‹ La mêlée socialeChapitre 22 sur 131 · XXXVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXVIII PRÉFACE

Que serait l'horrible vie sans le rêve, refuge de rhomme douloureux, consolation du vaincu, vision d'idéal qui entraîne le vainqueur dans sa j marche à l'étoile jusqu'au trébuchement suprême. '

Aussi longtemps qu'elle subira sa loi de lutte, l'humanité vivante ne se laissera pas dépouiller de sa puissance de rêve, source d'espoir,. principe de force et d'action. Rêvons donc librement, et, sur le fondement solide de ce que nous savons, ou croyons savoir, élevons hardiment le miraculeux édifice de notre espérance, et de notre volonté.

Quoi qu'il arrive, où que nous conduise notre rêve, la force immortelle qui fut comme filtrée en nous, pour une heure, subsistera éternellement active dans le temps et dans l'espace. En ce sens notre action demeure. Qui peut , dire si la vie et la mort de nos globes d'un jour '. ne sont pas des stages d'une évolution inconnue ; vers le grand devenir où s'élabore l'Etre? Qui | pourrait réfuter l'hypothèse de l'inconsciente "co^- 1 laboration de l'homme et de sa terre à quelque prodigieuse transmutation de l'avenir?

Eh bien ! même si tout l'homme s'engloutit à jamais dans la nuit de la terre, si toute sensation, toute pensée, toute conscience, est pour toujours

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