‹ La mélancolieChapitre 83 sur 153 · Mosso, La fatigue, trad. Langlois · texte numérisé non relu

Mosso, La fatigue, trad. Langlois

fatigue chroniqueL Le surmenage est un des éléments de la civilisation ; il frappe surtout les mal doués au point de vue cérébral.

Mais le défaut d’exercice cause souvent des états dépressifs. Beaucoup d’hypocondriaques entretiennent leurs idées délirantes dans une inactivité propre à rendre plus vives les sensations organiques. Le passage d’une vie active à une vie de repos a toujours été considéré comme dangereux et capable de déterminer des états mélancoliques (militaires, industriels, etc.). C’est ainsi que Legrand du Saulle avait constaté que les militaires et les fonctionnaires mouraient en plus grand nombre dans la première année de leur retraite, c’est-à-dire dans la période de transition. Il semble que les cellules nerveuses d’un individu sont habituées à des sensations provenant du milieu extérieur tout comme à l’excitation des poisons (morphine, tabac). La suppression de ces sensations cause un état de besoin et parfois une dépression nerveuse.

L’inanition est, avec son hyperthermie, une condition somatique favorable aux délires dépressifs. Après des fièvres prolongées (fièvre typhoïde), c’est quelquefois la véritable cause des troubles, mentaux qu’on observe.

L’absence d’activité physiologique peut encore tenir à l’absence congénitale ou chirurgicale d’un

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