‹ La mélancolieChapitre 27 sur 153 · Féré, La pathologie des émotions , 1892, p · texte numérisé non relu

Féré, La pathologie des émotions , 1892, p

mélancolie.

dit que l’écriture des mélancoliques était lourde, hésitante, rapetissée, en opposition avec celle des maniaques qui serait hardie, rapide, de grandeur exagérée 1 ; dans la folie à double forme, l’écriture pourrait présenter tour à tour ces deux aspects opposés, surtout en rapport avec le degré d’activité cérébrale. Mais nous n’avons-pas pu vérifier ces faits. Ce qui est vrai c’est que les écrits des mélancoliques trahissent leur délire.

Les muscles sont d’ailleurs ordinairement amaigris et ont en général moins de vigueur. On peut le constater facilement — ainsi que nous l’avons fait — avec le dynamomètre, qui donne constamment des chiffres au-dessous de la moyenne. C’est que la pression de la main est un acte au plus haut point psycho-moteur; elle est d’autant plus faible que le pouvoir de représentation de l’acte à produire, c’est-à-dire en somme l’attention, est diminué ainsi que l’un de nous 2 l’a montré : « Les mélancoliques ne sont guère supérieurs dynamométriquemént aux maniaques. Chez eux, ce qui trouble l’attention volontaire, c’est tantôt la prostration, la stupeur, tantôt au contraire l’anxiété. Toujours concentrés dans leur délire, ils se prêtent assez mal aux expériences auxquelles on désirerait les soumettre, et leurs pressions- ne sont guère éner-

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