PRINCIPES GÉNÉRAUX SUR LA THÉORIE MÉDICALE DES CHINOIS
§ Ier. THÉORIE U U POULS.
Toute chose renferme deux principes naturels de vie appelés yang et yn (chaleur primordiale et humide radical), dont les esprits (l’air) et le sang sont les véhicules. Ces deux noms yang et yn ont servi à composer le nom de l’homme, qui se dit jin. Principes essentiels à l’existence, ils doivent être dans un équilibre constant, un accord, une union parfaite. De leur altération, de leur corruption, de leur désunion naissent les troubles et les affections morbides.
(1) Notre intention était d’abord de supprimer ce chapitre, qui ne fait que reproduire des notions déjà publiées par de savants auteurs, tels que Cleyer, du Halde, then Rhyne, etc., dont les écrits sont connus dans toute l’Europe. Mais nous avons pensé que, dans un ouvrage destiné à faire connaître tout le système médical d’un grand peuple , il ne convenait pas d’entrer en matière sans donner une idée de la théorie et des principes sur lesquels s’appuie ce système. En outre , comme nous avons pu , pendant notre séjour à Tien-tsin et à Péking , vérifier, avec l’aide des médecins les plus renommés du pays , l’exactitude des travaux dont nous avons parlé plus haut , nous avons eu soin , après cette vérification , d’élaguer ce qui ne nous a pas paru exact, en ajoutant des faits très-importants qui avaient été oubliés. Nous avons tiré la plupart des détails de ce premier chapitre des meilleurs ouvrages chinois , parmi lesquels nous citerons principalement le Tchin-kieou-ta-tching (traité sur l’acuponcture), par Tchang-kong-kin, célèbre médecin qui vivait sous l’empereur Kang-hi.
De même qu’il existe trois agents par excellence, ou trois puissances productrices, san-tsay , savoir : le ciel en haut, la terre en bas, et l’homme au milieu, participant de la nature du ciel et de la terre, de même le corps humain peut être divisé en trois parties ou régions. La première, nommée chany-tsiao , s’étend depuis la tète jusqu’à Torifice supérieur de l’estomac et comprend les poumons, la poitrine, le cœur, l’enveloppe du cœur, etc. La deuxième région, appelée tchong-tsiao (région médiane), désigne tout ce qui se trouve entre l’orifice de l’estomac et le milieu de l’abdomen, c’est-à-dire estomac, rate, foie, fiel, etc. La troisième région, hiatsiao (région inférieure), part du milieu du ventre et finit à la plante des pieds, comprenant reins, vessie, uretères, intestins, etc. Au-dessus la région des nuages, au milieu la région de la pluie, et au bas celle des lacs et des étangs.
La chaleur innée ( yang ), d’une nature dilatante, expansive, toujours en mouvement, raréfiante et apériante, tend sans cesse à gagner les régions supérieures, tandis que l’humide radical yn , d’une nature lourde, ennemie du mouvement, raréfiante, restrictive et opériante, cherche au contraire à descendre vers les régions basses.
Leurs sièges naturels sont, pour la chaleur innée : les intestins , le fiel , les uretères , l’estomac ; pour l’humide radical : le cœur, le foie, les reins, les poumons et la rate. On donne le nom de membres aux sièges naturels de l’humide radical, et celui d’entrailles ou intestins aux parties où réside la chaleur vitale. Des rapports mutuels existent entre les membres et les entrailles. Ainsi l’intestin grêle a un grand rapport avec le cœur, le fiel avec le foie , les uretères avec les reins , le gros intestin avec les poumons, l’estomac avec la rate, et la troisième région avec la porte de la vie ou le rein droit.
La chaleur vitale et l’humide radical passent dans les autres parties du corps par le moyen des esprits vitaux (air) et du sang, dont la circulation est soumise à des règles déterminées. La circulation, l’animation, commencent avec le jour et durent sans interruption pendant vingt-quatre heures , c’est-à-dire pendant l’espace d’un jour et d’une nuit. Le nombre normal de tours parcourus par