RAS
90 Action de la quinidine sur les terminaisons
intracardiaques du sympathique.
Pour la démontrer, il est nécessaire de rechercher quelle est l'influence de la quinidine sur les tachycardies qui caractérisent, d'une part la deuxième phase de l'action de la nicotine, d'autre part celle du chlorure de strontium sur le cœur du chien : nous savons en effet que l’une et l’autre sont dues à l'excitation du sympathique intracardiaque (voir plus haut, p. 146 et 152). Or, dans les expériences que nous avons réalisées avec la nicotine (IV, VII et XXV), alors que disparaissaient l'arrêt du cœur et la fibrillation auriculaire dues à l’excitation du vague, nous avons toujours vu persister intacte la phase de tachycardie. De mème, dans les expériences réalisées avec l’ouabaïne, la quinidine n’a jamais pu supprimer l'accélération du rythme qui s'ob- Serve à une certaine phase de l’action de ce glucoside, et qui est due, comme nous le savons, à une excitation du sympathique.
Par contre, la crise de tachycardie paroxystique due à l'excitation du sympathique par le chlorure de strontium ne s’est pas reproduite chez le chien quinidisé (Expér. VII et XIV). Ces deux dernières expériences tendent donc à démontrer l'existence d’une diminution de l'excitabilité du sympathique intracardiaque sous l'influence de la quinidine. Toutefois, si celle-ci,étant donné ce dernier fait, nous paraît réelle, il nous semble qu'elle
est moins marquée que l'effet analogue de la quinine.
En effet, alors que ous ne sommes jamais arrivés à supprimer par la quinidine, la tachycardie earactéristique de la deuxième phase de l’arythmie nicotinique, nous avons vu précédemment la quinine à la dose de 3 ou # centigrammes par kilogramme faire disparaitre complètement cette accélération du rythme, pour ne laisser persister que l’augmentation concomitante de
l'amplitude systolique.
3° Conclusion
Nous croyons donc pouvoir conclure de la facon suivante au sujet de l’action exercée par la quinidine sur l'appareil accélérateur :
a) On ne peut pas dire que le sympathique ne soit pas influencé par la quinidine, puisque d’une part, à dose suffisamment élevée de l’alcaloïde, on voit disparaître un des effets de son excitation faradique, l'accé: lération, et que d'autre part elle est capable de supprimer la crise de tachycardie due à l'injection intraveineuse du chlorure de strontium.
b) Mais cet effet est très peu marqué, il ne se produit qu'à de fortes doses, il est toujours incomplet et partiel. Il n'est en proportion ni avec l'effet paralysant exercé sur les inhibiteurs, ni avec l'effet direct de l’alcaloïde
sur le myocarde.