‹ La mélancolieChapitre 47 sur 153 · Marcé, ouvr. cité, p · texte numérisé non relu

Marcé, ouvr. cité, p

SYMPTOMATOLOGIE

trouvent au matin plus fatigués, plus déprimés et par conséquent plus enclins aux idées tristes, ou est-ce au contraire parce que le jour venant donne une excitation plus grande à tous les processus psycho-physiques et par conséquent aux idées délirantes? Les deux opinions peuvent se soutenir. La contagion et peut-être l’hérédité semblent jouer un rôle dans l’apparition des idées de suicide chez divers membres d’une même famille, comme on le verra plus loin à propos de l’étiologie.

Il est à remarquer que les idées de suicide ont généralement la monotonie et la fixité de toutes les conceptions des lypémaniaques. Les malades les ruminent sans cesse et conçoivent des projets d’exécution plus ou moins compliqués. Mais souvent ces idées de suicide sont trop peu intenses pour se transformer en actes.

L’idée de suicide n’est pas incompatible avec la peur de la mort. L’une et l’autre coexistent même assez souvent chez les mélancoliques 1 2 bien que la chose paraisse au premier abord paradoxale. Mais chacun sait combien la peur d’une chose comporte un certain attrait pour dette même chose. Ce sentiment complexe est comparable à la crainte de tomber d’un lieu élevé qui produit souvent le vertige, lequel détermine la chute. «Par cela même, dit M. J. Falret s ,

1. Nicoulau, Thanatophobie et suicide, Ann. méd.-psych., 1892, t. XV, p. 189.

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