‹ La mélancolieChapitre 22 sur 153 · Joffroy, Leçons professées à l'asile Sainte-Anne · texte numérisé non relu

Joffroy, Leçons professées à l'asile Sainte-Anne

à peu près toujours identique malgré la variation des causes.

Parmi les conséquences de cette souffrance morale, il faut noter le sentiment d’impuissance qui envahit le malade. Quand la douleur morale est à son maximum, les perceptions sensorielles, les idées perdent pour le mélancolique toute signification agréable ou désagréable, et l’individu tombe dans une véritable anesthésie morale. Cette anesthésie psychique rend compte de l’indifférence que le malade accuse pour tout ce qui lui a été eher avant sa maladie. Mais avant d’en arriver là, le mélancolique s’interroge, et, dans ce perpétuel besoin d’explications qui est propre à l’esprit humain, môme malade, il trouve, dans la voie de résignation passive indiquée plus haut, des raisons à ses souffrances ; c’est l’origine des idées délirantes que nous décrirons plus tard. En cela le malade raisonne logiquement. Comme il est dans un état somatique analogue à celui qui accompagne les remords, ceux-ci viennent naturellement à son esprit. Pour les justifier, il s’accuse de méfaits imaginaires; il dit être un grand coupable, avoir commis des fautes graves. Aussi M. Joffroy a-t-il raison de déclarer que la douleur morale est sans cause intellectuelle, mais non pas sans cause organique. Griesinger 1 disait : « Le malade se sent en proie à la tristesse ;

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