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par acquit de conscience ' , enfin, on s'avise d'un coup d'Etat, on prescrit l'émétique ! Les méchantes langues soutiennent que l'idée n'est pas de A'allot, mais d'un empirique venu d'Amiens pour guérir le roi ^. Yallqt était en effet un de ces médecins qui ne voulaient pas avoir guéri une personne avec d'autres remèdes que ceux, que la Faculté permet. Quoi qu"il en soit, le vin émétique fit merveille, et Yallot ne manque pas alors de s'en attribuer tout le mérite.
Pour une affection vermineusc , Yallot , « afin de ne rien négliger, » commence par saigner le roi, puis il le purge, et enfin il lui prescrit quelques remèdes contre les vers. D'Aquin semble entretenir à plaisir une fistule pendant un an plutôt que de laisser au premier chirurgien l'honneur de guérir le roi ; et cjuand le roi est guéri, d'Aquin ne trouve rien de mieux que de faire contre Félix de lâches insinuations, qu'il avait luimême, sans s'en apercevoir, démenties quelques pages plus haut (p. 177, 169 et 171). Fagon venge Félix un peu pour Félix lui-même et beaucoup contre dWquin, qu'il détestait et méprisait non sans raison ^ Yallot n'a pas la moindre idée des précautions qu'il faut prendre
1. Quinze fois saigné? — Oui. — Et il ne guérit point? — Non. — C'est signe que la maladie n'est point dans le sang ; nous le ferons purger autant de fois pour voir si elle n'est point dans les humeurs, et si rien ne nous réussit, nous l'enverrons aux bains, [if. de Pour ceaiignac.)
;'. Ce bonhomme, rapporte Voltaire, s'assevait sur le lit du roi el disait: « Voilà un garçon bien malade, mais il n'en mourra pas. »
3. Fagon marque en toute occasion (Voyez, par exemple, p. 205), et avec un peu de puérilité, sa mauvaise humeur contre d'Aquin. D'Aquin donnait du vin de Champagne au roi , Fagon lui prescrit le vin de Bourgogne (page 211 el 223 ^i ; d'Aquin attaque le cnfé ' page 204 '
quand on administre les eaux minérales actives. En l65o (p. 33 et suiv.;, pour réparer les forces du roi, il lui prescrit chaque jour, pendant plus d'un mois, huit verres des eaux ferrugineuses de Forges, et ne s'arrête qu'au moment où des accidents graves le forcent à traiter par plusieurs saignées et autres remèdes S. M. de la maladie que lui avait donnée cette belle cure. Sa justification, pour être prise sur un ton Irés- . élevé, n'en est pas moins fort embarrassée, et le bon apôtre Guy-Patin ' , qui cependant ne valait guère mieux que Yallot comme médecin, s'en moque tout à l'aise.
Yallot n'est pas seulement un mauvais médecin qui célèbre sans cesse son « expérience » ; c'est un courtisan maladroit qui délivre à son royal client le plus beau certificat de vertu et de «chasteté toute pure et sans exemple » juste au moment où la Beauvais venait de déniaiser S. M. et de la remettre entre les mains de la Mancini pour achever son ouvrage-^ et en 1662, ([uand Louis XIV est au plus fort de ses amours avec Mlle de- la Yallière et que commence la série des grands dîners, le premier médecin ne trouve pas d'autre ex-
Vagon ne manque pas de couvrir ce breuvage de 'sa prolecUon (page 233). Tristes épreuves pour la dignité médicale et le bien-CHre du malade que de telles querelles!