Esquirol, ouv. cité, t. I, p
TRAITEMENT
La musique ne calme pas toujours les mélancoliques et môme peut les exciter; il faut donc en user sobrement et suivre des indications particulières à chaque cas. C’est pour cela que les concerts et; autres spectacles donnés dans les asiles à une réu- ; nion de malades insuffisamment choisies ont fait souvent plus de mal que de bien. A Charenton, où l’on donnait au commencement du siècle des spectacles de ce genre, « il y avait peu de représentations, dit Esquirol l , qui ne fussent signalées par quelque explosion violente de délire ou par quelque rechute... Ges moyens avec lesquels on abusa le public, en débitant que les fous eux-mêmes jouaient la comédie, n’obtint jamais l’assentiment du médecin en chef de celte maison, et Royer-Collard s’éleva avec énergie contre cet abus qu’il était parvenu à faire cesser. » Ces critiques pourraient s’appliquer à des faits plus récents.
Des considérations analogues peuvent être formulées au sujet des voyages dont certains aliénistes ont abusé. Au début, et dans les formes simples, le voyage, dirigé par un médecin, peut être utile à la condition de n’être pas une cause de surmenage. C’est dans ces cas physiques que Weir-Mitchell a conseillé la vie de camp. Mais lorsque la maladie est quelque peu grave, le voyage est une source de fatigues physiques et morales qu’il ne faut ordonner que prudemment.