‹ La mélancolieChapitre 107 sur 153 · Kovalevsky, Psychiatria , 1880, p · texte numérisé non relu

Kovalevsky, Psychiatria , 1880, p

Bientôt arrivent les interprétalions délirantes. Alors une névralgie intercostale est, par exemple, expliquée par la présence d’un serpent au cœur, à l’estomac, au ventre. Souvent s’ajoutent des hallucinations de la sensibilité générale, du tact, de l’ouïe. Avec tous ces éléments le malade ne tarde guère à présenter un véritable délire hypocondriaque avec des exacerbations sous forme de raptus mélancolique. Ce sont ces paroxysmes suivis de rémissions qui donnent à la marche de cette variété son allure un peu particulière. La durée, la terminaison, le pronostic sont ceux des variétés précédemment décrites. Dans le traitement il y a lieu de tenir compte d’un élément étiologique très fréquent chez les malades atteints de cette variété de mélancolie, l’hystérie.

Mais les maladies nerveuses, qui paraissent encore le plus étroitement liées aux maladies mentales, sont les névroses. L 'hystérie s’accompagne souvent de troubles délirants. Après les attaques — ainsi que l’ont bien montré les travaux de Charcot et de ses élèves, — il est assez commun d’observer des phases délirantes, parmi lesquelles des états mélancoliques. Leur caractère est ordinairement de durer peu et de suivre les phénomènes convulsifs, ce qui permet de les reconnaître aisément. Parfois on a affaire à des malades qui présentent des signes de catalepsie. Dans ce cas, les sujets ressemblent à des catatoniques. Pour établir le diagnostic, les commémoratifs et la présence de stigmates hystériques

ÉTIOLOGIE

sont des renseignements d’une haute importance.

Mais d’autres délires mélancoliques peuvent survenir chez les hystériques, en dehors de toute attaque. Comment faut-il les rattacher à l’hystérie? Et d’abord sont-ils spéciaux à celte névrose? On a essayé maintes fois de caractériser ces délires hystériques. Morel % Moreau (de Tours) *, J. Falret 1 2 3 , Legrand du Saulle 4 * ont tenté de leur trouver des caractères spéciaux; or il se trouve que ceux-là sont ceux que l’on admet comme pathognomoniques de la folie héréditaire, de la déséquilibration ou dégénérescence mentale (Morel, Legrand du Saulle, Magnan). Il s’ensuit donc que ces délires hystériques seraient surtout des délires de dégénérés % d’autant que les sujets seraient toujours, d’après M. Joffroy 6 , des dégénérés à un degré quelconque. Donc les délires mélancoliques des hystériques n’auraient rien de spécial à la névrose. Il n’en est pas moins vrai que, l’hystérie imprimant un cachet à la plupart des phénomènes morbides qu’elle provoque,

1. Morel, Traité des maladies mentales , 1860, p. 672 et suiv.

2. Moreau (de Tours), Traité pratique de la folie névropathique , 1869.

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