‹ La mêlée socialeChapitre 99 sur 131 · FEMMES · texte numérisé non relu

FEMMES

Les brodeuses, peintres 0^ 52

Les surveillantes, femmes de premier ordre. 0 42

Les bonnes ouvrières 0 65

La grande moyenne des ouvrières ordinaires d'usines, filatures, tissages ... 0 28 Les petites filles et les apprenties pendant de nombreux mois 0 14

Sans doute les conditions de la vie au Japon sont fort différentes des nôtres. Mais ces salaires n'en paraissent pas moins effroyablement bas. Je consens qu'ils assurent un minimum de vie au travailleur, mais il est certain qu'ils ne font pas davantage. C'est la loi d'airain qui reprend ses droits, réduisant le travailleur, par la concurrence des bras, à se contenter de la stricte rémunération nécessaire pour en-

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tre tenir en lui la quantité de vie dont se fait la prospérité de l'usine. Voici en effet ce que dit le même document de la condition du travailleur japonais.

Ou voit aujourd'hui des usines comme celles de Kanepafuchi qui emploient 2,100 hommes et 3,700 femmes divisés' par (équipes, qui travaillent jour et nuit et n'ont sur douze heures de travail assidu que quarante minutes pour les repas. Des dortoirs sont organisés à proximité, et Ton fournit aussi de la nourriture à raison de 7 centime? par repas.

Les filatures à Osaka sont installées de la même façon. Toutes sont munies d'excellentes machines anglaises, travaillent jour et nuit avec deux équipes alternantes, sont prospères et donnent de bons dividendes. Beaucoup forment des projets d'agrandissement, ont déjà commandé de l'outillage à Bolton (Angleterre), et construisent d'autres établissements dans des centres populeux.

La production n'a pas encore atteint le niveau absolu de la consommation intérieure. En 1882, la consommation totale du Japon s'élevait à 37 millions de kilogrammes; en 1891, elle s'est élevée à ob millions de kilogrammes et, depuis, elle s'est encore accrue.

Trente-cinq filatures, employant 3,739 hommes et 16,879 femmes, soit un total de 22,618 ouvriers, forment un syndicat puissant et semblent abuser de l'absence de lois ou de l'indulgence extraordinaire dont on use envers elles.

Des petites filles de huit à neuf.ans sont astreintes à douze heures de travail. Suivant la loi japonaise, elles devraient aller à l'école ; les instituteurs se plaignent, aucune sanction ne vient leur donner raison.

En outre, en face de ces ouvriers si résignés, si obéissants, les patrons ont organisé un système qui les met à leur merci. Aucune filature ne reçoit un ouvrier sans le consentement écrit de l'établissement qu'il quitte, et cette rigueur est poussée si loin que font nouvel arrivant est surveillé et immédiatement congédié si l'on s'aperçoit qu'il .- déjà quel'jue connaissance du métier.

M. LéDn Say devrait bien nous dire ce qu'il pense de cet état de choses.

Pas de lois protectrices du travail. Voici des petites filles de huit ans qui font douze heures de travail. Mais elles n'en mangent que de meilleur appétit, n'est-ce pas? Avec 14 centimes par jour pour se nourrir, se coucher, se vêtir, qui ne se tirerait d'affaire? Et au moins les patrons d'extrême-Orient ne peuvent pas se plaindre de ces lois oppressives de leu7' liberté qui font le désespoir du Journal des Débals.

Pas de syndicats ouvriers. C'est le paradis. En revanche un bon syndicat patronal qui jette l'ouvrier dans la rue dès qu'il a querelle avec le chef d'un seul établissement. Personne ne bronche" : la servitude ou la mort. C'est une faveur de gagner 14 centimes par jour. Trop heureux lé travailleur que guette la faim, de vivre et de mourir de misère. C'est l'idéal de l'économie politique.

Il est vrai que si l'on fait la part de l'impôt en même temps que du pouvoir d'achat du salaire, la différence des situations n'est pas aussi grande qu'il semble à première vue entre l'ouvrier japonais et le travailleur des pays d'Occident. Ce que l'Anglais, l'Allemand, le Français ont de plus, ils l'ont conquis d'un ■ITort obstiné contre la haute bourgeoisie résistante. in voit par l'exemple du Japon ce que l'égoïsme industriel peut faire de l'homme quand on le lui Hvre désarmé. C'est aux excès de cette cupidité sans .ein que nos travailleurs ont résolu de ne plus se

umettre. Il faudra bien qu'ils arrivent à conquérir

ur plein droit d'intégrale vie.

En ce temps-là, si les Japonais ne nous ont pas

devancés, nous leur referons une vie nouvelle de nos formules de justice et de paix, après les avoir assassinés de nos procédés de guerre.

EXPÉRIENCES lYlUNICIPALES

Je trouve dans le Bulletin de VOffice du Travail de curieux renseignements sur les conditions du travai dans les travaux publics en Allemagne et en Hollande. Les travaux municipaux ofifrent en cette matière un vaste champ d'expériences. Gomme ils se répartissent en des entreprises d'importance variable, une tentative même hardie peut se produire dans un cas déterminé sans qu'il en puisse résulter d'inconvénient nolLible. Et si le succès vient répondre aux espérances des novateurs, quel argument pour étendre le champ d'essais !

Chacun sait que le conseil municipal de Paris n'a cessé de revendiquer son droit de fixer les conditions du travail dans les entreprises qu'il met en adjudication. On n'ignore pas quelles difficultés de toutes sortes ont été suscitées à ce propos, aussi bien par les entrepreneurs que par l'administration, prompte à encourager toutes les hostilités contre la réglementation nouvelle. Enfin, c'est un des reproches couramment adressés au conseil municipal par nos journaux réactionnaires que celui d'obérer les finances de la ville "-n édictant, dans ses contrats d'entreprise, des

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