‹ La Médication quinique et quinidique du CœurChapitre 14 sur 106 · III. — EXPÉRIENCES PERSONNELLES · texte numérisé non relu

III. — EXPÉRIENCES PERSONNELLES

Nous avons fait pour notre part avec la quinine quelques expériences. Nous nous sommes proposé de préciser un point particulier : l'influence de l’alcaloïde sur l’excitabilité faradique de l'appareil accélérateur.

Nous avons utilisé dans ce but la méthode d’excitation du ganglion stellaire du sympathique par voie antérieure, qui nous a été aimablement enseignée par M. le D' Quinquaud, préparateur du laboratoire de M. le pro-

fesseur Gley au Collège de France.

D'autre part, nousavons voulu comparer l’action cardiaque de la quinine avec celle de la quinidine. Ceci nous à amené à rechercher la dose minima de quinine nécessaire pour neutraliser l’action de la nicotine sur le cœur du chien, cette action neutralisante sur l’arythmie nicotinique nous servant, en quelque sorte, de réactif pour préciser le seuil d'efficacité physiologique de l’un et l’autre des deux alcaloïdes.

Voici donc la description détaillée de ces expériences dont nous utiliserons les données dans”la 3° partie de cette étude expérimentale (voir p. 237) où nous comparerons l’action cardiovasculaire de la quinine et celle

de la quinidine.

Expérience XX VII. — 3 avril 1922.— Chien 7 kilogr., chloralosé. Ouverture du thorax et prise de tracés auriculaires et ventriculaires. Découverte du ganglion stellaire gauche suivant la méthode indiquée plus haut. Découverte du vague droit.

16 h. 3. — Tracé initial. UE

16 h. 9. — Recherche du seuil de l'excitation du sympathique : 10 au chariot de Gaiffe.

16 h. 12. — Recherche du seuil de l'excitation du vague : 7 au chariot de Gaifte.

16 h. 26. — Injection de nicotine : 7/10 de milligr. c’est-à-dire 7 centimètres cubes de la solution à 1 p. 10.000.

16 h. 27. — Arrêt du cœur, puis fibrillation auriculaire.

16 h. 29. — Accélération.

16 h. 33. — Rétablissement du rythme normal.

16 h. 40. — Étude de l’excitabilité du sympathique après la

nicotine : le seuil de l’excitation reste à 10. Les effets produits

Ro sont un peu moins accentués qu'avant l'injection de nicotine:

16 h. 54. — Injection intraveineuse de 0 gr. 07 de chlorhydrate basique de quinine en solution à 1 p.110 dans l’eau additionnée de quelques gouttes d'acide sulfurique : un peu plus de 7centimètres cubes de cette solution soit un centigr.de chlorhydrate de quinine par kilogr. Léger effet tonique.

17 h. — Étude de l’excitabilité du sympathique. Reste la même qu'avant l'injection.

17 h. 3. — Étude de l'excitabilité du vague : à 7 au chariot de Gaiffe, reste la même qu'avant l'injection.

17 h. 16. — Injection intraveineuse de 0 gr. 07 de quinine, soit 7 centimètres cubes de la solution au 1/110 (7 centigr. par kilogr.). Dose totale de quinine injectée : 2 centigr. par kilogr. Effet tonique léger, avec accélération et augmentation de l'amplitude des contractions.

17 h. 17. — Injection intraveineuse de 7/10 de mgr. de nicotine. Pas de fibrillation auriculaire, ni d'accélération, mais persistance de l'augmentation de l’amplitude des contractions.

17 h. 31. — Nouvelle injection de 7/10 de mgr. de nicotine. Pas de fibrillation auriculaire. La deuxième phase de l’arythmie nicotinique est représentée seulement par une augmentation d'amplitude des contractions, sans accélération.

17 h. 50. — Injection de 0 gr. 07 de quinine (dose totale, 3 centigr. par kilogr.).

