P. 300. Voyez aussi p
2. C'est à grand'peine aussi qu'en IG95 Fa^oii olttii'iit que sa majesté ne mange plus de pain salé fait avec du lait et de la levure de bière.
marcher ' ! » Aiilrf! menu non moins forlitianl au dire des courtisans, non moins épuisant au dire de Fagon : « beaucoup de viandes el de potages, variété de différentes choses qu'on y mêle, salades de concombres, de laitues, de petites herbes, lesquelles toutes ensemble sont assaisonnées de poivre et très-fort vinaigre en quantité, pt beaucoup de fromage par-dessus, le tout entassé presque sans pain et sans presque être mâché ^. » Si les repas du roi se distinguent par la quantité, ils ne brillent pas par l'élégance, et l'on ne pourra pas dire de Louis XIV comme on l'avait dit de Joyeuse, qu'il mangeait sa fortune avec magnificence. Il n'y a pas lieu de s'étonner, après cela, qu'à l'ouverture du corps de S. M. « son estomac surtout étonna, et les boyaux, par leur volume et leur étendue au double de l'ordinaire. » • (Saint-Simon).
Le roi s'e\pose au froid, au vent, à la neige avec autant d'indocilité qu'il s'expose aux indigestions : le Joutvtal de Fagon est rempli de plaintes à cet égard : à Marly, il se promène en galoches pendant quatre ou cinq heures par une pluie très-froide. « Le froid est grand et le temps chargé de neige hors de saison, dit ailleurs Fagon, et le roi s'y expose tous les jours, même le soir, avec peu de mouvements. » Une autre fois « il s'est morfondu à Trianon » ; il courtl^cerf pendant les jours de pluie et de vent glacial; il se tient longtemps dans deslieux enduits récemment déplâtre; «il va tirer, s'échauffe, no se couvre pas au plus tôt de son surtout quand il cesse d'agir, et il se sent morfondre
I, l'y^MîsX'fi?, ;]03, ;i()K, 380.
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avant que ([(\ s' être rentré dans son carrosse; il se laisse mouiller de la pluie qui coule par le dossier de son soufflel '. « Il n'y a pas une de ces imprudences qui ne soit suivie de quelque gros rhume, de quelque accès de fièvre, d'attaques de goutte ou de rhumatisme, et pas une de ces imprudences qui ne soit accompagnée d'excès de bouche, de sorte qu'on finit par ne plus savoir où saisir la vraie cause des maladitîs et des indispositions.
On sait que Louis XIY avait la manie de changer de perruque à chaque instant, d'en essayer plusieurs avant de se décider, et de ne prendre aucune précaution pendant cette grave occupation; Fagon s'en plaint fort souvent et note des rhumes ou d'autres inésaises à la suite de ces nombreux essais qui refroidissaient la tête; ce qui fait supposer à M. Le Roi que Louis XIV était rasé sous ses perruques; mais cette supposition devient une certitude, car à la page 338, Fagon écrit que le roi a été indisposé pour s'être fait raser la tête sans prendre ensuite aucune précaution, pour éviter de la morfondre, surtout en essayant ses perruques.
C'est au roi, à ses passions, à ses appétits, qu'il faut rapporter presque toujours les maladies dont il est assailli; cependant on sait par le /oi^nza/ lui-même, que le splendide palais de Versailles, que la séduisante retraite de Marlv*, n'offraient pas toujours le confortable qu'on s'attendrait à trouver en de telles demeures. Le grand roi est incommodé tantôt par la chaleur des feux
1 . Voyez les Mémoires particuliers de La Porte, qui se plaint du mauvais état des carrosses et de la garde-robe de son élève (p. 2Cl) et suiv., édit. de Genève).
ET SES MltDECINS. " 229
OU des lumières qu'on ne sait pas modérer, tantôt par le froid de sa chambre qui n'était pas suffisamment échauffée, tantôt parThumidité et la puanteur marécageuse de l'eau de toutes les fontaines qui jouaient et poussaient une eau croupie toute l'année. Une autre fois le roi est travaillé d'inquiétude une partie de la nuit par des punaises! Des corps de cheminée qui passent derrière lamelle de sonlit augmentent pendant quelques nuits les pesanteurs de tête ; les fenêtres de la chambre à coucher sont si bien calfeutrées, que le roi est suffoqué par la chaleur étouffante qu'un grand nombre de gens parfumés de poudre ou de tabac avaient laissée dans cette chambre.
Après cela il n'y a rien d'étonnant qu'en dépit de l'étiquette indiquée dans les États de France, le roi se soit amusé à couper ses ongles et ses cors *; même il arriva une fois que, malgré les observations de Fagon, Louis XIV s'était tellement fatigué à cette opération qu'il fut pris de langueurs, de sueurs froides et d'envie de vomir. C'est, comme on voit, toujours le môme système, faire sa volonté jusqu'à ce que maladie ou défaillance s'ensuive ; nous en avons rassemblé ici maintes preuves^ en voici une nouvelle : le roi était un peu incommodé par la pointe d'un chicot d'une dent d'en bas; il tourmenta si bien le chicot pour tâcher de le tirer (il coupait ses cors, il pouvait bien arracher ses chicots), qu'il mit l'inflammation à toute la mâchoire; il se forma une tumeur, et la douleur gagna la tête, le col, l'épaule gauche et le bras droit, avec un peu de