‹ La mélancolieChapitre 133 sur 153 · Esquirol, ouv. cité, t. I, p · texte numérisé non relu

Esquirol, ouv. cité, t. I, p

En résumé les distractions doivent être employées avec discernement. Il ne faut pas les choisir trop bruyantes, ni trop fatigantes; il ne faut pas non plus les imposer à un groupe de malades disparates et non sélectionnés. Pour cela, comme pour toutes choses, la distraction doit être surtout individuelle et familiale. Quelques morceaux joués par un violoniste dans un quartier d’aliénés feront quelquefois plus plaisir que les concerts d’apparat, qui entraînent une agglomération, un souci de tenue, et une discipline au total fâcheux. De même une promenade dans les environs de l’asile sera plus utile que le voyage dans un pays lointain.

L 'isolement, c’est-à-dire la suppression du milieu où s’est développée la mélancolie, est indiqué. Le fait seul de se trouver loin des personnes avec lesquelles le sujet vit habituellement ut qui ont assisté à l’évolution de sa maladie peut avoir les conséquences les plus heureuses. Seulement, il faut que dans le nouveau milieu où on le place il trouve un accueil aimable, plein d’attentions, de soins intelligents et dévoués. Alors le mélancolique changera le cours de ses idées, deviendra plus circonspect et se surveillera. Nous reviendrons sur ces points plus loin.

Parfois on se trouvera bien de l’isolement complet. « La solitude exerce un pouvoir mystérieux qui rétablit les forces morales épuisées par les passions J . »

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