V. RÈGLES POUR TATER LE POULS
Le médecin qui va visiter un malade doit être sain de corps et d’esprit. Il doit faire ses visites de préférence le matin , lorsqu’il est à jeun.
Lorsqu’il est en présence du malade, il doit examiner si ce malade est du sexe masculin ou du sexe féminin; si c’est un enfant, s’il est grand ou petit, gros, gras, ou mince et fluet.
Il doit se rappeler exactement les endroits où se tàte le pouls, et particulièrement, les trois pouls de chaque bras, ainsi que les rapports entre les pouls et les différents organes.
Il doit connaître les pouls naturels des organes , et les changements apportés par les saisons , les années , les mois , sur les pouls naturels.
Il doit connaître les sept pouls externes, les huit pouls internes, les neuf pouls des grandes voies de communication, et enfin les vingt-six pouls dont le diagnostic est mortel.
Il doit se rappeler les affections et les symptômes indiqués par chaque pouls ; il doit également connaître les pronostics à tirer des pouls de chaque saison; il doit savoir quels indices on peut obtenir des sens , des sons , des humeurs , des saveurs et des odeurs.
11 doit connaître les rapports qui existent entre les organes et les trois parties du corps, partie supérieure, partie médiane, partie inférieure.
Il doit connaître le pouls superficiel de la peau et des chairs, le pouls moyen du sang et des nerfs, et enfin le pouls profond des os.
Il doit connaître la constitution des trois parties du corps indiquées par les trois endroits où l’on tàte le pouls; il doit savoir à quel point de chacune des trois parties se rapporte l’affection.
11 doit connaître les indices qui servent à établir et à appuyer la distinction des pouls.
Il doit examiner si les pouls sont au Isuen et non au tche, ou seulement au kouan , et connaître ce qui en résrulle.
Il doit savoir .exactement compter le temps, et se trouver dans
une disposition de corps et d’esprit qui lui permette de sentir sa respiration libre et réglée.
Il doit examiner si, dans une respiration (inspiration et expiration), le pouls du malade donne quatre ou cinq battements , ce qui est signe de santé, et quelles sont les maladies ou les dangers qui résultent de l’augmentation ou de la diminution du nombre de ces battements.
Il doit examiner si les pouls s’arrêtent et après quel nombre de battements. Il examinera chaque pouls pendant neuf respirations. Si quarante-cinq ou quarante-six battements sont continuels, sans interruption marquée, le pronostic est bon; dans le cas où un retard ou une interruption se produit , il doit connaître ce qu’indique cette interruption.
Il devra examiner, dans chaque endroit où se tàte le pouls, si ces quarante-cinq battements sont naturels et en rapport avec la saison, si quelque pouls étranger a fait irruption dans un endroit qui n’est pas le sien propre, et après combien de battements; il devra connaître la cause de cette irruption et la nature de l’affection qui en résulte; il devra reconnaître enfin quelle est la nature du pouls irrupteur, en quelle partie plus ou moins profonde il a été reconnu, et quel danger il présente. Il interrogera en dernier lieu le malade, lui posera des questions simples, nettes et précises sur lp nature de sa souffrance , ses appétits , ses dégoûts, etc., etc.; il connaîtra ainsi le siège et la nature de la maladie; il ne lui restera plus qu’à administrer des remèdes qui expulsent le mal et en préviennent le retour.
Le pouls manifeste ses battements en diverses parties du corps. Ainsi, à l’extrémité inférieure de l’occiput, à la limite des cheveux, se trouve un endroit appelé fong-fou (ville des vents) , où le pouls est sensible; près de ce premier point (qui n’est que le prolongement du deuxième point), au-dessous des oreilles, se trouve un autre endroit nommé feoü-pc (blancheur superficielle) ; le troisième endroit est situé au-dessous de la mamelle et porte le nom de ky-men (porte des esprits); le quatrième endroit, appelé ki-keou (bouche des esprits) , est situé à la partie inférieure et antérieure du bras droit; le cinquième endroit, jin-yn, est placé