Clouston, in Féré, Pathologie des émotions, p. S
TRAITEMENT
torpides avec dénutrition considérable, le vin sera inutile et souvent nuisible au bon état des voies digestives. Le mélancolique fera bien de se reposer une heure après chaque repas pour faciliter l’afflux du sang à l’estomac. Il se livrera à des pesées fréquentes, ce qui l’encouragera.
L’exercice physique sera modéré ; il faut éviter la fatigue, tout aussi bien que le repos absolu. Dans les cas de torpeur, on a conseillé les mouvements passifs. Il est bon de laisser les anxieux dépenser leur activité physique dans leur promenade agitée. Les promenades au grand air, les travaux de jardinage, la gymnastique, l’équitation, la chasse qui demande une rigoureuse surveillance à cause de l’emploi des armes à feu,les occupations déménagé même sont des exercices utiles. Le travail intellectuel, qui est un véritable travail physique, devra être encore plus modéré et ne se portera pas sur des objets propres à exalter l’imagination.
Le mélancolique se couchera de bonne heure dans une chambre, où le repos sensoriel pourra être assuré; il dormira beaucoup, huit à neuf heures si c’est possible. Le sommeil répare, calme et facilite l’élimination des produits toxiques. Le médecin s’opposera à ce que le malade veille la nuit et dorme le jour.
Les médications générales , qu’elles mettent en action l’air, l’électricité, l’eau ou certains médicaments toniques, agissent vraisemblablement de la
môme manière. MM. Chéron et de Fleury 1 ont exposé cette théorie générale mécaniste que la plupart des agents thérapeutiques employés dans la neurasthénie relevaient les forces générales du sujet par l’intermédiaire du système nerveux. Celui-ci, tombé dans un état de fatigue chronique, d’hvpoexcitabilité, était excilé dans ses terminaisons périphériques par ces agents (air, lumière, eau, électricité, injections hypodermiques, massages gastriques, suralimentation); la preuve en serait que la plupart de ces agents provoquent les mêmes phénomènes d’hypertension et d’hyperglobulie (apparente). Nous devons cependant mettre à part quelques médicaments employés dans la mélancolie, par exemple les sédatifs et les antiseptiques, qui répondent à d’autres indications et n’agissent pas de la même manière.
La lumière , avons-nous dit, excite les neurasthéniques affaissés. D’après Ponza 2 , contredit par Kent et Taguet, la lumière rouge exciterait les mélancoliques.
Les bains d’air comprimé ou encore les inhalations d’oxygène ont été conseillés, notamment comme excitants des glandes digestives 3 . Parmi les agents électriques c’est l’électricité statique qui, ainsi que le conseillé M. Romain Vigouroux, donne les meilleurs résultats.
1. De Fleury, Pathogénie de Vépuisement nerveux, ouv. cité, p. 204.