacés, en suivant le commandement d’un métronome qui bat la seconde. Et l’on s observe alors que le style enregistreur trace des lignes dont la hauteur décroît au moment oîi la fatigue commence à se faire sentir et s’abaisse d’autant plus que

Fig. 1. — Tracé de la fatigue du professeur Aducco.

l’épuisement s’accentue davantage. Puis, vient un moment oîi le doigt ne pouvant plus soulever le poids, le style ne bouge plus et le tracé s’interrompt.

L’ensemble des lignes verticales qui composent le graphique, montre ainsi l’épuisement progressif du muscle et la, marche de la fatigue, qui est très variable suivant le tempérament du sujet et suivant les conditions qui ont précédé ou accompagné son travail. Chaque graphique peut affecter ainsi une physionomie particulière, d’où le physiologiste, le médecin, le psychologue même, peuvent déduire d’intéressantes conclusions.

Les dessins reproduits ci-dessous (fig. t2 à 5), et qui sont empruntés à l’ouvrage du professeur Mosso ('),

' Mwsso. Lrt Fulif/ue pln/sif/tie el inteltecluelle, traduclion de 1 anglais, l’ui is, Félix' Alcan, édit.,

GKAPIHQUES DE LA FATIGUE ET DE L’ENTRAINEMENT. 99 montrent bien les diflerences que peut affecter la marche de la fatigue suivant les cas et les sujets. Tantôt 1 épuisement du muscle est régulier et progressif, tantôt il est brusque, tantôt il est prompt, tantôt tardif, etc.

Ces graphiques constituent ainsi des documents qui, dans certains cas, présentent le plus haut intérêt et qui seraient perdus pour l’observateur, si l’appareil enregis-

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