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LES PETITES VACANCES

La conversation confidentielle de Gervais avait dissipé la tristesse de Gorentine et ranimé toutes ses espérances

secrètes, car elle connaissait pour mille bonnes raisons l’opiniitre fermeté de son voisin. Lorsqu’elle rentra chez elle et y annonça que la permission de sortie pour les vacances de la Fête-Dieu était refusée, Renée et Tanguy trépignèrent, le père Morgan lui-même ne put retenir un gros juron, mais elle était rassérénée :

« M. Émilien n’aura aucun reproche à nous faire, pensait-elle. Marcelle et Pierre-Paul grandiront sans se perdre de vue : nous en serons innocents, et le père Gervais est un rusé compère. Laissons aller le reste à la garde de Dieu. »

Mais Marcelle , pour sa part, était inconsolable ; elle passa deux récréations k pleurer et faillit être mise en pénitence — elle si studieuse — pour avoir négligé sa tkche.

Pierre-Paul, le lendemain, en venant apporter le lait, remarqua combien elle élait triste; il était bien triste, lui aussi, et n’avait pu dormir de la nuit entière, car Tanguy et Renée étaient venus au Moire se plaindre amèrement de la méchante supérieure; Julien, Denise et Périne se plaignirent de même aussitôt. Pierre-Paul ne pleura point, mais peu s’en fallut. Plantiau poussa uu gémissement plaintif. Quant à la Bernarde qui grommelait dans son coin — personne ne sut au juste quel était son sentiment.

L’oncle Gervais secoua la tête et se dit à lui-même :

« Monsieur Émilien Durantais, vous aurez beau faire, vous ne gagnerez point la bataille.'... Nous sommes aussi malins qu’à Paris, monsieur Durantais!... Je m’entends, suffît!... »

Pierre-Paul était affligé. En trottant sur son cheval, chargé de la provision de laitage, il soupirait sans contrainte; il était seul au milieu des champs et s’abandonnait à son chagrin, si bien qu’il avait les yeux rougis de larmes, lorsqu’il arriva, bien exactement àl’heure, de l’autre côté de la grille. Marcelle, en l’apercevant, ne put se contenir; pour étoutfer ses sanglots, pour cacher ses

pleurs, elle prit son mouchoir. Plantiau aboya, se glissa dans la grille entr’ouverte' et courut vers elle. Pierre- Paul dissimulait fort mal sa vive émotion. Laure de Beauval, qui tremblait, chassa le chien d’un air irrité^ Plantiau, la queue et les oreilles basses, repassa la grille comme un grand coupable qu’il était. Suzanne pinça Marcelle :

« Prends donc garde !... calme-toi !... espérance !...

— Quelle espérance puis-je avoir? »

La maîtresse générale dit d’une voix sévère :

«t Silence ! mesdemoiselles ! On ne cause pas dans les rangs !... Et vous, mon ami, corrigez donc votre chien ! »

Pierre-Paul, terrifié, gronda Plantiau et prit la fuite.

Dès que sonna la récréation, Marcelle courut à Suzanne :

« Ce matin , tu m’as dit tout bas : Espérance !... Explique-toi, maintenant.

— Pour te calmer j’ai été indiscrète, Laure sera fâchée, tant pis ! Nous avons écrit à papa, à maman, à nos frères Eugène et Louis, à tout le lïtonde.

— Eh bien !

— Maman sollicitera la permission de t’emmener à Beauval avec nous, mais je ne devais pas te l’annoncer pour t’éviter de la peine si la supérieure refuse encore.

— Oh ! que vous êtes bonnes 1 mais madame de Beauval n’obtiendra pas ce qu’on n’a pas accordé à ma nourrice ?

— Je le crains bien et Laure aussi !... »

Ces demoiselles se trompaient. Toutes les difficultés s’aplanirent devant l’influence de la dame châtelaine, à qui la supérieure n’osa opposer la règle inflexible du couvent. Marcelle en raffola de joie. Laure et Suzanne étaient toutes fières de leur succès; Eugène et Louis firent mieux encore, ils demandèrent que Pierre-Paul vint partager leurs plaisirs.

