‹ La mélancolieChapitre 84 sur 153 · Fére, La pathologie des émotions, 1892, p. 158 et suit · texte numérisé non relu

Fére, La pathologie des émotions, 1892, p. 158 et suit

ÉTIOLOGIE

organe. On sait que lorsque la glande thyroïde manque, on a une idiotie myxœdémateuse, dont le principal caractère est l’arrêt physique et psychique. De même la castration chez l’homme et chez la femme peut provoquer des délires dépressifs, en partie par la suppression des sécrétions internes de ces glandes qui paraissent jouir de propriétés toniques générales.

L’abus des plaisirs vénériens, plus encore que leur défaut, provoque parfois des états de dépression. Il ne faut pas oublier aussi que « ne fait pas des excès qui veut » et que ceux qui en commettent sont fréquemment des déséquilibrés. L’onanisme a été accusé souvent de causer la mélancolie. Il ne paraît pas plus fatigant que le coït ; mais il est surtout pratiqué intempestivement par des déséquilibrés, chez lesquels la dépression consécutive est toujours plus grande.

La privation de sommeil est une fatigue nerveuse que l’on rencontre fréquemment à l’origine de la mélancolie. Mais quelquefois elle n’est que le prodrome de la maladie .mentale. Les rêves trahissent souvent le délire, même avant qu’il apparaisse dans la journée 1 . Les mélancoliques ont ordinairement des rêves très pénibles.

Les troubles des fonctions menstruelles- sont

1. Faure, Étude sur les rêves morbides, Arch. génér. de méd., 1876, p. 538.

2. Icard, Contribution à l’étude de l’état psychique de la femme pendant la période menstruelle , Paris, 1889.

fréquemment relevés dans l’étiologie de la mélancolie. Parfois c’est l’établissement des règles qui est mis en cause ; d’autres fois les troubles névropathiques ou les impulsions au suicide 1 2 se montrent au moment des menstrues et disparaissent alors après elles. D’autres fois, au contraire, c’est leur absence qui semble les provoquer. Mais l’aménorrhée est si fréquemment associée à la folie, qu’on peut dire qu’elle n’en est souvent que le symptôme. Lorsque les menstrues réapparaissent, elles exagèrent parfois l’anxiété des mélancoliques. Et dans certains cas leur retour sans amendement de l’état mental peut être considéré comme de pronostic grave (Esquirol) â .

Il est difficile d’expliquer tous ces cas en apparence contradictoires. Souvent les désordres menstruels, l’aménorrhée par exemple, sont, comme les phénomènes mentaux, des symptômes du trouble général de l’organisme. Il n’y a entre la mélancolie et l’aménorrhée qu’un rapport de coexistence et non de cause à effet. D’autres fois on peut concevoir que des troubles menstruels amènent, par les hémorragies abondantes, les douleurs, l’auto-intoxication ou encore, par l’absence ou la diminution de la sécrétion du liquide ovarien, un état de dépression mélancolique.

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