P. J. Kovalevsky, Psychiatrie, 1887, t. II, p
en temps de cette torpeur intellectuelle et physique, se mettent à parler et à marcher; cela dure une demi-heure, une heure, puis ils retombent de nouveau dans leur rêve. Frésé 1 , de Kiev, raconte le fait suivant. Un mélancolique avec stupeur voyait le nombre de ses représentations mentales diminuer progressivement; au bout de six à huit mois il n’avait plus qu’une seule idée : c’est qu’il se trouvait placé sur le sommet d’un cône ; autour de lui un abîme immense et sans fond; le moindre mouvement pouvait compromettre son équilibre et le précipiter dans le gouffre. Aussi faisait-il tous ses efforts pour ne pas bouger. Quand quelqu’un s’approchait de lui, sa terreur était immense, tant il craignait de perdre l’équilibre. Or il arriva qu’un jour, pendant la visite, le malade se mit brusquement à rire aux éclats, à quitter sa place habituelle et à parler avec volubilité. Interrogé sur la cause de sa gaîté il répondit : « Tout à l’heure en me trouvant sur le sommet du cône, j’ai vu apparaître une quantité prodigieuse de nains et d’êtres monstrueux et grotesques ; ils se sont livrés à une danse tellement drôle et à des culbutes si extravagantes que je n’ai pu m’empêcher de rire. » Une demi-heure après, le malade retomba dans sa stupeur habituelle qui ne le quitta plus jusqu’à la mort.
La mélancolie avec stupeur rappelle par quelques