Esquirol, ouv. cité, t. II, p. 404 et
Aussi, le D 1 ' Dubief, rapporteur à la Chambre des députés de la loi sur les aliénés, a-t-il, dans une compréhension parfaite des réformes urgentes et pratiques, demandé que les fonctions actuelles des médecins adjoints fussent remplacées partout par celles de médecin traitant. Récemment le Conseil général de la Seine, toujours à l’avant-garde des idées généreuses d’assistance et entrant dans la voie des réalisations, a voté, sur le remarquable rapport du D r Émile Dubois, le dédoublement, des services de l’asile de Yille-Évrard et de l’asile de Villejuif. « Comment en effet, dit le savant rapporteur S peuvent être mis en œuvre et une analyse psychologique quotidienne, et un examen physique soigneux, sans lesquels le diagnostic et la thérapeutique des formes si variées de la folie sont chose illusoire et vaine? Dans des conditions aussi défavorables, que viennent encore aggraver la constitution matérielle de nos asiles et le mou-, vement des services, le traitement des sujets atteints de psychoses aiguës, affections éminemment curables, est., on en conviendra, gravement compromis. »
Cette réforme partielle, aujourd’hui réalisée grâce aux efforts de l’Administration-et à l’esprit de progrès qui anime la Commission de surveillances des asiles, a rencontré des oppositions inattendues, que
TRAITEMENT
M. Marandon de Montyel *, médecin en chef des asiles de la Seine et ardent partisan du dédoublement des services, critique avec quelque ironie. Mais elle n’est pas la seule à réaliser dans nos asiles. Aussi, M. le D r Brousse va-t-il demander au conseil général de la Seine la création d’une commission technique qui étudierait les moyens de réorganiser nos asiles au mieux des intérêts des malades.
b. Assistance familiale. — Ce mode d’assistance, très répandu à l’étranger et notamment en Belgique 2 , est en train de s’acclimater chez nous 3 et mérite d’être étendu. Au point de vue qui nous occupe, nous pensons que cette forme d’assistance est applicable à un grand nombre de mélancoliques que visent ces lignes écrites par Moreau de Tours 4 il y a trente ans : « Ces soins incessants, ces attentions, ces conseils, en un mot tout ce qui constitue ce que M. Bulckens dénomme si justement le patronage familial, comment espérer le trouver dans nos grands asiles publics, si bien organisés qu’on les suppose? Si l’isolement doit être absolu par rapport aux autres aliénés, il faut mettre le plus possible le malade en rapport avec des individus dont la raison et les bons conseils ne peuvent que lui être