On sait quelle reconnaissance Mme de Beauval avait vouée au sauveteur de sa fille cadette; on sait quelle

estime particulière le viçux gentilhomme professait pour lui. Pierre-Paul fut «loue convié avec empressement, et eut ainsi occasion de revêtir son beau costume de drap fin soigneusement réservé par la Bernarde pour les circonstances solennelles. La mère Gervais , Denise et Périne rivalisèrent de zèle pour la toilette du gentil pastoureau (jui s’en allait dîner au manoir avec les dames.

c Sans moi , disait l’nne, il aurait oublié ses boucles de soulier en argent fin.

— Sans moi, disait l’autre, il prendrait son chapeau de tous les jours.

— Voyez ! il en perd la tête I s’écriait la Gervaise en riant. Prends le temps de t’arranger au moins. »

Sa chemise à grand collet rabattu était d’ime blancheur éclatante. La Bernarde l’avait choisie et repassée avec un soin extrême, ce qui n’empêcha pas la bonne vieille de grogner et de carillonner, quand enfin Pierre-Paul fut entièrement équipé. A la vérité, l’oncle Gervais, voyant son gars si bien mis, l’avait complimenté tout haut avec trop de .complaisance :

a Tu embrasseras ta Marcelle pour moi, de ma part ! De ma part, entends-tu bien ? » lui dit-il en finissant.

Ceci valut au chaudron un terrible coup de béquille.

« Et de la mienne !... et de la mienne aussi !... criaient Denise, Périne et même Mariette.

— Marcelle !... sa Marcelle!... Mlle Émilien Durantais, murmurait la Bernarde, Il y a des moments où je suis quasi-tentée de me souvenir que ce Gervais-là n’a jamais su jouer à la toupie.... Oui, oui, je le dirais encore, si.... si. . . . Mais, dame !... le cher enfant mérite ben qu’on le gâte un peu.... »

Dans le langage de la vieille Bernarde, le cher enfant n’était autre que le gros Gervais, bien près déjà d’être grand-père. — Le carillon de la cheminée prit fin au moment où, léger comme le vent, le jeune gars du Moire traversa le pont Pierre-Paul; il étadt, comme de raison , suivi

par l’intelligent Plantiau, décong elé son magnifique collier fourbi H blanc par la Bernarde.

Quand la voiture de Mme de Beauval s’arrêta devant la Planlelle, Pierre-Paul attendait avec tous les Mor-

gan sur la porte de la ferme. Marcelle se précipita dans les bras de sa nourrice ; Renée, Tanguy et le père Morgan, l’embrassèrent ensuite. Vint le tour de Pierrç-Paul, qui commença par rougir bien fort, mais prit courage en disant :

a Marcelle, voici de la part de mon oncle Gervais.

— Merci à ton oncle, répondit la pensionnaire.

— Voiçi de la part de Denise et de Périne.

— Mais de la tienne ? dit Marcelle.

— Oh ! répondit Pierre-Paul, je t’embrasserais trop fort.

— C’est donc moi qui t’embrasserai, mon bon petit

ami! » ,

Laure et Suzanne éclatèrent de rire ; Mme de Beauval , causait avec le père et la mère Morgan. Quant à Plantiau, il montra bien un peu les dents à Mlle Laure, mais ce fut tout en remuant la queue.

oc Je vous sermonerai, monsieur le chien, soyez tranquille !... dit la jeune fille en lui montrant le doigt ; ah ! ^

vous osez passer la grille en contrebande!... Vous ne per- > drez rien pour attendre, maître Plantiau. »

Peu d’instants après, Pierre-Paul prit place sur le siège il coté du cocher, et la voiture roula vers le manoir où Eugène et Louis firent le plus joyeux accueil h leurs amis d’enfance. Au déjeuner, Marcelle et Pierre- Paul eurent les deux places d’honneur. Cependant, au Moire comme à la Plantelle, on se piqua d’émulation ; il fallut concéder aux Roverin ainsi qu’aux Morgan le droit de traiter une fois toute la joyeuse bande d’écoliers et d’écolières.

