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PASTORALE

A l’époque du premier jour de l’an, aux jours gras, après les fêtes de Pûques, et enfin dans l’octave de la Fête-Dieu, de petites vacances étaient accordées à celles des pensionnaires dont les parents habitaient le pays. Tant que mesdemoiselles de Beaiival furent les compagnes de Mai-celle, leur gentille protégée les accompagna au manoir chaque fois; mais Laure, l’année suivante, et Suzanne, l’année d’après, quittèrent le couvent, aux grands regrets de la triste enfant, qui finit par n’avoir plus de confidente.

Personne à qui parler de Pierre-Paul ! personne pour partager sescliagrins ou .sa joie; car il était impossible d’en entretenir la scrupuleuse Goreiiline , désormais muette sur tout ce qui concernait les Roverin.

Enfin, il devenait à craindre que les sorties ne fussent radicalement supprimées. En effet, non-seulement la famille de Beauval n’avait plus de prétexte pour attirer Marcello au manoir, mais encore elle avait des motifs fort légitimes pour rompre jusqu’à un certain point, puisque M. Émilien Durantais, ayant paru dans le pays, n’avait pas daigné prendre la peine de venir remercier les châtelains de leurs boutés pour sa fille.

Si la susceptibilité de la famille de Beauval est excusable, canine visite eût été de rigueur, Emilien fut absolument innocent de ce qu’on appelait son manque de savoirvivre. Marcelle ni Coreutine ne lui avaient parlé de rien. C’est ainsi que les rélicences et les mystères ont pour conséquences directes d’autres mystères et d’autres réticences.

Marcelle souffrait de son isolement. Elle avait bien encore la consolation d’entrevoir souvent Pierre-Paul, le malin, à travers les barreaux de la grille; mais, faute de pouvoir s’épancher dans un cœur ami, le bonheur même qu’elle ressentait alors u’était pas sans amertume. Elle endurait le supplice, chaque jour plus douloureux, d’une tentation chaque jour renouvelée ! Le voir à peine, ne pouvoir échanger un mot avec lui, rester étrangère à ce qui l’occupait, le laisser étranger à ce qui la touchait et l’agitait elle-même; se cacher, dissimuler sans cesse, et n’avoir plus l’espérance de pouvoir de temps en temps ôter son masque, ouvrir son cœur, dire à son ami combien elle avait souffert. De là une mélancolie dont s’alarma Corentine, qui fit une seconde démarche auprès delà supérieure. Heureusement pour Marcelle, cette démarche devait réussir. En considération de ses progrès et de son excellente conduite, la supérieure ne refusa plus à Gorentine ce que les seigneurs châtelains avaient précédemment obtenu. Le pli était pris; si bien que, durant tout son cours d’études, Marcelle profita des sorties de faveur. Ses parents l’ignoraient. Elle se garda bien de les en instruire. Et Gorentine, de deux maux choisissant le moindre, en fil autant de son côté.

Fallait-il donc, pour obéir aveuglément au père, laisser l’enfant pâlir, maigrir, s’étioler? fallait-il que Notre-Damedes-Fleurs fût pour Marcelle un séjour aussi cruel que Paris?

Malgré tous ses scrupules, enfin, la digne femme ne pouvait se défendre contre son plus cher espoir, en voyant grandir, avec Marcelle et Pierre-Paul, de l’assentiment évident de l’oncle Gervais, leur affec.tion mutuelle.

Du reste, aucun hasard fâcheux ne révéla rien à Émilien Durantais, quoiqu’il fût venu plusieurs fois à Fougères, à l’époque des grandes vacances, pour emmener sa fille à Paris ou pour la ramener à Notre-Dame-des- Fleurs où il la laissait en outre de deux années l’une.

Le premier de ces voyages ayant coïncidé avec l’époque où Suzanne sortit du couvent, fut cause du refroidissement des Beauval envers Marcelle, que l’on continua néanmoins de recevoir de temps en temps, mais avec une réserve dont elle ne s’attrista guère.

Ce n’élait point au château qu’était Pierre-Paul ; et au Moire on lui faisait un accueil qui la dédommageait amplement des façons cérémonieuses des châtelains.

Au Moire elle était toujours la ptiote, la bonne chère amie, la voisine et la petite commère d’autrefois. Périne, Deuise, Mariette, l’y fêtaient à qui mieux mieux. La mère Gervais n’était pas moins empressée que ses filles. La Beruarde souriait tout en grommelant, puis hochait la tête et mêlait un mot de franche amitié à des grognements qu’on n’écoutait pas. Quant h Gervais, plus rond, plus cordial, plus avenant pour Marcelle au fur et à mesure qu’elle grandissait, il usait et abusait de ses privilèges de père de famille. Au bourg quelques bonnes gens croyaient bien faire en l’appelant mademoiselle; Gervais affectait de la traiter avec une familiarité croissante ; il la tutoyait, bien entendu, il la nommait sa chère enfant comme par le passé, mais de plus, il lui parlait de Pierre-Paul sans mâcher les mots :

« Ils sont d’âge à entendre la plaisanterie, core pus rird/e/» s’écriait-il.

