‹ La mêlée socialeChapitre 10 sur 131 · XVI PREFACE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE

maintenant, dans sa forme moderne, c'est l'effort de labeur, solitaire ou par troupes enrégimentées, se heurtant à l'effort concurrent pour la vie. C'est la mêlée sociale d'aujourd'hui, notre lutte pour la vie, puis pour le bonheur c'est-à-dire pour uno plus grande intensité de vie, le corps à corps opiniâtre qui jamais ne s'arrête, et tue, à chaque battement du pouls, plus d'êtres qu'on n'en saurait faire le compte.

11 faut combattre, car l'homme gêne l'homme. Eternellement ûiogène dit à Alexandre : « Ote-toi de mon soleil ». Alexandre n'a pas trop de tout le soleil. Allons, tous les gueux hâves, méchants, affamés, contre tous les potentats infatués ou abêtis, mais de redoutable pouvoir ! D'un côté le nombre, l'indiscipline, l'ignorance; de l'autre, toute la puissance accumulée du passé. Sur toute l'étendue de la terre, la faim, la misère, la maladie sont déchaînées faisant rage, dévastant, dans l'humanilé soumise ou résistante, tout ce qui est marqué du destin. Hommes vaillants, femmes, vieillards, enfants, tout succombe, portant et recevant des coups dans la nuit de l'incessante bataille. Les morts crispés d'impuissante rage, les mourants, les blessés, les captifs voués aux tortures, hier comme aujourd'hui, c'est l'ancienne tuerie de toujours, mais dépouillée, pour notre sensibilité accrue, de il sanglante franchise des premiers jours.

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