‹ La médicine, histoire et doctrinesChapitre 19 sur 109 · DANS LES POETES LATINS. H · texte numérisé non relu

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seule odeur fortifie ceux qui le préparent ! — Gaton l'affirme, Pline le croit, fui qui nie la vertu, l'honneur et la science des médecins, — et Plutarque trouve que c'est avec raison qu'on a élevé dans le temple de la Santé une statue au rigide censeur.

Ne passons pas sous silence un des triomphes de cette médecine domestique : si vous désirez Ijoire et manger à votre aise, préparez-vous par une tête de chou, et quand vous aurez hien bu et bien mangé, quelques feuilles du même légume vous rendront aptes à de nouveaux exploits. Sydenham voulait mettre toute la matière médicale dans la pomme de sa canne ; Gaton pouvait la porter dans un panier à salade.

Je voudrais croire , pour l'honneur des Romains et dans l'intérêt de leur santé, que le règne de cette médecine, où les règles de l'hygiène ne trouvent aucune place, n'a pas été de longue durée; mais Pline affirme que son empire a dépassé six cents ans, c'est-àdire jusqu'à la naissance de Gicéron, et que jamais le Sénat et le peuple ne se sont aussi bien portés. Gertes on ne saurait donner une preuve plus évidente de la force de résistance et en même temps de l'état à demi barbare d'une nation.

Je ne puis discuter avec Pline que de quelques années. Antérieurement à l'année S35 de Rome (219 av. J.-G.), je ne trouve nulle mention ni d'un médecin romain, ni d'un médecin grec ayant exercé régulièrement à Rome. Denys d'IIalicarnasse dit, il est vrai, à propos d'une peste qui ravagea Rome en 301, que les médecins ne suffisaient pas au nombre des malades; mais il y a peut-être dans cette mention plus

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de rliéloriqne que de vérilé. (^assius Hémina, « auteur des plus nnciens, ï> et dont le témoignage est par con- SLMjuent d'un grand poids, rapporte, au dire de Pline lui-même « que le premier médecin qui s'établit à Rome fui Arcliagathus du Péloponèse, fils de Lysanias, en l'an 535. On lui accorda le droit de cité, et on lui acheta des deniers publics une boutique dans le carrefour Acilien. Il fut appelé vulnerarius (médecin des plaies), à cause de sa spécialité. Sa venue fut d'abord merveUIemement ogréablo (ce qui prouve, pour le dire en passant, que les receltes de bonne femme elles paroles magiques ne répondaient pas à toutes les indications); mais ensuite sa cruauté à couper et à brûler lui fit donner le nom de bourreau {carnifex\ et dégoûta de la médecine aussi bien que des médecins. »

Je ne comprends pas très-bien cette accusation de barbarie portée contre Arcbagathus, et que je retrouve encore dans Martial à propos d'Alcon. Le fer et le feu, sont, il est vrai, plus douloureux que les incantations, mais ils sont beaucoup plus efficaces. ]N'ous connaissons très-bien les procédés de la chirurgie grecque; on peut leur reprocher d'être quelquefois imparfaits, jamais d'être cruels, à moins qu'il ne s'agisse de ces honteuses mutilations que le chirurgien requis ou de l)onne volonté pratiquait sans trop de scrupule; mais alors ce sont les moeurs et non les chirurgiens qu'il faut accuser d'être barbares.

En tout cas, la proscription ne peut avoir été ni aussi rigoureuse ni aussi radicale que Pline le veut bien dire, et cet exil dont les médecins auraient été frappés longtemps après Caton, au rapport du même auteur, me

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paraît fort problématique. Homo fui vaincue par la Grèce qu'elle venait de subjuguer; elle dut, malgré elle et malgré Galon, recevoir les sciences, les jeltres et les arls, « ces dons corrupteurs, »

Grsecia capta ferum viclorem cepit, et artes Intulit agresfi I-atio '.

Les nvklecins furent certainement des premiers à envahir et à occuper de vive force une ville riche, populeuse et déjà livrée au luxe, à la débauche, à tous ces vices enfin que P. Syrus a appelés \q?> nourriciers de la médecine.

Dès le temps de Sylla, c'est-à-dire avant l'époque fixée par Pline, nous voyons que la médecine greccpie a pris définitivement possession de Rome, si bien qu'on se vit obligé d'en régler l'exercice et de porter une loi sévère contre la négligence ou l'impéritie des médecins, dont plusieurs commençaient à déshonorer la profession et à compromettre gravement la vie des malades. A peu près à la même époque, Asclépiade pratiquait à Piome; il préféra le séjour de cette ville aux oiTres brillantes de Mithridale, se lia d'amitié avec l'orateur Grassus, devint le médecin, le familier de Cicéron, et tint si bien son serment passablement téméraire, qu'il ne fut jamais malade et qu'il mourut d'une chute dans un âge fort avancé. Nous savons encore par Suétone * et par Plutarqiie que Gésar avait un médecin (esclave ou de condition libre, peu im-

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