Gervais faisait de la diplomatie à sa manière.

« Eh bien ! la drôlette amoureuse, nous attendons notre chéri? Le petit cœur fait tic-tac, comme un moulin à moudre la fine fleur de farine?...

— Mais, père Gervais, je viens ici voir tout le monde.

— Bon! béni Ah! si Pierre-Paul était là-bas dans le bois, ne sachant pas qu’on est ici.... Mais le voici qui court à perdre le souffle!... Regarde-le venir !... Core pus drôle! j’entends Plantiau; il faut que le bétail rentre au plus vite !... Ça presse!... Petite maîtresse attend! »

Périne, Denise et Mariette riaient. Marcelle rougissait,

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baissait les yeux, n’osait plus répondre au vieux paysan qu’elle eût bien voulu interrompre, mais qu’elle écoutait avec un charme infini.

« Eh! mes enfants! voyez donc ce Plantiau, il renifle, il flaire la bonne senteur!... Il parlerait qu’il ne dirait pas plus clair à notre gars que Marcelle est chez nous!... Ma fine ! on ne m’ôtera jamais de la tête que les bêtes ne sont pas si sottes que bien des gens éduqués dans les villes?... Voilà un chien qui sait quel plaisir espère ici son maître. Allons Pierre-Paul! gai! leste! nous avons chez nous ta belle mignonne, ta douce payse!... »

Marcelle, on le conçoit, ne se plaignit jamais d’être laissée à Notre-Dame-des-Fleurs-de deux années l’une pendant les grandes vacances, car à cette époque Gorentine ■ obtenait sans peine de fréquents jours de congé. C’était alors que le Moire et la Plantelle revoyaient l’enfant chérie ; et alors le petit roman d’amour poursuivait aisément son cours gracieux sur les rives fleuries du Coësnon.

« Va bien ! va bien ! » disait Gervais en se frottant les mains. '

La Bemarde malmenait ses chaudrons et disait parfois ;

« Va mal! va mal! »

Mais Pierre-Paul était si heureux et Marcelle si gentille, qu’elle se surprenait parfois à dire : « Va bien! »

Gorentine fermait les ye\zx ou même décourageait à regret par ses propos le jeune gars du Moire, mais au fond du cœur elle eût été bien fâchée de le décourager tout à fait.

Aux mêmes lieux où Émilien Durantais jeune monsieur échappé du collège, avait charmé par ses doux propos Jeanne -Marcelle la simple paysanne, aux mêmes lieux le jeune paysan Pierre-Paul s’ingéniait à captiver Marcelle, la jolie pensionnaire de Notre-Dame-des-FIeurs. — Les personnages étaient changés, les rôles renversés, mais les paroles étaient presque les mêmes, et de semblables refrains volaient répétés par les échos. Seulement, si chastes,

LA MEILLEUJ\E PART.

si fraîches qu’eussent été les premières amours d’Émilieu, celles de Pierre-Paul étaient plus fraîches, plus chastes encore. La délicatesse poétique du jeune pâtre breton l’emportait de beaucoup sur celle du collégien d’autrefois trop confiant en ses avantages. Si Jeanne-Marcelle était gauche et timide, sa fille était plus craintive et plus retenue. Le sentiment de la paysanne naquit d’une admiration un peu puérile pour les qualités brillantes d’un garçon d’une classe supérieure ; celui de lagi’acieuse pensionnaire avait pour origine un dévouement à toute épreuve dont il était juste qu’elle fût reconnaissante.

A Paris, les deux fois que Marcelle y alla en vacances, elle fut pour Clarisse obéissante et douce, tendre pour son petit frère et sa petite sœur, remplie des plus aimables prévenances envers son père. Elle put se conduire ainsi sans qu’il lui en coûtât lé moindre effort, car elle ne se regardait pas comme bannie de Saint-Loup; elle n’ignomit plus l’art, longuement appris, de cacher un secret, et sans avoir recours au mensonge elle dissimulait ses plus chères pensées. — Il était d’ailleurs bien convenu qu’elle ne parlerait à son père de Pierre-Paul qu’une fois retirée du couvent, et telle fut sa circonspection à cet égard qu’elle n’osa jamais aller visiter le tombeau des Roverin dans le cimetière de Montmartre, bien qu’à sa prière Emilien l’eût plusieurs fois conduite à la tombe de sa mère Jeanne- Marcelle.

Toujours alors la jeune fille jetait à la dérobée des regards dans la direction où elle croyait se souvenir qu’était le tombeau de Mme Roverin et de ses enfants.

