‹ La mélancolieChapitre 86 sur 153 · Ed. Toulouse, les psychoses puerpérales , ouv. cité · texte numérisé non relu

Ed. Toulouse, les psychoses puerpérales , ouv. cité

2. Esquirol, ouvr. cité, t. I, p. 62. — Griesinger, ouvr. cité, p. 196. — Guislain, ouvr. cité, t. I, p. 399.

3. Parchappe, Art. Aliénation, Dictionn. encycl. dés se. méd ., I 1 * s., III, 1863.

ÉTIOLOGIE

perdue avec la rupture du mariage. L’union de jeunes filles avec des vieillards ou des êtres immoraux, des accusations injustes sont relevées parfois. Les remords 1 ont aussi été signalés, comme dans le fait suivant :

Obs. XIV. — Délire mélancolique ; cause morale.

M me Ta..., Pauline, trente-sept ans, boulangère, entrée à l’asile St-Yon, le 15 juin 1893.

Oncle aliéné, sœur sujette à des attaques de nerfs.

Rougeole à onze ans; aurait toujours eu « mal à l’estomac » (?). Réglée à quatorze ans environ; a toujours été bien réglée, deux grossesses (deux filles de dix et douze ans, bien portantes). Pas de convulsions. Caractère doux, mais assez mobile.

Elle a trompé son mari avec son beau-frère au mois de mars. Cela a duré peu de temps, après quoi elle a repoussé son beau-frère. Elle avait des remords qui la faisaient pleurer, elle ne mangeait presque plus ; la nuit elle ne dormait pas. Il lui semblait que tout le monde le savait, qu’on la regardait ; elle entendait des voix qui l’accusaient. Elle crut même lire dans les journaux des allusions à sa faute. Un soir, pressée de questions par son mari qui la questionnait sur son état, elle a avoue son action. D’ailleurs elle l’aurait dit à tout le monde à ce moment; il fallait qu’elle se confessât à ceux qui l’entouraient pour faire amende honorable. C’est ainsi qu’elle l’a avoué à une autre femme qui la conseillait de ne pas le dire à son mari; elle voulait aussi le confier un jour à un de ses oncles. Son mari lui a pardonné et, la voyant malade, l’a fait interner.

Quand elle est arrivée la première fois à l’asile, elle était très désolée, elle pleurait une partie de la journée. Parfois elle paraissait comme anéantie. D’autres fois, elle s’agitait comme dans des crises de désespoir. Elle

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