L’oncle Gervais se départit de son rigide système économique par une remarquable exception que la Bernarde approuva, chose plus remarquable encore.

« Marcelle ! mademoiselle Durantais !... ouais! . . . ouais !... ce n’est pas pour vous au moins que je me rt^jouis de la fête!... disait-elle en aidant à mettre une nappe qui n’avait pas servi depuis longues années. Pauvrè chère ptiotte bonne amie de Dieu!... Ben gentille, et toute mignonne, foi de Bernai-de! faut être juste envers tout le monde! — Plantiau, mon chien, nous la vengerons!... — Ma fine! ou traite notre jeune maître au manoir; il fallait dire merci

non, peut-être ben mais le mal est fait, le vin est tiré,

comme on dit, c’est le cas de tirer aussi le nôtre.... Allons, la nappe blanche, du rôti, de la galette!... »

Personne ne prenait garde à ce monologue perpétuel ; mais, à l’allure de la vieille servante, chacun s’apercevait aisément qu’elle était fière de la réception faite au manoir à Pierre-Paul, et plus fière encore de celle qu'on faisait au Moire à MM. Eugène et Louis, à ’MMlles Laure et Suzanne de Beauval. Le père Gervais, en cette occasion, offrit du vin vieux, du blanc et du rouge, lui qui se refusait du cidre, lui qui n’avait pas donné de repas de noces pour le mariage de sa fille Mariette.

Quant à Corentine, qui, le lendemain, ne fit pas moins grandement toutes choses, elle pensa bien aux recommandations sévères d’Émilien Durantais : mais qu’avaitelle à se reprocher? La faute, si faute il y avait, était à M. et Mme de Beauval et à la supérieure du couvent.

Pierre-Paul, raAÛ, passa donc les trois jours de vacances avec sa chère petite amie; seulement, dès le premier soir, le conseil des pensionnaires décida, sous la présidence de Laure, qu’il devrait, une fois au moins, aller porter son lait au couvent et à l’heure ordinaire, de crainte d’éveiller des soupçons fâcheux.

« J’irai deux fois, s’écria Pierre-Paul, ni plus ni moins que d’habitude, car vous savez, mesdemoiselles, que les jours de marché l’on ne me voit jamais! »

Au Moire, on s’étonna bien un peu de l’excès de zèle

du jeune laitier, que chacun se serait fait un plaisir de remplacer pour sa course matinale, mais on le laissa suivre sa fantaisie, puisqu’il paraissait y tenir.

Marcelle et Pierre -Paul jouirent sans obstacle du charme de douces causeries que ne pouvait troubler la présence de Laure ou de Suzanne. Bien au contraire, dans les premiers moments surtout, ils aimaient mieux instinctivement ne pas être seuls ensemble. Ils s’exprimaient plus à leur aise devant ces demoiselles qui les encourageaient , les imprudentes !... Ah I qu’eût dit Mme la supérieure? Qu’eût-elle fait, si elle avait pu se douter de ce qui se passait aux bords du Coësnon ? Mais Mme la supérieure avait une confiance illimitée dans la sagesse de la dame châtelaine de Beauval, qui, de son côté, n’avait pas moins de confiance en Gorentine la Morgan et en Gervais Roverin. — Or, Gervais, ces jours-là, passa une bonne moitié de son temps sur la rive droite, à regarder les jeux dont la rive gauche était le théâtre ; et Gorentine n’eût pas la force de troubler le bonheur de Marcelle.

