‹ La meilleure partChapitre 25 sur 33 · I.A JIEir.f.EURE PART · texte numérisé non relu

I.A JIEir.f.EURE PART

Ivcurs mains sô rencontrèronl. La jeune fille se pencha, et scs larmes, qui coulaient en abondance, inondèrent le front de sa marâtre.

Ainsi, dès leur première entrevue, les pleurs de la marâtre avaient baigné le front de l’enfant rebelle. Ce baptême de pleurs fut suivi d’embrassements et de sanglots qui se prolongèrent avant qu’une seule parole eût été prononcée.

« Ma mère !

— Ma fille ! murmurèrent enfin leurs deux voix jivec une égale douceur.

■ — Ma mère, répéta Marcelle, vous voyez bien que je vous aime. Non, ce n’est pas en vain que vous m’ouvrez votre cœur. Oh! combien votre voix et votre poésie sont touchantes I Vous avez senti toutes les douleurs de l’orpheline, et vous les avez rendues avec l’éloquence d’une âme maternelle.

— Ces vers, dit Clarisse, m’ont été donnés par le comte de Lersant; moi, j’en ai longtemps cherché la musique; tu me l’as inspirée !

— Tout à l’heure, ma mère? demanda Marcelle en l’embiassant encore; puis elle se mit à genoux , levant vers elle ses grands yeux bleus humides et brillants.

— Non, répondit Clarisse, autrefois.... du temps que lu ne voulais pas m’aimer.... Mais ce temps est passé, grâce à Dieu qui prend pitié des orphelins!... Je serai ton amie comme Corentine, ta sœur autant que ta mère.... Sois pour moi ce que je suis pour la comtesse de Lersant ! elle a tous mes secrets, je ne lui cache aucune de mes pensées, ou, si parfois j’ai cru devoir me taire, c’est que, séparée d’elle, j’ai craint de l’attrister; mais tu es dans la maison de ton père, Marcelle ! tu vis avec moi ! Tu n’es pas orpheline ; je suis la femme d’Emilien; et, si j’osais, ‘si je n’avais pas peur de sembler ingrate, je dirais que je t’aime plus encore que la noble Ismène ne m’a jamais aimée. »

Tout cela n’apprenait point à Marcelle que Clarisse n’était point la fille d’Ismène, et Clarisse, convaincue que Marcelle n’ignorait rien de son histoire, ne songeait pas à l’en instruire. Ellecie croyait point avoir de confldences à faire; elle brûlait d’en recevoir. Son accent était si tendrement vrai que Marcelle, essuyant ses pleurs, lui dit enfin avec la plus complète expansion :

« Écoutez, ma mère, écoutez! »

Mais Émilien rentra. Il fut heureux de les trouver ainsi les mains dans les mains, se contemplant, s’embrassant, frémissantes de bonheur, se livrant leurs cœurs sans n'— serve. Il en remercia Dieu tout haut; il les bénit avec transport. Hélas! il arrêta les aveux de Marcelle prêts à s’échapper enfin.

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