Une fois, elle crut entrevoir parmi les saules-pleureurs et les monuments funèbres, Clarisse et la comtesse de Lersant, elle ne craignit point de le dire.

Emilien, pressant le pas, lui répondit :

« 11 est possible, mon enfant, que ce soient elles, mais

je te prie de ne point leur parler de notre rencontre; tu les attristerais.

Einilien persévérait dans son déplorable système, — l’influeuce du baron Minalès se faisait ainsi sentir malgré le temps qui s’était écoulé depuis la disparition de cet aventureux personnage, dont les relations avec l’époux de Clarisse étaient loin d’être rompues.

Cependant, la vieille Bernarde, plus disposée au fond à blâmer qu’à favoriser le penchant de Pierre-Paul pour Marcelle, n’avait pas varié ni hésité un seul jour à l’égard (lePlantiau. Plus entêtée que toutes les têtes bretonnes des cinq départements bretons, elle ne lui donna jamais sa pâtée sans lui faire flairer les haillons sanglants.

Et de son coté le procureur du roi de Fougères, magistrat patient, mais tenace , n’oubliait pas le dossier relatif à la tentative de meurtre, peu de mois après laquelle Emilien reçut des pleins pouvoirs du baron pour faire vendre son mobilier et sa voiture, et pour distribuer des à-comptes à ses principaux créanciers. Un peu plus tard, le baron lui envoya des sommes assez fortes pour la liquidation complète de toutes ses affaires en Fimice. Bien entendu les plus dangereuses signatures exécutées par l’adroit Vincent de Minalès se trouvèrent, en temps utile, retirées de la circulation.

^ Fidèle à sa promesse au procureur du roi de Fougères, Emilien n’instruisit jamais son ami des soupçons qui planaient sur lui ; mais, par correspondance, il lui raconta longuement tous ses chagrins d’intérieur : d’où le baron conclut que Marcelle Durantais était vivante, que la Grainée-sur-Coësnon ne serait jamais vendue, et qu’il aurait le plus grand tort de reparaître à Paris avant d’avoir refait sa fortune.

Ensuite, à grands intervalles, du Brésil, du Pérou, de l’Inde et plus tard d’Italie, Émilien Durantais reçut nonseulement des nouvelles de son cher baron, mais encore des sommes très-importantes dont l’aventurier lui confiait

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LA MKILFÆURE PART.

la gestion et le placement. On a beau courir le monde, l’on ne trouve pas où l’on voudrait un ami d’une probité absolue. Minalès qui s’enrichissait, Dieu sait comme, fut bien forcé de recourir à ce même Êmilien dont il avait autrefois anéanti l’aisance et détruit le bonheur. Emilien, qui avait acquis l’exj)érience des affaires, fit merveilleusement fructifier les capitaux de Minalès, acheta et revendit ses valeurs dans des conditions admirables, ne cacha point qu’il spéculait pour lui, et rétablit ainsi son crédit sur la plus vaste échelle.

Le nom du baron un moment décrié, puis oublié, reprit grande faveur dans lé monde financier, grâce aux soins désintéressés d’Émilien. En revanche, le coureur d’aventures répondait à son intègre ami par des conseils qui tendaient h le rendre de plus en plus étranger aux gens de Lavignais et de Saint-Loup. Ces conseils devaient nécessairement raffermir l’opiniâtreté d’Emilien Duranlais. Il tremblait que Clarisse ne dît un jour devant sa fille qu’elle était née Roverin. Il se rappelait sans cesse qu’un petit Roverin avait été l’ami d’enfance de Marcelle ; il espérait bien qu’elle ne songeait plus à lui, mais père faible comme il était faible époux, il n’osait s’en informer directement.

« Loin des yeux, loin du cœur, se disait-il, Marcelle, enfermée dans son couvent, n’aura jamais revu ce petit rustre; Gorentine avait mes instructions d’ailleurs. Pourvu que Clarisse ne noue pas de fâcheuses relations avec sa grossière famille, je n’ai rien à craindre. *

Et Marcelle continua d’admettre que Clarisse était la propre fille de la comtesse de Lersant; et les noms de Roverin et de Saint-Loup continuèrent à n’être point prononcés, tandis que pour Clarisse Gorentine habitait un certain endroit nommé Lavignais, bourg fort différent de celui où étaient morts son père et son frère Pierre-Paul , et où vivaient sans doute un oncle, une tante, des cousins et des cousines coupables enversellede laplqs égoïste indifférence.

Ce fragile réseau d’erreurs et de mystères résistait donc au temps et même aux circonstances qu’accumulait le hasard. En vain Marcelle vit Clarisse sur la tombe des Roverin; en vain la jeune femme portait le nom de la sœur de Pierre-Paul; en vain Pierre-Paul était le bon ami de Marcelle; en vain le moindre des rapprochements, une simple information, la première parole expansive, pouvait tout concilier.