« Mon Dieu! dit-elle en soupirant, la chère petite aura bien assez le temps de languir! »

Marcelle et Pierre-Paul , après une longue séparation qui les avait éclairés eux-mêmes sur la vivacité de leur tendresse mutuelle, s’avouèrent ainsi librement et se répétèrent cent fois qu'ils ne pourraient jamais vivre l’un sans l’autre. Ils se racontèrent toutes leurs douleurs, ils se dirent toutes leurs craijiles ;

« Aussi, ajouta Marcelle, ne nous écrivons jamais, car si l’une de nos lettres était surprise, vois-tu, la supérieure me renverrait à Paris.... ‘

— Paris! répéta Pierre-Paul; oh! je n’y pense plus sans une tristesse affreuse. Gorentine et mon père ont bien raison quand ils appellent Paris la ville de malheur!... »

Et Pierre-Paul citait à Marcelle les plus déchirantes

pages des mémoires de Joseph, qu’elle ne connaissait pas encore, mais que plus tard il lui fit lire en entier.

« Mon Dieu ! pourquoi la moitié de ceux que j’aime y sont-ils dans ce Paris où moi-même j’ai tant pleuré? disait Marcelle avec amertume.

— Mais pourquoi , reprenait Pierre-Paul , pourquoi M. Durantais ne veut-il pas seulement entendre parler de moi? Quel mal lui ai-je fait? Il y a des moments, Marcelle, où je suis tenté de lui écrire combien nous nous aimons 1 »

La prudente Laure qui , d’aventure , entendit cette phrase, éclata de rire :

« Ah I ah I fit-elle, de toutes les lettres possibles et imaginables, voici bien la plus folle ! »

Pierre-Paul la regardait fixement.

« Comment ! reprit-elle sur le ton sérieux, ne comprenez-vous pas que M. Durantais rappellerciit Marcelle à l’instant et vous la cacherait pour toujours? »

Sur ces mots elle s’enfuit gaiement à la poursuite d’Eugène , de Louis , de Suzanne et de leurs jeunes amies.

Pierre-Paul et Marcelle, se tenant par la main comme aux jours de leur première enfance, s’en allaient pas à pas sur le bord de l’eau. Quelques instants après, Marcelle disait avec tendresse :

« Mes compagnes trouvent notre uniforme triste et sombre ; elles voudraient de belles robes à la mode comme celle que je portais en arrivant de Paris. Moi, je ne regrette que ma coëffe et mon déshabillé de paysanne, Pierre-Paul, car tu veux être et rester paysan.

— Puis-je faire autrement, Marcelle?

— Non, sans doute, je le sais bien.

— Je ne connais par moi-même que la vie de la campagne; après tout ce que j’ai lu, vu et entendu, je ne désire pas en mener d’autre; je crois fermement qu’il n’y en a point d’aussi heureuse ....

— Oh! tu as bien raison! à Paris, au couvent, je n’ai jamais été contente comme à la Plantelle.

— Eh "bien! pour me rapprocher de toi, vois-tu, je serais prêt à embrasser tout autre genre d’existence; je me ferais soldat ou commis, je travaillerais dans les villes, à Paris, n’importe où...,

. — Garde-t’en bien !

— Je ne le ferai point, Marcelle, par la seule raison que je désobéirais aux dernières volontés de mon père, que je tromperais mon oncle, tous mes bienfaiteurs, tous mes amis.... Je serai donc paysan, mais toi?

— Moi, j’obéis à mon père.... il veut que je sois une demoiselle de Paris; à mon tour, je te demanderai : — Puis-je faire autrement, Pierre-Paul ?

— Je ne sais pas !

— Tu me conseillerais de désobéir 1

— Non, Marcelle!... mais....

— Explique-toi.

