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CONCEPTION ACTUELLE TOUCHANT L'ACTION VASCULAIRE DE LA QUININE

MM. Clerc et Pezzi ont repris tout récemment l’étude de l’action vasculaire et sont arrivés sur certains points à des précisions intéressantes. Dans l’ensemble, ils ont confirmé les conclusions de Stiénon, mais avec certaines modifications sur lesquelles nous allons insister.

Nous envisagerons ici encore, l’action vase-motrice

de la quinine, puis ses effets sur la pression artérielle,

S 1. — Action vaso-motrice de la quinine.

MM. Clerc et Pezzi, ont repris dans leurs travaux, la question de l’action vaso-motrice de la quinine. Ils ont constaté, par la méthode plethysmographique en évaluant le volume du rein avant et après l'injection, de quinine, qu'il se produit dès l'injection de quinine une pasoconstriction périphérique. Ainsi l'injection de 3 c. ce. 1/2 de solution de quinine à 1/10 chez un chien de 7 kilogrammes (soit 2 centigr. par kilogr.) provoque une vasoconstrichion rénale qui marche de pair avec la diminution caractéristique de la pression artérielle enregistrée

au kymographe. Elle est d’origine périphérique, car elle

persiste après une section complète du bulbe, mais surtout, fait très important, elle s'accompagne toujours d’une diminution de la pression sanguine. On voit donc que les recherches de MM. Clerc et Pezzi ont confirmé l’action vaso-constrictive de la quinine, mais ont montré en même temps que cette dernière n’influence nullement la pression artérielle, de sorte qu'il est permis de penser qu'elle est peu marquée, beaucoup moins marquée en tout état de cause, que l’action de l’alcaloïde sur le myocarde. Quant à la vaso-dilatation quinique, elle n’a pas été reirouvée par ces auteurs. Nous avons vu par ailleurs que l’action sédative de la quinine sur l'excitabilité du sympathique est uné action réelle, sans doute, mais peu marquée, toujours partielle, et ne paraissant atteindre en tout cas, que les terminaisons intracardiaques de l'appareil accélérateur; il semble peu probable que cette action soit assez marquée pour arriver à diminuer le tonus des vaisseaux et à provoquer l'hy-

potension.

$S 2. — Effets de la quinine sur la pression artérielle.

MM. Clerc et Pezzi ont cherché également à préciser les effets de la quinine sur la ptession artérielle.

His ont observé les faits suivants : à la dose de 0 gr. 02 par kilogramme d'animal, il se produit une chute immédiate, brutale de la pression artérielle. Puis au bout de quelques instants, la pression se relève lentement, mais sans jamais atteindre le niveau primitif. Si l’on

augmente la dose, la préssion tombe bientôt à 0 dès la

lin de l'injection en même temps que le cœur s’arrète en diastole.

Si maintenant nous faisons la synthèse, d'une part des recherches anciennes et en particulier de celles de Stiénon, d'autre part des recherches de MM. Clerc ét. Pezzi, voici comment, croyons-nous, il faut considérer l'action de la quinine sur la pression artérielle.

1° L'hypotension produite par la quinine est une hypotension d'origine purement cardiaque due à l'effet dépresseur de l’alcaloïde sur le myocarde et à la dimi-

nution de la force d’impulsion systolique qui én résulte.

2 Quelle est au juste l'importance de l'action vasomotrice de la quinine ? ;

Elle est minime et se résout, en définitive, à bien peu de chose. La quinine envisagée au point de vue de son action sur l’appareil circulatoire, est essentiellement un dépresseur et même, dans certaines conditions, un paralysant, Le seul effet vaso-moteur certain qu'elle produise est une vaso-constriction périphérique. IT s’agit là, selon toute vraisemblance, d’une action purement locale et qui se fait sentir directement sur les parois vasculaires ; elle se produit dès la première injection, mais sans parvenir à s'opposer à la chute de tension qui suit immédiatement celle-ci. C’est donc la diminution de l'énergie systolique du myocarde qui joue le rôle essentiel dans cette chute de tension. Tout au plus la vasoconstriction périphérique intervient-elle pour produire

la réascension secondaire de la courbe ; celle-ci d’ail-

leurs reste toujours fort incomplète et n’atteint jamais le niveau primitif.

Quant à l’action vaso-dilatatrice de la quinine, existet-elle en réalité ? Le fait n’est rien moins que certain. Elle ne pourrait être due qu'à une influence paralysante de la quinine sur le sympathique ; or, nous avons vu précédemment que la quinine agit fort peu sur le sympathique, et n’agit, en tout cas, que sur ses terminaisons intracardiaques ; il est donc fort peu probable que son action paralysante sur celui-ci soit suffisante pour parvenir à provoquer une vaso-dilatation passive. Cet effet n'a pas été retrouvé par MM. Clerc et Pezzi; en tout cas il ne ferait que s’ajouter à l'effet dépresseur de l’alcaloïde sur le myocarde pour accentuer l’hypotension. Celle-ci reste essentiellement, en définitive, une hypo-

tension d’origine cardiaque.

IT

QUINIDINE

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