‹ La mélancolieChapitre 82 sur 153 · P. Garnier, La folie à Paris, 1890, p · texte numérisé non relu

P. Garnier, La folie à Paris, 1890, p

ÉTIOLOGIE

mélancolie, et, sur 1000 admissions masculines, il n’y en a que 37. Pourquoi cette différence? Il faut se rappeler, pour expliquer la fréquence des états mélancoliques chez les femmes, que ces dernières se trouvent dans une situation sociale inférieure. Les misères matérielles sont plus communes et plus lourdes chez la femme; les chagrins domestiques aussi. Enfin la grossesse est une source de fatigues exclusivement féminines. Toutes ces causes dépressives mettent l’organisme dans un état somatique très favorable à l’évolution de la mélancolie.

c. Causes physiologiques. — L’excès comme aussi le défaut d’exercice des fonctions physiologiques amènent une perturbation plus ou moins profonde dans l’état mental. L’excès dans la sphère intellectuelle ou physique détermine la fatigue 1 , c’est-àdire un état d’épuisement nerveux auquel se surajoute une auto-intoxication causée par la production exagérée de produits d’élimination; et cet état se manifeste par une paresse psychique, une dépression nerveuse comparable, en petit, à la stupeur des mélancoliques. C’est de cette manière que doivent agir les maladies graves, la fièvre typhoïde par exemple, qui laissent à leur suite une fatigue énorme. On a dit aussi que l’hystérie était comparable, par son état mental de distraction, à une

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