Morel, Traité..., p. 229 et
voyait l’asile en flammes et des voix lui. disaient qu’elle allait brûler dans l’incendie. Une nuit elle a cassé des carreaux pour fuir. Une autre fois elle a essayé, dans un raptus panophobique, d’étrangler la malade qui était près d’elle ; mais on l’en a empêchée. Ordinairement, dans la journée comme la nuit, elle entendait le commissaire de police qui venait arrêter son mari. Il lui semblait que ce dernier avait les menottes quand il venait la voir. Elle voulait aller en prison avec lui. Mais les incendies revenaient souvent devant ses yeux, même en dehors du sommeil et en état de veille.
La nostalgie 1 , qui est une émotion triste et prolongée, frappe surtout les jeunes gens et notamment les hommes qui quittent leur pays plus souvent que les femmes. Elle est plus fréquente chez les habitants des campagnes qui viennent à la ville, chez les illettrés et aussi dans certaines races (Bretons, Corses, Français). Elle se caractérise principalement par un état de dépression mélancolique, où les impulsions au suicide sont communes.
Ce sont surtout les émotions tristes qui provoquent les états mélancoliques, comme d’ailleurs les autres aliénations mentales 2 . Dans les cas où la joie paraît être en cause, il v a souvent une douleur cachée. Un homme devient lypémaniaque en apprenant sa nomination à une place importante; or la cause véritable de sa maladie était d’avoir, pour prendre possession de son poste, à quitter