J. Falret, Études cliniques...., ouvr. cité, p
que ces malades (les mélancoliques) ont la crainte d’être poussés malgré eux à faire du mal et qu’ils songent constamment à l’objet de leur crainte, ils s’y sentent comme invinciblement attirés... Plus on cherche à écarter une idée, plus elle s’impose volontairement à l’esprit. » Il faut aussi remarquer que cette peur de la mort est, chez certains sujets, tellement angoissante, tellement douloureuse, que les malades préfèrent la mort immédiate — qui est une manière de délivrance — à la continuation de leurs souffrances.
c. idées délirantes associées : — Les idées délirantes que nous venons de passer en revue font partie de la symptomatologie habituelle de la mélancolie, non pas d’une manière constante, mais d’une manière habituelle pour la plupart. Il est d’autres idées délirantes qui sont plus rares et qui sont des éléments simplement associés aux conceptions nettement mélancoliques.
C’est ainsi que les idées mystiques s’observent quelquefois et orientent dans un sens religieux les idées délirantes. Si le malade se croit coupable, c’est envers Dieu, pour avoir transgressé les lois divines ; ses fautes sont de celles que punit le plus sévèrement l’Église. Dans les cas de ce genre, il n’est pas rare de trouver dans l’éducation du sujet, dans le milieu où il a vécu, l’explication de ses conceptions. Parfois ces idées mystiques se
SYMPTOMATOLOGIE
transforment en idées de damnation, qui ont la même signification, et qui, ainsi que les idées de lycanthropie, étaient très communes au moyen âge l . Dans ces époques troublées, combien de malheureux mélancoliques auto-accusateurs n’ont-ils pas été brûlés, payant ainsi de leur vie le crime d’être aliéné! Aujourd’hui ces délires ne se rencontrent plus guère que dans certaines régions 2 en dehors du mouvement des affaires et des idées.
Il est d’autres conceptions délirantes, les idées de persécution, dont l’association avec la mélancolie s’observe quelquefois, établissant ainsi des cas mixtes fort embarrassants pour le clinicien. Il peut être alors très difficile de décider que l’on a affaire à un délire de persécution ou à un délire mélancolique ; et il est des faits qui représentent une association de ces deux formes mentales (obs. VIII). Les caractères diagnostiques différentiels de ces deux modalités psychopathiques ont été maintes fois donnés. On a schématisé et peut-être exagéré — pour une plus nette différenciation — les caractères opposés du persécuté et du mélancolique. Ce qui les distingue surtout c’est la manière dont ils réagissent. Tous les deux peuvent avoir des hallucinations de nature pénible, entendre des voix insultantes ou menaçantes. Tous les deux peuvent se croire les victimes