‹ La mêlée socialeChapitre 100 sur 131 · EXPÉRIENCES MUNICIPALES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES MUNICIPALES

conditions trop favorables aux ouvriers. Il est donc particulièrement intéressant, au point de vue de la théorie comme de la pratique, de connaître les résultats obtenus dans les expériences de même ordre k l'étranger.

La ville de Worms (Hesse-Darmstadt) est la seule, dans toute l'Allemagne, à insérer, dans les cahiers des charges des entreprises municipales, des clauses relatives à la durée du travail. Cela est assurément pour surprendre dans un pays où le socialisme dispose, sur tant de points, de majorités triomphantes. Quoi qu'il en soit, c'est la ville de Worms qui a pris, en Allemagne, l'initiative de cette réglementation, et voici comment elle a fixé la répartition des heures de travail : du l" a\Til au 30 septembre, de six heures du matin à sept heures du soir, avec une heure pleine et deux demi-heures d'interruption, soit onze heures de travail effectif ; en mars et octobre, de six heures du matin à six heures du soir, avec repos comme cidessus, soit dix heures de travail effectif ; en novembre, décembre, janvier et février, de sept heures du matin à cinq heures du soir, avec une heure d'interruption, soit neuf heures de travail effectif. On voit que nous sommes encore loin du régime des huit heures, bien que le progrès soit notable. Ce qu'il faut retenir, c'est l'intervention de la municipalité en vue de la réglementation des heures de travail dans les entreprises qui relèvent de sa gestion.

En Hollande, nous rencontrons la remarquable expérience de la municipalité d'Amsterdam. Aux termes de la nouvelle réglementation des chantiers de la ville, la durée du travail effectif ne doit jamais dépasser onze heures. Le repos du dimanche est obligatoire,

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sauf dans les cas urgents admis par l'autorité municipale. Rien de bien nouveau jusqu'ici. Il faut même constater que la ville de Worms se montre plus soucieuse qu'Amsterdam de ménager les forces el la santé de ses ouvriers.

L'originalité d'Amsterdam c'est d'avoir hardiment abordé la question du salaire minimum, et d'avoir permis d'en mesurer les conséquences économiques, en instituant une double adjudication à propos.de chaque entreprise. Tout soumissionnaire était invité à fixer deux catégories de prix, l'une comprenant, l'autre excluant les nouvelles clauses du cahier des charges. On pouvait ainsi juger des conséquences financières résultant de la limitation des heures de travail aussi bien que de la fixation d'un salaire minimum. Suivant le résultat obtenu, la municipalité se réservait le droit de retenir l'une ou l'autre proposition.

L'expérience était d'autant plus intéressante que l'établissement d'un salaire minimum est certainement l'une des mesures qui ont rencontré le plus d'objections parmi les hommes politiques les mieux disposés aux tentatives d'expérimentation socialiste. L'objection n'était pas de principe assurément, car l'ouvrier ne peut vivre qu'à là condition qu'il reçoive de fait le minimum nécessaire à l'entretien de sa vie. Mais comment fixer ce minimum d'une façon vraiment équitable, quand les données en sont incessamment variables, quand il paraît si difficile de concilier les intérêts en présence? Qui assumera celte fonction redoutable? Comment généraliser les décisions prises et par quelles mesures en assurer la rigoureuse observation? Toutes ces questions ne se peuvent résoudre

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