‹ La mélancolieChapitre 7 sur 153 · Roubinovitch, Variétés cliniques..., ouvr. cité, p · texte numérisé non relu

Roubinovitch, Variétés cliniques..., ouvr. cité, p

nomènu dominant est la passivité ou l’impossibilité de manifester librement sa volonté ; aussi les appellet-on encore du nom de mélancolie passive. Mais cette passivité n’a rien de fixe, d’après Krafft-Ebing, et elle peut se transformer en un état complètement inverse d’excitation et d’activité permanentes lorsque l’idée-douleur se manifeste au dehors d’une façon très vive ; on a affaire alors à la melancholia errabunda et, dans les cas plus graves, à la « melancholia agitans sive activa ». Si l’on ajoute que le mélancolique est sujet à des paroxysmes de son affection mentale et que, dans son agitation, il ressemble parfois à un excité maniaque, o*n comprendra la difficulté qu’on éprouve souvent à porter un diagnostic précis. C’est dans ce but de différenciation que Rikhartz 1 a étudié le travail cérébral de la mélancolie active comparativement avec celui de la manie.

L’opinion actuelle la plus générale des aliénistes allemands est que les idées du mélancolique forment des groupes isolés. Le malade est incapable d’examiner une pensée sous tous ses aspects ; la chaîne des idées se rompt chez lui sans cesse et à chaque instant il revient à sa conception première. Aussi les mélancoliques se plaignent constamment d’avoir un véritable besoin obsédant de penser, qui est une sorte de pression d'idées

Page 1