IV. INFLUENCE DES ÉLÉMENTS SUR LE CORPS HUMAIN
Le corps de l’homme , sa santé , peuvent être altérés par cinq causes extérieures , qui sont l’eau, le bois, le feu, la terre et les métaux, et que nous nommerons éléments. Il existe entre ces éléments et les cinq membres principaux, reins, foie, cœur, poumon, estomac, un rapport, une sympathie qui ne doit jamais être troublée. Le cœur tient de la nature du feu ; outre sa couleur naturelle, qui est rouge, il est souvent en effervescence , surtout en été, où les maladies qui l’affectent sont les plus communes. Le foie participe de la nature du bois; les reins, la vessie et l’uretère sont dominés par l’air et l’eau; le poumon est soumis aux métaux , et l’estomac à la terre.
Suivant l’ordre de la création, le ciel produisit l’air et l’eau fertilisante ; les bois et les plantes poussèrent ensuite et donnèrent naissance au principe igné, et par suite au feu; du résidu de la combustion fut formée la terre , qui engendra les métaux 5 les métaux continuent à alimenter l’air et l’eau, l’eau alimente les bois et les plantes. Ainsi se perpétue l’œuvre de la création, dont les bases sont si parfaites et dont les parties s’harmonisent si bien , que nul ne peut prévoir la fin de cet ensemble admirable que l’on appelle, univers. 11 en est de même du corps humain et de son organisation, qui, créée sur le modèle de l’univers, concourt pour sa part, comme tout ce qui a vie, à maintenir l’équilibre général, sans pouvoir se soustraire aux lois qui régissent la nature. Les reins, source du principe aqueux, et la vessie, cette mère (comme disent les ouvrages chinois) , communiquent leurs qualités au foie, comme à un fils; le foie communique également avec le cœur, le cœur avec l’estomac, l’estomac avec le poumon, et le poumon avec les reins. Maintenant, comme l’eau peut éteindre le feu, que le feu peut dissoudre les métaux, que les métaux
peuvent détruire le bois, que le bois peut couvrir la terre, que la terre peut absorber l’eau, de même les qualités réfrigérantes des reins et de la vessie éteignent ou diminuent la chaleur du cœur; la chaleur du cœur a une influence analogue sur le poumon ; le poumon sur le tempérament subtil du foie, le foie sur l’estomac, l’estomac sur les reins et sur la vessie. En outre, comme le bois ne peut avoir d’action destructive sur les métaux , ni la terre sur le bois, ni l’eau sur la terre, ni le feu sur l’eau, ni le métal sur le feu , de même un élément ne peut détruire un de ses membres sympathiques.
Chacun des cinq membres recevant alors de son élément sympathique un degré plus ou moins grand de chaleur vitale ou d’humide radical, les douze sources de la vie et les différents canaux de transmission participent à toutes les influences des causes extérieures. Des accords et des oppositions de ces éléments avec les principaux organes naissent donc les altérations de la santé et les maladies. Il en résulte encore que les éléments étant soumis aux influences atmosphériques, les cinq membres se trouvent également soumis à ces mêmes influences. L’année lunaire des médecins est divisée en quatre saisons et vingt-quatre époques, et chaque époque en quinze jours. La première commence à notre mois de février. Chacune de ces saisons a une action dominante sur un des membres. Ainsi le printemps , dont l’empire sur le bois, les plantes et les vents est incontestable , domine sur le foie, qui tient de la nature du bois; l’été, temps de la chaleur, domine sur le cœur; l’automne agit sur le poumon ; l’hiver sur les reins , et la fin de chaque saison , les dixhuit derniers jours des quatre mois lunaires, troisième, sixième, neuvième et douzième, ont une grande influence sur l’estomac. Les différents effets produits par les éléments et par les saisons sur le corps sont déterminés principalement par les pouls , dont les percussions ou les battements , en même temps que la nature, servent à faire connaître l’état de santé ou de maladie, et toutes les dispositions du corps. Aussi, dit le texte chinois, pour reconnaître une maladie et juger si elle est mortelle ou non , on ne peut rien faire de mieux que d’examiner le pouls.