‹ La mêlée socialeChapitre 14 sur 131 · XX PREFACE · texte numérisé non relu

XX PREFACE

time protestation contre Finjuste soullVance qu'il inflige, c'est le besoin de la réduire, de l'atténuer, de la supprimer même, s'il se peut. Et voilà la pitié, et voilà la bonté, nées de l'homme — comme la cruauté fatale — contenant Tégoïsme efFréné, lui traçant sa limite mouvante, et ballottant l'âme étonnée de la férocité barbare à la générosité divine.

Car c'est une vue incomplète de la mêlée sociale, de la montrer toute de carnage et de sang. Le soir de la Moskowa 80,000 hommes gisaient sur la terre épouvantée. Qui sait, pourtant, dans cette inexcusable tuerie du grand carnassier supérieur, combien d'actes de pitié, de bonté, de dévouement, essayèrent de racheter quelque chose de l'effroyable crime contre l'humanité. Tour à tour cruel, indifférent, pitoyable, l'homme qui venait de blesser secourut, le meurtrier, soudainement attendri, tendit une main de frère à sa victime, et le bien et le mal tragiquement mêlés se confondirent en une œuvre sans nom.

Même spectacle dans la mêlée sociale. Brutalité, pitié, barbarie, charité, incroyablement enchevêtrées. L'homme qui affame, donne, et se calomnie peut-être, parlant de récompense attendue. Malfaisants, bienfaisants, multiples, divers, monstrueux mélange de ce qu'il y a de meilleur et de pire, nous aimons en tuant, acharnés à

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