‹ La mélancolieChapitre 5 sur 153 · Montaigne, Essais, 1725, t. III, p · texte numérisé non relu

Montaigne, Essais, 1725, t. III, p

3. F. Plateri (1536-1614), In mentis alienatione observationes, 1641, p. 49.

description clinique de la mélancolie, on n’a rien fait d’approchant avant lui. Néanmoins, et tout en parlant le langage humoral des temps anciens, il explique la mélancolie par l’influence d’un esprit déchu, et, à côté des saignées et des purgatifs, il conseille les exorcismes.

Un ouvrage qui est aussi très intéressant est celui de Willis 1 . Sous le nom de mélancolie il décrit tous les délires autres que la manie, ce qui vient à l’appui de ce que nous avons dit à propos de la confusion qui a toujours existé au sujet de la signification de ce terme nosologique. Mais tandis que dans la pensée des médecins anciens la mélancolie était un délire partiel, pour Willis il existe deux espèces de cette forme morbide : dans l’une le délire porte sur un seul objet — c’est la melancholia specialis ; dans l’autre, sur plusieurs objets à la fois — c’est la melancholia universalis. Au point de vue des causes de la mélancolie, Willis n’est pas plus explicite que Plater. Les esprits - animaux, leur effervescence plus ou moins forte dans l’organisme humain, l’intervention du diable, voilà la pathogénie; il est vrai qu’à côté de ces facteurs obscurs il mentionne l’influence de l’hérédité et des causes morales, ce qui, vu l’époque où cela a été dit, était hardi et nouveau.

Le volumineux document 2 que nous a laissé Théo-

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