M. de Fleury, Épuisement nerveux, p
TRAITEMENT
très favorable l’hiver. La côte méditerranéenne, par la sécheresse de l’atmosphère, la lumière et l’ozone, est encore la meilleure pour les mélancoliques et la moins dangereuse. Il n’y faudrait pourtant pas envoyer, pas plus que sur tout autre point du littoral, les névralgisants et les anxieux. Ce sont les formes dépressives qui ont des chances de se trouver bien du climat marin. Ajaccio et Alger seraient encore moins excitants que la côte provençale.
Le régime est important : chez les mélancoliques, la propreté de la bouche et de tout le corps doit être très grande. Les vêtements et les chaussures seront chauds. Il sera bon de porter des gants pour lutter contre le refroidissement des extrémités.
Le tabac, comme tous les poisons, est plutôt nuisible.
L’alimentation sera surveillée de près. Étant donné que le mélancolique est sous le coup d’un épuisement général provoqué par l’insomnie, les émotions, l’alimentation insuffisante, les troubles gastro-intestinaux, etc., il est nécessaire de veiller tout particulièrement à l’état des forces de l’organisme. Il faut bien savoir que l’épuisement général est souvent le prélude de la tuberculose, surtout si l’individu a déjà quelque prédisposition spéciale. Aussi nous ne saurions trop insister sur l’extrême utilité qu’il y a à donner à tout mélancolique une nourriture fortifiante et facilement digestible.
La viande est contre-indiquée lorsqu’il existe un état saburral des- voies digestives: Dans ce cas, les matières animales, mal digérées, seraient: une source d’intoxications secondaires . La nourriture sera plutôt végétale 1 ; peu ou pas de végétaux farineux. Le lait est un excellent aliment pour les mélancoliques, surtout lorsqu’il y a des troubles gastriques; la diète lactée est parfois utile 2 . Les légumes frais, les poissons, et surtout les fruits d’été (raisins 3 ), qui ont guéri des mélancoliques (Van Swieten, Lorry), seront ordonnés. Les aliments doivent être bien préparés. « Un bon cuisinier est un aide pour tous, un plaisir pour beaucoup et une nécessité pour quelques-uns *. » Il ne faut pas oublier que seul nourrit ce que l’on digère. Il ne faut donc pas suralimenter sans raison et au delà des forces gastriques du sujet. Il faut surtout pro- - portionner les aliments avec les thérapeutiques, qui, comme l’électricité ou l’hydrothérapie, font dépenser beaucoup. Il est préférable de faire faire des petits repas, car chaque alimentation excite mécaniquement tout l’individu (De Fleury).
Le malade mangera à des heures régulières et auparavant se livrera à un exercice au grand air. À la fin du repas le café pourra être ordonné ; l’alcool est plutôt dangereux. Sauf dans quelques formes