‹ La mélancolieChapitre 14 sur 153 · Griesinger, ouv. cité, p · texte numérisé non relu

Griesinger, ouv. cité, p

SYMPTOMATOLOGIE

dit M. Magnan en opposant la mélancolie à la manie, où au contraire « tout est au dehors ».-

Les conditions nécessaires à la production d’une émotion triste sont données dans la mélancolie. La mélancolie est, nous l’avons dit, une tristesse morbide 1 ; elle lui ressemble psychologiquement et aussi par les signes physiques. Aussi est-il nécessaire, pour bien comprendre cette maladie, de dire quelques mots sur la physiologie des émotions.

On tend à admettre aujourd’hui que toute émotion suppose un état somatique qui en est la condition physiologique. Lange 2 a même soutenu que c’en était la cause immédiate et qu’on était triste parce qu’on avait la respiration faible et superficielle, le pouls contracté, les muscles relâchés, et non pas qu’on présentait tous ces signes parce qu’on était triste. En d’autres termes; la conscience de la tristesse serait la résultante de tous les phénomènes physiques énumérés plus haut et par d’autres analogues. Quand ceux-ci surviennent — quel que soit d’ailleurs le trouble nutritif originel

1. La comparaison de la mélancolie avec la tristesse n’est pas exacte d’une façon absolue; car dans les états lypémaniaques, on ne trouve pas que la tristesse passive, mais aussi la tristesse active, la peur et d’autres émotions dont les combinaisons expliquent la diversité des troubles physiques observés en clinique. Pour les besoins de la description, nous avons eu surtout en vue la mélancolie passive, celle qui se rapproche le plus de là tristesse simple. Mais il ne faut pas oublier que c’est là une conception schématique.

Page 1