17 h. 58. — Recherche de l’excitabilité du sympathique à 10 : léger effet sur l’amplitude des contractions, mais pas d’accélération. Même en repoussant la bobine mobile jusqu’à 0 on n'obtient pas l’accélération. Donc diminution considérable de l’excitabilité du sympathique avec dissociation de son action.

18 h. 14. — Recherche de l’excitabilité du vague à 7, ralentis-

= 60 — sement, mais pas d'arhêt : à 5, arrêt de l'oreillette. Ralentissement au ventricule, sans arrêt. Même à 0 on ne peut obtenir l'arrêt de l'oreillette. Donc l’excitabilité du vague est nettement diminuée.

18 h. 16. — Nicotine : 7/10 de mgr. On observe un léger ralentissement mais sans fibrillation, et des phénomènes convulsifs. On n’observe aucune phase d’accélération, mais on voit persister l’augmentation de l’amplitude des contractions.

18 h. 22. — Rythme normal.

18 h. 24. — Injection intraveineuse de 7 centimètres cubes de chloroforme. Pas d'effet.

18 h. 26. — Nouvelle injection de 7 centimètres cubes de chloroforme. Ralentissement. À 18 h.32,le cœur bat encore faiblement, et l’on doit arrêter la respiration artificielle pour met-

tre fin à l’expérience.

Exrérence XX VIII, — 5-4-22. — Chien 7 kilogr., chlor#osé. Même technique que ci-dessus.

15 h. 58. — Excitation du sympathique à 10. Positive.

16 h. 4. — Excitation du vague à 8. Pas d’arrêt du cœur.

16 h. 6. — Excitation du vague à 7. Arrêt du cœur.

16 h. 17. — Injection de 0 gr. 07 de chlorhydrate de quinine (7 c. ce. 5 de solution à 1/110) soit { centigr. par kilogr. Effet tonique très actif.

16 h. 21. — Excitation du sympathique à 10. Effet positif (fig. 1).

16 h. 25. — Excitation du vague à 7. Effet positit (fig. 2).

16 h. 30. — /njection de 7/10 de milligr. de nicotine (7/10 de c. c. de solution à 1 °/o). Effet positif complet de la nicotine. Phénomène terminé à 16 h. 36 (fig. 3).

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16 h. 55. — Chlorhydrate de quinine 0 gr. 07 (7 c. c. 5 de solution à 1/110 acidulée) / centigr. par kilogr. Dose tolale de quinine injectée : 2 centigr. par kilogr. Très léger ralentissement.

16 h. 58. — Excitation du sympathique à 10. Inexcitable.

17h. 2. — Excitation du sympathique à 8. Inexcitable. Seuil de l’excitabilité à 4.

17h. 4. — Excitation du vague à 7. Effet positif comme au début de l'expérience. as

17 h. 8. — Injection de 7j10 de milligr. de nicotine (7/10 de c. c. de solution au millième). Effet positif complet.

17 h. 15. — Sympathique complètement inexcitable.

17 h. 17. — Excitation du vague à 7. Effet positif complet.

17 h. 35. — Injection intraveineuse de 0 gr. 21 de quinine (3 centigr. par kilogr.). Dose totale de quinine injectée : 5 cenligr. par kilogr.

17 h. 47. — Excitation du vague à 7. Ralentissement, mais pas d'arrêt, Celui-ci ne peut être obtenu, même à 0.

18 h. 39. — Excitation du sympathique: complètement inexcitable.

18 h. 40. — Injection intraveineuse de 7/10 de milligr. de nicotine. Suppression de la fibrillation auriculaire, mais ralentissement. Suppression de l'accélération, avec persistance de l'accroissement d'amplitude des contractions.

Expérience XXX. — 7 avril 1922. — Chien 8 kilogr., chloralosé. Découverte du vague et du ganglion étoilé gauche. Suspension du cœur et prise de tracés auriculaires et ventriculaires.