Rien ne serait plus invraisemblable, si rien n’était plus fréquent dans les familles où un seul mot que personne n’ose, ne veut ou ne peut dire, mettrait un terme à de fausses situations qui se compliquent d’elles-mêmes et se prolongent parfois indéfiniment.

Rien ne serait plus invraisemblable, si la plupart des événements grands et petits n’étaient le résultat de quiproquos, d’oublis ou d’erreurs, et si les plus sages combinaisons n’échouaient sans cesse devant des obstacles indignes d’entrer en ligne de compte.

Le moindre incident, une interruption, un mot mal prononcé ou mal entendu, un retard d’une seconde, un fétu, un atome, produisent des désastres irréparables.

La paix et la guerre, le sort de millions d’hommes, dépendront peut-être de la distraction d’un diplomate.

La fortune tient toujours à une chance, la vie à un fil, le bonheur à moins encore.

11 s’agissait ici du bonheur.

Les années que Marcelle passa au couvent furent loin de simplifier la situation de la famille Durantais, puisqu’elle devait en sortir jeune fille, capable désormais de mesurer la portée de chaque phrase et de ne plus se trahir par une étourderie. Elle avait près de seize ans lorsqu’il fut enfin question de la rappeler définitivement à Paris.

Alors, depuis quelque temps déjà, Pierre-Paul, qui approchait de sa majorité, s’affligeait de la voir bien changée à son égard. Jamais elle ne tournait plus la tête de son côté lorsqu’il venait au couvent apporter les denrées de la

ferme. Il avait eu beau coi^qiu^rir la confiance absolue de toutes les religieuses et se faire employer quelquefois à des travaux de jardinage, Marcelle le fuyait, D’autres pensionnaires lui adressaient la parole en passant , Marcelle se cachait à son approche. Il avait beau se poster au delà du mur’d’enceiute dans l’espoir d’entendre sa voix, elle ne chantait plus; elle ne se paraît plus des fleurs qu’il glissait, comme autrefois, sous le banc des trois amies. Venait-elle passer quelques jours à Saint-Loup, elle ne lui permettait plus de l’embrasser. Jamais elle ne consentait à sortir seule avec lui, elle ne lui laissait plus prendre sa main, et paraissait craindre d’aller se promener sur les bords solitaires du Goésnon. Elle rougissait à sa vue avec un embarras qui ressemblait à delà défiance.

Elle faisait toujours même charmant accueil à Tanguy, son frère de lait, à Julien Roverin, grand gaillard qui venait de tirer à la conscription et d'être cause que Brieuc ne tarderait pas à être de retour au Moire, à MM. Eugène et Louis de Beauval, aux jeunes gars de toutes conditions, tels que le petit clerc Aubin Gillet, fils de Jérôme le fermier de la Grainée; envers lui seul elle avait cessé d’être la tendre Marcelle d’autrefois.

Elle tutoyait encore les autres ; elle ne le tutoyait plus. Un jour même , en présence de Corentine et de Renée, elle le pria de ne plus la tutoyer à l’avenir.

Pierre-Paul, à cet ordre cruel, ne put retenir ses larmes:

« Marcelle, vous ne m'aimez plus! dit-il amèrement, et vous allez partir pour Paris, et jamais nous ne nous verrons dans ce monde.... Dans l’autre, je ne dis pas!... Vous emporterez avec vous mon cœur et ma vie, Marcelle. Partez, oubliez le pauvre paysan qui a tant étudié pour l’amour de vous, et tâchez d’être une heureuse demoiselle dans le monde de Paris. »

A ces mots, Pierre-Paul prit une bêche, et d’un accent plein de mélancolie :

« Sur vingt ans que j’ai, Marcelle, vous m’en avez donné

seize de bonheur! Merci, merci ! car je ne suis pas un ingrat. Soyez bénie ! soyez heureuse, adieu !

— Où va-t-il? s’écria Marcelle frémissante.

— Où vas-tu donc avec cette bêche? » demanda Corentine en le retenant.

Lejeune gars répondit avec exaltation :

« Pierre-Paul s’en va creuser une fosse à côté de l’église de Saint-Loup ; quand elle sera creusée, il s’asseoira au bord en répétant toujours, toujours le nom de Marcelle, jusqu’à ce qu’on le couche dans la fosse.... Adieu 1

— Mais, s’écria Marcelle éperdue, si je tutoie les autres, si je leur permets de me tutoyer, Pierre-Paul, c’est que je ne les aime pas, eux, comme je t’aime, toi !... »

Et lui arrachant la bêche, elle le pressa sur son cœur.

« Dieu m’est témoin, fit Gorentine, que depuis bien des années je suis innocente de leur amoür ! »

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