Savage. The Journal of ment, sci., 1886, t. XXXIÏ
l’urine f. Cet empoisonnement se traduit par des symptômes mentaux, dont les uns, plus nettement symptomatiques, sont liés aux accidents aigus et se présentent sous l’aspect du délire diffus hallucinatoire. Les autres, qui peuvent alterner avec l’albuminurie ou s’aggraver parallèlement aux symptômes physiques, sont quelquefois systématisés. Parmi eux, des états mélancoliques ont été décrits 2 . Dans ce cas le régime lacté peut amender l’état mental par l’intermédiaire de l’état physique.
j. Maladies nerveuses. — Que leurs lésions soient connues (maladies organiques) ou encore inconnues (névroses), les maladies nerveuses s’accompagnent souvent de troubles mentaux. Parfois ces derniers: en sont des symptômes presque nécessaires, comme la démence dans les lésions destructives de l’écorce. D’autres fois le rapport pathogénique est moins étroit; et c’est alors qu’on parle d’associations morbides, de retentissement psychique.
Dans la méningite, la dernière période se caractérise parfois par de la torpeur et un délire mélancolique. Récemment (1896) une discussion a eu lieu à la Société médicale des hôpitaux sur le méningisme, syndrome simulant la méningite et pouvant être
I. Ed. Toulouse, Les troubles mentaux de l’urémie. Gaz. des hôpü., 1894, p. 649.
-■ Bouvand, Essai sur l’urémie délirante, th. Lyon, 1883, p. 63. — Dieulafoy, De la folie brightique, Soc. méd. des hôpitaux (10 juillet 1885).
ÉTIOLOGIE
provoqué par des maladies plus ou moins ignorées. L’hystérie (Gilles de la Tourelte) semblerait devoir revendiquer une part de ces pseudo-méningites; et certains états mélancoliques avec confusion profonde ont pu quelquefois au début en imposer pour une méningite (Séglas). Les troubles de la circulation encéphalique peuvent retentir sur l’état mental (Luys). Dans la folie congestive (Legrand du Saulle *) comme dans les troubles psychopathiques par anémie, des états mélancoliques se présentent parfois.
Les lésions du tissu nerveux encéphalique sont circonscrites ou diffuses (paralysie générale). Dans le premier cas, le symptôme le plus fréquent est un état démentiel. C’est ainsi que se manifestent les ramollissements, hémorragies et tumeurs cérébrales 8 . Mais, au début, il n’est pas rare d’observer des délires mélancoliques évoluant sur un fond démentiel.
Parmi les lésions diffuses de l’encéphale, il faut d’abord relever celles dues à un processus athéromateux et qui constituent ce qu’on appelle la démence sénile. Chez les séniles, qui peuvent être des vieillards plus ou moins âgés — car la sénilité ne marche pas toujours avec l’âge, — il n’est pas rare
1. Legrand du Saulle, Les conceptions cérébrales et la folie congestive, Ann. méd.-psych., i885, 1.1, p. 122.
2. Foville, Art. Démence, Dict. Encycl. des sciences mentales. — Lwoff. Étude sur les troubles intellectuels liés aux lésions circonscrites du cerveau , th. Paris, 1890.
d’observer des états mélancoliques 1 2 qui présentent les caractères suivants : les conceptions délirantes sont monotones, sans systématisation forte, les hallucinations sont rares et peu extériorisées, l’apathie domine. Tandis que chez lés vieillards non séniles, et dont le cerveau est encore valide, on peut rencontrer de véritables psychoses % bruyantes et pittoresques comme chez l’adulte et alors souvent en rapport avec les tares héréditaires du sujet 3 * .
La paralysie générale est aussi une maladie encéphalique diffuse. Les troubles délirants qu’elle provoque sont si fréquents qu’au début de son histoire on l’avait appelée la folie paralytique *, maladie se composant nécessairement de symptômes paralytiques et de symptômes délirants (manie ambitieuse). Or on ne fat pas longtemps à constater 5 que bien des paralytiques généraux ne présentaient jamais de délire. * Aussi Baillarger 6 proposa le terme de démence 'paralytique, pour indiquer que ce qui est essentiel et nécessaire, c’est la démence accompagnant les phénomènes physiques. C’est ainsi d’ail-
1. Ed. Toulouse, Étude clinique sur la mélancolie sénile chez la femme, th. Paris, 1891.