UNE ACTION DIRECTE SUR LE FONCTIONNEMENT DU CŒUR
Si l'accord ne tarda pas à se faire sur ce point, il y eui toutefois de nombreuses divergences d'opinion au sujet du mode d’aciion de la quinine, et plusieurs théo-
ries furent successivement soutenues.
1° Théorie de l'excitation du vague.
Après que les frères Weber, en 1844, eurent découvert les effets produits sur lé cœur par l'excitation du vague, on put penser un moment que l’action ralentissante de la quinine sur le rythme de cet organe était due précisément à l’excitation de ce nerf par l’alcaloïde. Panteleiew soutint cette théorie : d’après lui, la quinine augmenterait l’excitabilité du vague et il y aurait un véritable antagonisme entre cet alcaloïde et l’atropine.
Mais bientôt des expériences très nombreuses et des plus démonstratives, vinrent prouver que l'excitation du tronc du vague n’est pour rien dans les effets dépresseurs de la quinine. En effet, le ralentissement du rythme cardiaque produit chez l'animal par une injection de quinine, persiste après section bilatérale des vagues, de même qu'après la section des sympathiques et même de la moelle cervicale (Lewitski, Schlockow, Eulenburg).
D'autre part, l'effet dépresseur de l’alcaloïde sur le cœur n’est pas davantage la conséquence d’une excita. tion des terminaisons intracardiaques du nerf: Santesson a montré en effet, au cours de ses expériences sur le cœur isolé de la grenouille, que, si l’on fait passer successivement au niveau de ce dernier une solution d’atropine à 1 p. 60.000, puis la solution de quinine, on observe les mêmes effets qu'avec la quinine seule.
Il fut donc bien établi par ces différentes expériences que l’action dépressive de la quinine sur le cœur est