17 h. 45. — Tracé initial.

17h. 53. — Recherche du seuil de l'excitation du sympathique : 9.

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18 h. 01. — Recherche du seuil de l'excitation du vague : 6.

18 h. 04. — Injection intraveineuse de 0 gr. 16 de chlorhydrate de quinine (18 c. c. de la solution à 1/110, soit 2 cenligr. par kilogr. d’emblée).

18h. 16. — Etude de l’excitabilité du sympathique : à 9; mêmes effets qu'avant l'injection de quinine. (Fig. 4).

18 h. 23: — Etude de l’excitabilité du vague: très diminuée, à 6età5;on n'obtient qu’un léger ralentissement avec diminution de l’amplitude des contractions. Il est impossible d'obtenir l'arrêt du cœur, même en mettant la bobine à 0. (Fig. 5).

18 h. 31. — /njection intraveineuse de 8/10 de milligr. de nicotine : léger effet débutant à 18 h. 33. Ralentissement, maïs sans arrêt du cœur nt fibrillation auriculaire. (Fig. 6).

18h. 35. — On voit apparaître la phase d'accélération qui esl très nelle.

18 h. 40. — Retour du rythme normal.

18 h. 43. — /njection intraveineuse de 8 c.c. de chloroforme (1 c. c. par kilogr.) aucun effet sur le cœur du chien.

18 h. 48. — Injection de 12 c. c. de chloroforme (soit 1 c. c. 1/2 par kilogr.).

18 h. 51. — Ralentissement et diminution des contractions mais pas d’arrêt du cœur. Il faut supprimer la respiration artificielle pour arrêter l'expérience. |

Expérience XXXI. — 7 mai 1922. — Chien 7 kilogr. 300, chloralosé. Tracé auriculaire et ventriculaires sur le cœur à nu.

15 h. 55. — Tracé initial.

16 h. — Seuil de l’excitabilité du sympathique ; 7 au chariot de Gaiffe,

16 h. 5. — Seuil de l’excitabilité du vague : 9 au chariot de Gaiffe.

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16 h. 10. — Injection intraveineuse de 0 gr. 21 de chlorhydrale basique de quinine (21 c. c. de la solution à 1 p, 100, soit 3 cenligr. par kilogr.)

16 h, 12, — Excitabilité du sympathique : à 7, même effet qu'avant la quinine.

16 h. 15. — Excitabilité du vague : à 9, pas d'arrêt du cœur, Celui-ci ne peut être obtenu même à 0.

16 h. 23. — Quinine : O0 qr. 21 (dose totale : 6 centigr. par kilogr.).

16 h. 28. — Excitabilité du sympathique : à 7, persiste intacte. Excitabilité du vague : impossible d'obtenir l'arrêt du cœur, même à 0.

16 h. 30. — Nouvelle injection de quinine : 0 gr. 14 (dose totale : 8 centligr. par kilogr.). Ralentissement et affaiblissement des contractions. Le sympathique reste excitable à 7, tan-

dis que le vague est totalement inexcitable.

LA

elles sont les 4 expériences que nous avons été amené à réaliser avec la quinine. On trouvera l'interprétation des faits qu'il nous a été donné de recueillir au cours de celles-ci, d’une part dans le paragraphe consacré à l’analyse de l’action de la quinine sur le vague et le sympathique (p. 87 et suivantes), et d'autre part dans la partie de ce travail où nous comparerons les

effets cardiaques des deux alcaloïdes (p. 237).

Deschamps 5

S 2. — Analyse de l’action de la quinine sur la contraction cardiaque.

Cette étude, après un bref apercu physiologique sur les fonctions du myocarde, comprendra deux parties :

4° Action de la quinine sur les fonctions du myocarde ; ;

2 Action de la quinine sur les modificateurs nerveux extrinsèques du muscle cardiaque : système du vague et système du sympathique,

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