— Écoute ! ce que mon père m’ordonnait en mourant, ta mère Jeanne le voulait aussi pour toi au lit de la mort.... Elle voulait que tu fusses paysanne comme elle l’avait été, comme l’est Corenline ; et Gorentine, qui se tait à présent, le désire encore tout bas...,

— Personne au monde, Pierre-Paul, pas même Gorentine, pas même toi, ne le désire plus que moi, dit Marcelle; je l’ai toujours voulu, je le voudrai tant que je vivrai, mon bon ami!... »

Marcelle avait à peine douze ans quand elle s’exprimait ainsi avec une candeur qui n’était déjà plus de la naïveté enfantine. Si rien encore ne troublait le cristal de sa pureté, elle n’ignorait pas que l’aveu de ses sentiments eût été blâmé par son père et par toutes les religieuses de Notre-Dame-des-Fleurs. Une ‘crainte vague, pleine d’un charme inconnu, donnait à ses moindres paroles une valeur nouvelle.

Avant le départ pour Paris, les amours de Pierre-Paul

et de Marcelle étaient innocentes comme celles des anges; jnaintenant elles avaient quelque chose de l’attrait du fruit défendu.

« Mon père est bon, il m’aime sincèrement, il ne veut que mon bonheur, disait encore Marcelle; un jour, Pierre -Paul, son aversion pour tes parents cessera, j’oserai lui parler de toi, je lui dirai ce que tu voulais lui écrire.

— Mais M. Duraulais ne permettra jamais que tu sois une simple paysanne, il a ses projets.

— Oh i je le prierai tant qu’il m’écoutera !

— S’il te défendait de m’aimer, pourtant? » demanda Pierre-Paul avec chaleur.

Marcelle baissa les yeux et réfléchit avant d’oser répondre. Sa main tremblait dans la main de son jeune ami ; elle hésitait à exprimer une pensée qui lui paraissait coupable ; mais ses regards rencontrèrent enfin ceu.\ de Pierre-Paul, et ne se maîtrisant plus :

<t Mon cœur ne changera pas plus que le tien 1 dit-elle avec un mélange de douceur et de fermeté qui combla de joie le jeune pâtre du Moire.

— Nous nous aimerons donc toujours! s’écria-t-il.

— Toujours ! » murmura Marcelle eu lui présentant le front..

Mais lui la serra dans ses bras avec transports.

Cependant Laure et Eugène , Suzanne et Louis, appelaient Pierre-Paul et Marcelle pour qu’ils vinssent prendre part à leurs jeu.\.

« Allons, leur dit l’espiègle Suzanne, vous vous êtes fait assez la cour aujourd’hui. A colin-maillard, et Pierre- Paul va mettre le bandeau ! »

Renée, Tanguy, Aubin Gillet, tous les enfants du Moire encore d’âge à jouer etquelques autres furent de la partie. Laure distribua les pénitences. Laure sut, en cette occasion, être agréable à chacun de ses amis, mais, toujours nrudente et bien avisée, elle ne rentra pas au couvent

sans avoir fait comparaître Pierre-Paul deVant l’aréopage qu’elle présidait. Là Pierre-Paul s’entendit recommander un surcroît de précautions, et Plantiaii fut sévèrement Llàmé d’avoir plusieurs fois semblé connaître ces demoiselles.

« Il faut, dit la présidente, que votre chien ne s’avise plus de nous caresser dans l’enceinte du couvent sans quoi il mérite d’être condamné à l’attache. Comprenez-vous ça, monsieur Plantiau ? »

Plantiau, assis au milieu du cercle, fit entendre un petit grognement.

cil comprend, mesdemoiselles, soyez tranquilles, dit Pierre-Paul.

— Bien! très-bien! Venez nous caresser!... »

Le chien fit le beau pour Laure de Beauval.

c Jurez, sur votre foi de chien, d’être sage et circonspect. »

Plantiau leva la patte avec toute la solennité désirable ; et le grand conseil de rire aux éclats. •

« Quant à vous, Pierre-Paul, ajouta Laure de Beauval, si jamais vous pénétrez dans l’enclos, l’unique faveur qui vous soit accordée, c’est de glisser une fleur des champs sous le banc où nous nous asseyons.

— Une seule fleur, rien qu’une, mesdemoiselles? dit galamment Pierre-Paul .

— Suzanne et moi nous nous disputerons le plaisir de l’attacher à la ceinture de Marcelle. »

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