‹ La mêlée socialeChapitre 19 sur 131 · XXXII PREFACE · texte numérisé non relu

XXXII PREFACE

nous iera peut-être, quelque jour, une bonté de génie dont nous ne saurions calculer l'essor. Pour l'évolution magnifique que nul de nous ne doit voir efforçons-nous donc sans repos, et tâchons d'apporter le plus possible de nous-mêmes à la construction sublime, conçue toujours plus haute dans l'inachèvement humain.

Qui dit évolution', dit courbe, hélas! et l'ascension ne peut être infinie. Après le sommet atteint, c'est la descente, la chute lente ou rapide dans la verligineuse nuit.

Il faut savoir regarder le malheur de notre espèce en face, comme nous faisons de notre propre sort. Les lois immanentes, éternelles qui régnent — connues ou inconnues — de la terre à l'étoile la plus reculée, ne sont qu'une misérable contingence dans le temps et dans l'espace infinis, un moment de la force universelle dans un devenir ignoré. Notre système solaire, démesuré pour nos organes, n'est qu'une imperceptible poussière entraînée dans l'univers sans fin, par une puissance sans nom, vers des destinées imprévues. L'heur d'avoir commencé, évolué, vécu, se paye de la nécessité de finir, c'est-à-dire de se continuer sous des formes nouvelles.

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