‹ La mélancolieChapitre 85 sur 153 · Esquirol, ouvr. cité, t. I, p · texte numérisé non relu

Esquirol, ouvr. cité, t. I, p

ÉTIOLOGIE

La pnerpéralité 1 a des rapports avec la mélancolie. La grossesse peut provoquer, surtout chez les dégénérées, des états mélancoliques où les obsessions ne sont pas rares. L’auto-intoxication, causée par insuffisance fonctionnelle du foie et du rein, et les fatigues occasionnées par le développement du fœtus expliquent l’éclosion de ces troubles psychopathiques. L’accouchement provoque souvent des délires qui prennent le masque de la mélancolie, mais qui sont en fait de la confusion mentale déterminée par un élément infectieux 2 ; mais il occasionne aussi des états mélancoliques. La lactation, par les fatigues qu’elle impose à la femme, réalise quelquefois les conditions somatiques propres à l’évolution d’un état mélancolique. On admet généralement (Magnan, Joffroy) que la puerpéralité n’est pas la cause efficiente des psychoses qu’on observe. Elle ne serait, pour certains dégénérés, qu’une occasion de délirer. Nous pensons que c’est

1. Esquirol, ouvr. cité, t. I, p. 230 et suiv. — Marcé, Traité de la folie des femmes enceintes, 1838. — De Gorsky, Considérations sur la folie puerpérale et sa nature, th. Paris, 1888. — Lallier, De la folie puerpérale dans ses rapports avec V éclampsie et les accidents infectieux des suites de couches, th. Paris, 1892. — Ballet, Les psychoses puerpérales, Médecine moderne, oCt. et nov. 1892. — Ëd. Toulouse, Étiologie et formes cliniques des psychoses puerpérales, Gaz. des hôpit., 1893, p. 1037.

2. Ballet et Roubinovitch, Contribution à l’étude des auto- 'intoxications dans les maladies mentales. — C. R. du Congrès des neurologistes et aliénistes. La Rochelle, 1893. — Ed. Toulouse, Délire infectieux de la période post-puerpérale, Tribune méd., 1893, p. 686.

là une question d’espèce. Dans certains cas, les troubles somatiques sont tels qu’ils éveillent presque forcément des psychopathies. Et d’autre part chacun des processus puerpéraux tend à imprimer son cachet personnel aux troubles mentaux; c’est en se basant sur ces faits que l’un de nous a dit qu’il n’y avait pas de psychoses étiologiques, mais qu’il y avait des psychoses pathogéniques h

d. Causes morales. — Elles sont les plus fréquentes 2 3 des causes de la folie et surtout de la mélancolie. Elles s’observent plus souvent chez la femme que chez l’homme (Marcé). D’après Parchappe 3 . elles ne seraient pas les mêmes dans l’un et l’autre sexe. On doit en dire autant pour les âges (Esquirol). Toutes les émotions déprimantes, dont on ne peut énumérer ici les principales, et surtout les chagrins domestiques qui agissent tous les jours, peuvent créer peu à peu un état de dépression mélancolique. C’est là une cause de la lypémanie, même de la variété dite essentielle. L’amour contrarié cause quelquefois des états mélancoliques qu’on a vus se terminer par la mort (Morel). Mais souvent la véritable cause du délire n’est pas le chagrin amoureux, mais bien le regret de la position

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